MODULOK - Cities and Years
Par codotusylv le mardi 29 décembre 2009, 22:50 - Hip-Hop - Lien permanent
Ceux qui connaissent Modulok à travers les albums des Red Ants peineront à le reconnaître sur Cities & Years. Fi du rap urgent et cataclysmique du duo. Sur une musique calme et sobre, le MC a voulu livrer ici son disque introspectif et personnel.

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Ceux qui connaissent Modulok à travers les albums des Red Ants peineront à le reconnaître sur Cities & Years, deuxième entreprise en son nom propre après Two Cities. Fi du rap de science-fiction, de l'urgence et des beats dévastateurs de Vincent Price. Épaulé cette fois par le producteur Leon Murphy et par Uncle Fester aux scratches, pour un accompagnement musical très calme, très sobre, très contemplatif, entre jazz et électronique apaisée, à l'occasion tout juste troublé par quelques bizarreries rythmiques ("Ink Spots"), le rappeur nous propose ici un disque introspectif et personnel, celui, nous dit-il, qu'il a rêvé de faire depuis plus de dix ans.
Sur cet album idéalement concis, la hargne et les envolées laissent la place à des leçons de sagesse délivrées sur une ambiance très laid-back, aux réflexions de Modulok sur les meilleures façons d'affronter les affres d'une vie injuste ("Keep Moving"), de concilier vie normale et carrière musicale ("Cool & Deadly") ou de surmonter les tentations nostalgiques ("Timewalker"), le tout exposé sur un ton posé, mais amer, parfois, aussi, comme sur cette chronique de la jalousie ordinaire qu'est "Your Boyfriends' a Cokehead".
Cities and Years nous révèle donc une nouvelle facette du Canadien, largement aussi remarquable que l'autre. Car si cet album ne contient aucun des morceaux percutants proposés autrefois par les Red Ants, aucun n'est mauvais, et certains se révèlent même franchement mémorables, comme le "Your Boyfriends' a Cokehead" susmentionné, bien servi par des cuivres diaphanes et mélancoliques, comme un "A Certain Time of the Day" au piano apaisé, ou plus particulièrement comme le tout dernier titre, "Keep Moving", déclamé en compagnie d'Apollo Creed et d'Abyss, conclusion presque optimiste de cette sagesse des hommes simples proposée tout au long de cet album par Modulok.