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MARTHA AND THE MUFFINS - Metro Music

, 17:13 - Lien permanent

Martha & The Muffins n’a plus jamais commis de tube international après ce modèle de tube new-wave qu'était l’impeccable "Echo Beach". Pourtant, ils n’ont pas été le groupe d’un seul titre. Leur œuvre est à redécouvrir, à commencer par le chouette Metro Music. Même si, sur ce premier album, leur grand succès surnage encore, même s’il continue à faire de l’ombre aux autres, même si aucun autre titre n’atteint son efficacité, sa concision, son évidence mélodique.

MARTHA AND THE MUFFINS - Metro Music

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Une guitare trépidante héritée du punk, un rythme métronomique, un solo de saxo, un synthé puis un orgue en arrière-plan, une alternance parfaite entre couplets et refrain, l’évocation d’un bonheur simple et fugace, celui de se retrouver seule sur une plage après une journée de travail et d’ennui. En 1980, en un hit, le seul en dehors de leur Canada natal, Mark Gane, Martha Johnson et leurs compères avaient livré le single new-wave parfait, un titre qui, fort d’un formidable succès international, servirait de modèle pour les tubes des 10 années à venir.

Mais commencer une carrière par un tel tour de force peut être, parfois, une malédiction. Et aujourd’hui, à ceux qui ne se souviennent que d’"Echo Beach", s’en opposent d’autres qui souhaiteraient rappeler que Martha & the Muffins était bien plus que le groupe d’un seul hit. Leur carrière s’est en effet poursuivie jusque dans les années 90 avec d’autres disques, dont les plus ambitieux et sophistiqués This Is the Ice Age et Danseparc, produits par un Daniel Lanois alors inconnu, et dont la sœur, Jocelyne, avait alors rejoint le groupe ; et Metro Music, le premier album, offrait lui-même autre chose à se mettre sous la dent que le seul "Echo Beach".

Au-delà de son morceau phare, Metro Music est le modèle de toute une pop 80’s simple mais racée, universelle car ancrée dans les soucis du quotidien, à l'inverse de l'idéalisme hippy, où il est question d’amours incompris ("Paint by Number Heart"), de choix de vie ardus ("Indecision"), de désillusions ("Revenge"), de foules solitaires ("Terminal Twilight"), d'existences grisâtres ("Monotone", "Sinking Land)" et, comme sur "Echo Beach", de la volonté d'échapper à une vie morne ("Saigon"), avec en sus un peu d’humour et de fantaisie ("Cheesies and Gum").

Il y avait d’autres tubes potentiels sur Metro Music. Mais ces titres, qu’ils soient interprétés par l’une ou l’autre des Martha, Johnson ou Ladly (il y avait en effet deux Martha aux débuts des Muffins…), déclinaient plus ou moins la formule déjà à l’œuvre sur "Echo Beach". Ils en étaient les petits frères, à quelques variantes près : une guitare plus ou moins mordante, un solo d’orgue plutôt que de saxophone, des handclaps sur "Indecision", un tempo ralenti sur "Sinking Land".

Car de fait, le grand public n'a pas toujours tort : si Martha & The Muffins n’était pas le groupe d’un seul titre, ils n’ont pour autant jamais égalé "Echo Beach" en termes d'efficacité, de concision, d'évidence mélodique, bref, de perfection.

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