C'était il y a dix ans. Le Web explosait, le grand public y accédait massivement, et les médias musicaux traditionnels commençaient à le coloniser. Pour l'heure, ils ne savaient pas s'en servir, les jolis sites qui leur avaient coûté très cher n'avaient ni l'imagination ni les ressources des premiers webzines. Mais à terme, ils apprendraient, ils progresseraient, et l'irruption du monde normal sur Internet contraignait les pionniers à s'adapter, à profiter des ressources et de la réactivité du réseau pour préserver leur avance. Elle poussait certains à se spécialiser sur des artistes du gouffre dont les autres, les vieux, les gros, ne traiteraient pas, ou qu'ils traiteraient mal.

C'est ainsi, à cette époque, qu'un ancêtre de ce site répondant au doux nom de Nu Skool (il en aurait d'autres, plus ridicules encore) choisissait de se concentrer sur la nouvelle vague hip-hop, répondant au nom générique de rap indépendant, qui surgissait alors. Un filon qu'il creuserait bon an mal an pendant une décennie, jusqu'à épuisement de la mine, ou de ses prospecteurs.

Dix ans. Une période idéale pour jeter un œil dans le rétro et pour dresser des bilans. D'autant plus qu'au terme de ce laps de temps, le rap indé semble avoir clos un cycle.

L'un des vétérans de la petite communauté qui s'est formée en France autour de ce sous-genre notait récemment les phases contrastées qu'il avait traversées : d'abord, au début des années 2000, ce furent les premiers temps glorieux où des artistes à la Dose One, encore méconnus, mais bientôt rattrapés par la hype, se produisaient dans une péniche, le Batofar, quand ils parvenaient à se frayer un chemin jusqu’à Paris. Puis vers le milieu de la décennie, vint la reconnaissance et les concerts au Nouveau Casino devant un public nettement plus conséquent. Avant que ne survienne l’inéluctable déclin et que ce joli monde ne se replie dans l'atmosphère intime et exigüe du 21 Sound Bar. Et que les anciens fans se divisent entre ceux qui ressassent peu ou prou les mêmes références depuis dix ans, et ceux qui sont passés franchement à autre chose.

Mais qu'est-ce donc que le rap indé ? Qu’est-ce qui permet de donner encore aujourd’hui une appellation générique à cet ensemble flou, indécis, fluctuant, où l’on regroupe pêle-mêle des artistes aux origines et aux aspirations distinctes, voire contradictoires ? Rien, sinon qu’ils prouvaient tous que le hip-hop sortait de sa période classique, qu’il se divisait à grands pas, qu’il atteignait un tournant de son histoire. Peut-être même qu’il s’éteignait.

A la fin des 90's, alors qu'il triomphait, alors qu'aux Etats-Unis même, il s'était mis à vendre davantage que le rock ou la country, le rap traversait une crise de croissance. L’essor d’Internet, grâce auquel des artistes extérieurs aux réseaux hip-hop pouvaient se rendre visible, l'indifférence croissante d'un public rap vieillissant pour les poses nouveau riche alors d'actualité, l'existence d’une audience blanche et internationale qui a voulu bien vite son hip-hop à lui, et l'appropriation par d’autres musiques des codes et des styles propres au genre, ont engendré alors cet ensemble disparate et mutant, animé par des labels indépendants.

Le jazz a connu le be-bop, le rock a connu le punk et la new-wave. Il était logique que le hip-hop connaisse un jour une rupture et qu’il soit approprié par une nouvelle génération, par de nouvelles scènes, par d’autres milieux sociaux et géographiques que ceux de sa naissance. Et de fait, de nombreux parallèles existent entre le rap indé et les révolutions de plus grande ampleur qui, autrefois, ont secoué la musique.

D’abord, la dimension "progressive", que chaque genre populaire connaît à un moment ou à un autre de son histoire, quand il cherche à gagner en respectabilité. Pour beaucoup, fatigués par le populisme du hip-hop bling-bling ou par le minimalisme exacerbé des boucles et du boom bap, il s’agissait de le complexifier, de le tarabiscoter, de le pousser dans ses retranchements. Cette ambition a travaillé El-P, Antipop Consortium, Prefuse73, l’Anticon des débuts ou, plus récemment, Shape of the Broad Minds. Et comme souvent en pareil cas, comme à chaque fois qu’il est question de prog, ces gens n’ont pas toujours réalisé qu’ils ne faisaient que renouer avec les vieilles lunes de l’avant-gardisme, qu’ils extirpaient du hip-hop ce qui faisait son originalité, le matérialisme, l’individualisme, l’affirmation de soi, et qu’ils étaient souvent moins révolutionnaires que les genres populaires et populistes nés à l’ombre du r’n’b et du Dirty South.

La tentation est grande de tenter une autre comparaison, avec le punk cette fois. On retrouve dans le rap indé la même association temporaire et artificielle entre des conservateurs qui prétendaient régénérer leur genre de prédilection et des iconoclastes qui voulaient le dynamiter. A l'image de la new-wave 20 ans plus tôt, on pouvait étiqueter "rap indé" des gens soucieux de revenir aux sources du genre (Mos Def, Talib Kweli, les Living Legends, la rap conscient, le rap middleground du Midwest, etc.), tout comme d’autres qui cherchaient au contraire à métamorphoser le hip-hop en autre chose (Anticon, Mush, etc.) ou que d'autres encore, le cul entre deux chaises, au milieu pile des deux démarches (Def Jux, cette vague turntablist qui a été une composante importante du rap indé à l’origine).

Toutefois, le parallèle le plus pertinent doit être fait avec le mouvement auquel le rap indé doit son nom : l’indie rock, le rock alternatif américain des années 80. Même profusion d’artistes et de labels qui ont décidé de se prendre en main. Même capitalisme amateur, même esprit entrepreneurial. Mêmes circuits parallèles de diffusion, de distribution, de concerts et de fanzinat. Même irruption des nerds dans la sphère musicale, de gens quelconques à l’opposé des "beautiful people" et qui auraient normalement dû croire, parce qu’ils étaient majoritairement blancs, laids et qu’ils vivaient loin des ghettos, qu’il leur était interdit de pratiquer le hip-hop.

Sauf que cette fois, l’événement déclencheur la découverte d’un Never Mind the Bollocks rap, mais Internet et les plateformes de téléchargement telles que la mythique Cypher Divine, sur lesquelles se trouvaient prématurément et illégalement des disques de M.F. Doom, d’OD, des Styles of Beyond ou des Sebutones, des sites qui ont incité plus d’un internaute à prendre le micro, à se servir de ses platines ou à ouvrir un fanzine. Le rap indé, c’est en effet l’un des tout premiers mouvements musicaux à s’être structuré par et autour d’Internet. Il a été l’annonciateur de l’ère actuelle, un précurseur mal vu à cette époque où il fallait vomir sur le nerd rap, ou il n’était pas encore cool d’avoir été "découvert sur MySpace".

C’est donc à ce mouvement protéiforme, flou et fluctuant que nous dédions aujourd’hui une rétrospective en 100 disques. Naturellement, compte-tenu de la nature disparate du genre, cette sélection est outrageusement éclectique : elle mêle des artistes reconnus (Company Flow, M.F. Doom, Antipop Consortium, Why?, Buck 65…) à d’autres qui n’ont jamais dépassé le stade du succès d’estime (Epic et soso, Eibol, Brad Hamers…), voire pas loin d’être complètement inconnus (Joe Rath, Kid Static et les Cankles, etc…). Et pour ne rien arranger, cette liste est organisée pour l’essentiel par ordre alphabétique.

Le principal critère retenu pour échafauder cette sélection est la qualité des albums cités. Leur importance historique entre en ligne de compte, mais de façon secondaire. Tant et si bien qu’en sont exclus des artistes essentiels qui n’ont jamais sorti de grand album (une bonne partie de la clique Afterlife par exemple...) ou quelques disques qui ont connu les honneurs critiques en leur temps, mais qu’il faut reconnaître comme surcotés (le Masters of the Universe de Binary Star, le Taste of the Rain… Why Kneel? de Deep Puddle Dynamics…).

Nous voulons aller au-delà des panthéons qui se sont imposés à un public plus large (Def Jux, Anticon, Lex, Big Dada, les sempiternels El-P, Jay-Dee, Madlib, MF Doom, etc.). Nous cherchons à privilégier ceux qui, en dehors des problématiques de positionnement, ont vraiment fait preuve de personnalité, soient les héritiers West Coast Underground de Freestyle Fellowship et du Project Blowed, soient encore les meilleurs représentants de la foisonnante scène canadienne, ou des individualités isolées.

Par ailleurs, en raison de leur approche originale et personnelle du rap, certains disques listés ici ont été rattachés artificiellement à cette scène sans y être vraiment liés (Dälek, Tha Blue Herb, Rumi), quand d'autres, sans rapport aucun avec la musique rap (Roma di Luna) ont failli être cités du fait de leurs liens avec la ou les scènes rap indé.

L’objectif n'est que de vous apporter l'aperçu général d’un univers aux contours flous et mouvants, pas d'être un guide précis et rigoureux. L’idée, c’est aussi de faire évoluer cette liste nécessairement imparfaite, de la réviser avec le temps, en fonction des albums qui auront été dévalués ou revalorisés. Bien entendu, tout est ouvert à réclamations. Vous êtes cordialement invité à utiliser la fonction "commentaire" de cette page ou notre forum pour apporter vos corrections, vos précisions, voire pour nous faire connaître ce que, vous-même, vous retenez de ce moment dans l'Histoire du rap.

25 ALBUMS INCONTOURNABLES

Ce ne sont pas nécessairement les plus en vue, les plus connus, les plus représentatifs, ni les plus influents. Certains, même si leurs auteurs viennent du hip-hop, ne sont pas complètement des albums de rap. Mais ces disques sont l'aboutissement de cette scène, ce que, vu d'ici, elle a produit de plus accompli, sa petite contribution à la grande histoire de la pop music.

ADLIB - International Beats (2005)

ADLIB - International Beats

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Adlib a été à l'origine des Global Phlowtations, a monté le duo Labwaste et a été signé sur Mush sous le nom de Thavius Beck. Cependant, son meilleur album n'est pas nécessairement lié à ces aventures. C'est peut-être, plutôt, la toute première version de cet International Beats, une suite d'instrumentaux haletants sortie en CD-R et en format numérique seulement, preuve la plus nette du talent de ce beatmaker essentiel de la scène californienne, la moins encombrée de collaborations inutiles.

ANTI-POP CONSORTIUM - Tragic Epilogue (2000)

ANTIPOP CONSORTIUM - Tragic Epilogue

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Parce qu'ils puisaient dans le jazz et la musique électronique autant qu'ils révélaient de redoutables MC's, parce qu'ils faisaient preuve d'une liberté formelle que le genre avait perdu de vue, les disques d'APC ont été de ceux qui ont interpellé bien au-delà du hip-hop, de ceux même qui ont contribué à façonner une scène indé différente du public rap d'autrefois. A des degrés divers, toute l'œuvre des New-Yorkais est recommandable. Mais c'est Tragic Epilogue, le déclencheur, l'aboutissement d'années de travail, qui, parmi leurs différents albums, mérite aujourd'hui encore d'être cité en premier lieu.

BLACKALICIOUS - Nia (1999)

BLACKALICIOUS - Nia

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Et si, avant tout autre disque, avant même l’Endtroducing de DJ Shadow, la plus grande œuvre du collectif Quannum / Solesides avait été ce premier album de Chief Xcel et du Gift of Gab ? Car après deux excellents EP dont le très prisé Melodica, le duo livrait avec Nia la quintessence d'un rap ouvert et festif, à la fois inventif et accessible, d'un hip-hop parvenu à l'âge adulte sans que cela, bien au contraire, soit synonyme de fadeur. Bref, ils proposaient ce que même Endtroducing n'était pas : l'album presque parfait.

THA BLUE HERB - Life Story (2007)

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C'est ce disque-là, le plus housy, le plus hypnotique et l'un des moins extrêmes, qui est choisi arbitrairement pour figurer ici. Mais cela aurait pu être un autre, tant le groupe japonais révélé par DJ Krush a su être faire preuve de constance, tant il est devenu l'emblème d'un rap nippon électronique et halluciné, ainsi qu'éminemment original et personnel.

BUCK 65 - Vertex (1999)

BUCK 65 - Vertex

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Pour tous ceux qui, via son maxi The Centaur sorti chez Anticon, découvraient en 1999 cet album du Canadien, le premier à franchir les frontières du grand pays nordique, il était évident à l’écoute de ce hip-hop singulier, insolite, surréaliste et de titres comme le magnifique "Sleep Apnoea" que l’on tenait là un artiste amené à faire date. Le disque de la révélation.

BUCK 65 - Man Overboard (2001)

BUCK 65 - Man Overboard

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S'il ne fallait retenir qu'un artiste de la vague rap indé, ce serait Buck 65, tant il en a représenté les facettes et les contradictions. Et s'il ne fallait retenir qu'un seul des albums du rappeur d'Halifax, ce serait Man Overboard, avec ces textes et ces beats au sommet, ces titres qui ressemblent comme jamais à de véritables chansons, ce rap sous lequel percent déjà des envies rock, et une charge émotionnelle que le rappeur, marqué par le décès de sa mère, n'avait encore jamais manifesté.

BUCK 65 - Secret House Against the World (2005)

BUCK 65 - Secret House Against The World

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Quelques temps après sa signature chez Warner, Buck 65 parachève sa mue pop rock, et réussit sur Secret House Against the World tout ce qu'il avait raté sur l'album précédent, le très médiatisé Talkin' Honky Blues. C'est alors par un disque foisonnant et gainsbourgien, marqué par son séjour en France, et où il va jusqu'à se risquer à chanter, que le Canadien signe l'apogée de sa période non rap, quelques mois avant de revenir, finalement, à ses premières amours et à son genre de prédilection.

CESCHI - They Hate Francisco False (2006)

CESCHI - They Hate Francisco False (Japanese Edition)

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Plus d'une décennie après le Project Blowed, Ceschi Ramos, un de ses héritiers, se prend pour les Beatles. Deux ans après un album crossover réjouissant mais foutraque, il se lance avec succès dans un vrai disque de pop serti de guitare et de mélodies douce amères, où survivent cependant, par son phrasé rapide et malléable, quelques souvenirs du rap inventif et virtuose caractéristique de l'underground rap californien.

COMPANY FLOW – Funcrusher Plus (1997)

COMPANY FLOW - Funcrusher Plus

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D'autres disques ont annoncé le rap indé, comme ceux d'Organized Konfusion ou, à l'autre bout des Etats-Unis, ceux de Freestyle Fellowship. Mais le véritable point de départ, ce fut Funcrusher Plus. De par son parti-pris "independent as fuck", de par son enregistrement lo-fi, ses paroles obtuses, ses sons austères et atmosphériques, de par son ambition d'expurger le rap de tout élément "fun", le premier album de Company Flow prenait le contre-pied du hip-hop dominant en ce milieu des 90's. El-P, Bigg Jus et Mr. Len lâchaient les fauves, ils ouvraient grands les vannes dont allait sortir un hip-hop mutant et multiforme, qu'eux-mêmes peineraient à reconnaître. Capital, séminal. Ultime.

DALEK - Abandoned Language (2007)

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S'il ne faut retenir qu'une pièce de la discographie fournie de Dälek, Abandoned Language est celle-ci. Aussi puissant que son prédécesseur, Absence, aussi bruyant et engagé, mais plus organique et moins irrespirable, il signait l'entrée définitive du groupe dans le cercle restreint des grands artistes, de ceux capables de se renouveler dans la continuité et de signer dans leur carrière plusieurs très grands disques.

DR. OCTAGON - Dr. Octagonecologyst (1996)

DR. OCTAGON - The Ecologyst / Dr. Octagonecologyst

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Aucun album n'allait aussi bien annoncer la suite. Le MC, Kool Keith, un vétéran, l'un des plus allumés des rappeurs des années 80, s’alliait alors au turntablist Q-Bert et à Dan the Automator, producteur alors totalement inconnu, dont les beats, étranges et psychédéliques, faisaient preuve d'une capacité de séduction telle que ce disque sorti chez Mo'Wax allait être remarqué bien au-delà des cercles rap habituels.

EIBOL - Karma Kingdom (2005)

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Avant ce disque, Fingerprint Records était déjà l'un des labels de rap indé les plus constants et les plus notables de l'époque. Mais avec Kama Kingdom, Eibol enfonçait le clou, signant un album rien de moins que jouissif, mené tambour battant, d’une diversité, d’une constance et d’une consistance rares.

ELIGH - Enigma (2005)

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Eligh était le moins conventionnel des Living Legends, et c'est sans doute pour cette raison que ses disques solo ont mieux vieilli que ceux de ses compères. Son talent perçait dès la fin des 90's sur As they Pass et Gas Dreams. Mais c'est dans les années 2000, avec Poltergeist, et plus encore avec ce suave et jazzy Enigma, à dominante instrumentale, que le producteur et rappeur signalera définitivement son originalité et sa supériorité sur ses complices.

FBCFABRIC & REINDEER - It's Not Who You Know, It's Whom You Know (2005)

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Pour une fois, le contenu était à la hauteur du packaging. En plus de cette pochette originale en tissu, les Anglais FBCFabric et Reindeer nous proposaient un rap crossover de haute-volée, l'un des disques rares qui a su négocier au mieux ses virées au confluent du hip-hop, de l'électronique et du post-rock.

BRAD HAMERS - The Cut-Ups of a Paper Woman (2004)

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Quelques années plus tôt, Anticon avait ouvert la voie au rap de blanc intimiste et arty. Mais c'est Brad Hamers, d'abord au sein de Phlegm, plus tard de Two Ton Sloth, ou en solo comme sur cet album, où il exploitera au mieux et à l'extrême le rap poétique et profondément personnel qu’il bâtissait exclusivement sur ses états d'âmes. Comme quoi, forcer sur le pathos peut parfois être fait avec justesse, talent, magnificence et réussite.

JUGGAKNOTS - Re:Release (Clear Blue Skies) (1996 / 2003)

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Pendant que Co-Flow préparait Funcrusher Plus, les Juggaknots, le groupe frère, sortait sur le mythique label Fondle'em un Clear Blue Skies d'une finesse rarement égalée dans le rap. Moins révolutionnaire que le premier Company Flow, moins influent, mais tout aussi excellent, ce disque n'avait pas perdu une ride quand il fut réédité en 2003 dans une version plus longue.

MCENROE - Disenfranchised (2003)

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En 2003, après 4 années magiques où le label Peanuts & Corn avait sorti coup sur coup plusieurs grands disques de rap underground, on pouvait penser que le surproductif mcenroe avait épuisé ses meilleurs beats. Que nenni. Il les réservait au contraire à ce Disenfranchised qui, malgré un emceeing moins éclatant que celui de certains camarades de jeu, surclassait tous leurs disques.

MF DOOM - Operation Doomsday (1999)

MF DOOM - Operation Doomsday

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A la fin des années 90, le Zev Love X de KMD s'était réinventé une nouvelle identité. Sous le masque de MF Doom, il avait sorti une poignée de singles fracassants sur Fondle'em, lesquels avaient finalement abouti à cet Operation Doomsday, un grand classique du rap indé qui installerait définitivement le rappeur comme une valeur sûre et comme le parrain de toute cette scène, alors en pleine explosion.

OMID - Beneath the Surface (1998)

OMID - Beneath the Surface

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C'était présenté comme une compilation, mais il ne fallait pas s'y tromper. Cette collection de titres précieux, qui révélait une nouvelle génération de rappeurs issus du Project Blowed, était avant tout l'œuvre d'un homme, Omid Walizadeh, que cet album indispensable consacrait comme l'un des tout meilleurs beatmakers de l'underground californien.

O.N.O. - Six Month at Outside Stairs (2003)

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D'accord, il faut une définition très étendue de ce qu'est le rap indé pour mettre Six Month at Outside Stairs dans cette catégorie. Mais comme il n'existe pas encore de liste des meilleurs albums de hip-hop instrumental par ici, ce disque solo du beatmaker de Tha Blue Herb, l'un des groupes les plus audacieux du rap japonais, mérite qu'on rappelle son excellence.

QWEL & MAKER - The Harvest (2004)

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En 2003, le producteur Maker avait fait des merveilles, en solo, au service de ses amis de Chicago ou avec le groupe Glue. L'année d'après, il récidivait avec ses beats peaufinés, apportant au MC phare de l'écurie Galapagos4 la production qui lui avait toujours manquée, lui offrant avec l'irréprochable The Harvest son album le plus constant et le plus abouti.

SAGE FRANCIS - A Healthy Distrust (2005)

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Personal Journals, le précédent album du volubile Sage Francis, son premier véritable après la série des Sick of…, avait valu les premières faveurs d’un public et d’une critique extra-hip-hop à ce rappeur capable de flirter avec une sensibilité rock, tout en restant un MC d’une virtuosité redoutable. Cependant, son meilleur disque serait le suivant, un Healthy Distrust plus monolithique que son prédécesseur, mais aussi plus dense et intense.

SLUMPLORDZ - Present SunnMoonSekt (1999 / 2001)

SLUMPLORDZ - Present SunnMoonSekt

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Parfois, il faut rendre grâce au mauvais goût de certains. Distribué en France, ce premier album du collectif Slumplordz est resté pendant quelques années l'une des valeurs sûres des boutiques de CDs d'occasion. Un grand merci aux blaireaux qui s’en sont débarrassés hâtivement, et qui ont permis à d'autres d'acquérir à moindre prix ce bijou de rap street, noir, abrasif et formidablement lo-fi.

WHY? - Alopecia (2008)

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L’histoire d’Anticon et de tout un pan du hip-hop indé aura été cyclique. Après avoir introduit dans le hip-hop des sons, des thèmes, des postures qui venaient d’un univers principalement blanc, pop et rock, le label a finalement abandonné le rap pour se tourner vers cette musique qui lui était socialement destinée. En ramenant du rap quelques souvenirs en matière de phrasé et de storytelling, pour un exercice crossover dont Why? est vite apparu, succès critique aidant, comme l’un des pratiquants les plus accomplis.

X-ECUTIONERS - X-Pressions (1997)

X-ECUTIONERS - X-Pressions

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Cela s'est progressivement estompé. Cependant, au début de la vague rap indé, grand cas était fait du turntablism, de cet art de bâtir de véritables compositions à partir de scratches. Ce genre, nul ne l'a aussi bien représenté que les quatre DJs des X-Ecutioners, tout spécialement avec cet album collectif, à considérer comme le sommet du genre.

75 ALBUMS POUR ALLER PLUS LOIN

Ces albums là ne sont pas parfaits. A ceux qui, remarqués à l’époque, doivent être aujourd’hui légèrement dévalués, s’en additionnent d’autres pas assez marquants pour avoir été distingués par la critique. Mais tous contiennent des titres d’anthologie, chacun mérite d’être connu. Ne pas vouloir s’y intéresser, c’est manquer de curiosité, c’est refuser de faire le tour de la question rap indé.

3 MELANCHOLY GYPSYS - Grand Caravan to the Rim of The World (2005)

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Ne vous laissez pas avoir par cette pochette très "rap français". Dans cet énorme réservoir de ratés qu'est la discographie des Living Legends, ce disque du trio Eligh, Murs et Scarub se distingue. Annoncé et attendu depuis plusieurs années, l'album remplissait ses promesses, grâce aux productions toujours impeccables d'Eligh, et malgré, comme souvent, une longueur démesurée. Le meilleur disque de Murs, dont la carrière chez Def Jux n'aura jamais été un franc succès.

AD - Misguided Recordings (2002)

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The Crest, c’était l’un de ces multiples groupes tâcherons du hip-hop underground, capables de quelques titres corrects et appréciés des fans les plus hardcore, mais incapable d’audace et jamais franchement mémorables. Excepté pour cet album solo du rappeur AD arraché miraculeusement de la médiocrité par une production soignée signée Myron Maker.

AESOP ROCK - Float (2000)

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Un an s'était écoulé depuis Appleseed. Entretemps, la cote d'Aesop Rock avait tellement grandi que Float avait été l'un des albums rap indé les plus attendus de l'an 2000. Attente satisfaite : avec ce disque pour Mush où son college rap s'enrichissait d'une variété de sons inédites et où il était épaulé par trois autres rappeurs phares de la scène indé (Slug, Vastaire, Dose One), Aesop Rock installait définitivement son statut.

ANTIPOP CONSORTIUM - Shopping Carts Crashing (2001)

ANTIPOP CONSORTIUM - Shopping Carts Crashing

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Un album en édition limitée sortie quelques mois seulement après le manifeste Tragic Epilogue sur un obscur label japonais. Voilà qui aurait pu n’être qu’un disque sans intérêt réservé aux fans hardcore, si toutefois Antipop Consortium avaient été un groupe quelconque. Mais quelconque, APC ne l’a strictement jamais été.

ANTIPOP CONSORTIUM - Arrhythmia (2001)

ANTIPOP CONSORTIUM - Arrhythmia

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Pas le meilleur album d’Antipop Consortium, non. Mais celui qui a été le mieux été marketé, celui qui, sorti chez Warp, est aujourd’hui le plus disponible. Celui, surtout, qui comprend leurs titres les plus tubesques, et qui se montre encore aujourd’hui le plus abordable, celui qu’il faut conseiller à tous les néophytes qui voudraient apprivoiser ce groupe indispensable.

ASTRONAUTALIS - The Mighty Ocean & Nine Dark Theaters (2006)

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Annoncée ou initialisée par Anticon, la convergence du folk, de la pop et du rap a rapidement fait des émules, au point de devenir à la fin des années 2000 synonyme même de rap indé. Dans ce monde de suiveurs, rares sont ceux qui s'en sont tirés avec les honneurs. Astronautalis, toutefois, fut de cette minorité, le temps d'un premier album prometteur mais lo-fi, puis de ce disque chiadé, tellement chiadé qu’il en est parfois presque fade, conçu avec les beats de son compère Radical Face de Morr Music.

ATMOSPHERE - Overcast! (1997)

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Le disque fondateur, l'album séminal. Peut-être même plus que le Funcrusher Plus de Company Flow, même s'il est loin d'être aussi constant. En plein Midwest, à son corps défendant, un groupe qui croyait prolonger et préserver l'esprit street et battle du hip-hop renouvelait le genre. Le "moi" en restait le sujet principal, mais l'ego-trip se muait en introspection et en autocritique, ouvrant la voie à des dizaines de rappeurs perdus dans leurs états d'âme, et dont presque aucun, finalement, n'aurait le charisme et le talent de Slug, seule personne qui compte vraiment derrière le projet Atmosphere.

AWOL ONE & FACTOR - Only Death can Kill You (2007)

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Awolrus est un personnage essentiel du rap indé, sans conteste. C’est une star. Mais il est ardu de lui trouver un chef d'œuvre. Serait-ce Souldoubt, l'album des tubes ? Number 3 on the Phone, pour le fabuleux "Carnage Asada" ? Slanguage, sa virée free jazz avec Daddy Kev ? Ou plutôt ce constant Only Death Can Kill You produit par Factor, producteur canadien dont on n'attendait pourtant rien quelques années plus tôt ?

BRAILLE - Lifefirst: Half the Battle (1999)

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Dans ce pays, les Etats-Unis, où la croyance en Dieu va de soi, il est parfaitement possible de célébrer Jésus et de rester un rappeur crédible. Voilà pourquoi rap indé et rap chrétien se sont quelquefois entremêlés, sans que ça ne choque personne, que ce soit avec Mars Ill ou avec Braille. Bien après cet album sorti alors qu'il n'avait que 17 ans, le rappeur se produirait avec Lightheaded, puis deviendrait un temps un protégé de James Brown, carrément, avant de tourner avec De La Soul. Mais jamais il ne ferait aussi bien que ce premier disque produit par une dream team de beatmakers, parmi lesquels Sixtoo, MoodSwing9 et Deeskee.

BUCK 65 - Square (2002)

BUCK 65 - Square

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Le tout premier album de Buck 65 pour une major ressemblait encore beaucoup aux précédents. A la manière d’un mix, le Canadien y enchaînait de nombreux titres, idées et beats d’anthologie sur une suite de quatre longues plages. Son dernier disque rap avant le grand saut pop rock.

THE CANKLES - Goddamn! (2005)

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Une bonne pincée de turntablism, des virées dans les guitares et l’électronique, des beats funky et les raps truculents de Kid Static. En 2005, les Cankles ajoutaient un peu de couleur, de créativité et de bon esprit façon Native Tongues à un hip-hop de Chicago devenu bien tristounet. L’une de ces bonnes surprises sorties de nulle part que nous a parfois révélées le rap des marges.

CANNIBAL OX - The Cold Vein (2001)

CANNIBAL OX - The Cold Vein

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En quelque sorte, cet album de Vastaire et de Vordul a marqué l'apothéose du rap indé. Parce qu'il est sorti au sommet de la hype, à l'époque où le genre était le mieux exposé. Parce que pour El-P, qui l'a produit de bout en bout, il a été le disque de la transition entre Company Flow et Def Jux. Parce que peu n'ont autant séduit en dehors des frontières du hip-hop. Parce qu'il a été l'un des albums les plus attendus de cette année 2001, et qu'il s'est avéré, globalement, à la hauteur des espérances.

THE CHICHARONES - When Pigs Fly (2005)

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Le cas Josh Martinez est problématique. Issu de la scène d'Halifax, dont il incarne la face enjouée et facétieuse, le Canadien est un redoutable entertainer et l'auteur d'une poignée de hits mémorables, mais il n'a jamais été capable de sortir un grand disque. Citons tout de même le très réjouissant Good Life EP ainsi que ce When Pigs Fly, un chouette album pondu avec Sleep d'Oldominion sous le nom de Chicharones.

CLOUDDEAD – cLOUDDEAD (2001)

CLOUDDEAD - cLOUDDEAD

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Paroles fantaisistes et absconses, compositions complexes lorgnant autant du côté du post-rock et de l'ambient que du hip-hop. Absolument étrange, plus radical encore que l'album de Deep Puddle Dynamics qui avait révélé le label Anticon l'année d'avant, sans doute est-ce le projet cLOUDDEAD qui symbolise le mieux la révolution Anticon, même si Odd Nosdam, Why? et Dose One, trois artistes issus du label le plus emblématique du rap indé, lui faisaient pour cette fois une infidélité en sortant ce premier disque chez Mush et Big Dada.

COMPANY FLOW - Little Johnny from the Hospitul (1999)

COMPANY FLOW - Little Johnny from the Hospital

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Deux ans après Funcrusher Plus, Bigg Jus avait quitté le groupe. Réduit alors à son DJ et à son producteur, Co-Flow sortait son disque instrumental, une suite de pièces abstraites tordues et jouissives, où le hip-hop était tellement maltraité, où il devenait si méconnaissable, que le duo n'osa le sortir qu'en version vinyle dans son propre pays.

COURDEK - Synchronicity (2006)

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Cousins du prolifique West Coast Underground, les artistes de Phoenix représentés par Brad B, les Drunken Immortals et le label Universatile Music ont souvent souffert d’un déficit d’originalité comparés à leurs voisins californiens. Jusqu'à cet album solo de Courdek, où le rappeur issu du collectif Avenue of the Arts faisait preuve d'une musicalité alors inédite pour le hip-hop de l'Arizona.

CURSE OV DIALECT - Wooden Tongues (2006)

CURSE OV DIALECT - Wooden Tongues

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Sur leur précédent disque sorti chez Mush, les rappeurs fous de Curse ov Dialect avaient montré qu'ils avaient des ressources à revendre. Trois ans plus tard, Wooden Tongues prolongeait l'opération. Mais le rap engagé et débridé des Australiens, bourré comme jamais de sonorités balkaniques et de world music, devenait toutefois plus digeste, prouvant qu'un bon hip-hop peut se construire à base de n'importe quel sample.

CYNE - Time Being (2003)

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Par ce disque, c'est toute la scène Botanica del Jibaro / Counterflow / Beta Bodega qui est représentée, soit une jolie brochette d'artistes latino-américains basés à Miami, adeptes d'un rap carré et engagé, mais également partie prenante dans la production locale de musique électronique. Comme d'autres disques, le Time Being du quatuor Cyne prouvait que tous ces gens étaient bien plus à l'aise avec le format maxi que sur la longueur d'un album. Il n'en constitue pas moins l'une des meilleurs clés d'entrée vers l'univers de ces artistes complets.

DALEK - Absence (2005)

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Le Dälek précédent, From Filthy Tongue of Gods & Griots, avait ses moments, mais l'ennui y dominait encore. Avec Absence, cependant, le groupe de Newark atteignait le palier supérieur. Il livrait son disque le plus compact, le plus brutal et le moins respirable. Cela virait à la formule, c'était un exercice presque facile. Mais pour la première fois, Dälek ne proposait plus que la quintessence de son son. Et cette musique, assourdissante, faisait très mal, vraiment très mal.

DARC MIND - Symptomatic of a Greater Ill (2006)

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La sortie de l'album de Darc Mind avait été prévue pour 1997, mais ce n'est que dix ans plus tard qu'il voyait finalement le jour sur Anticon. Avec ce disque transitoire, à mi-chemin entre le classic rap du début des 90's et la froideur industrielle du premier hip-hop indé, avec ces cousins oubliés de Co-Flow ou de Sonic Sum, le label à la fourmi, qui n'avait plus grand chose de rap à l'époque, rappelait quelles avaient été ses racines.

EDAN - Beauty and the Beat (2005)

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Non content d'avoir réactualisé le rap old school avec Primitive Plus, Edan en faisait de même avec le rock psychédélique sur son second album. Avec la même maestria et sans abandonner pour autant le hip-hop, livrant l'un de ces rares disques crossover capables de respecter et de régénérer à parts égales chacun des genres dont il s'inspire.

ELIGH - Poltergeist (2003)

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Tout n’était pas parfait sur cet Eligh là. Il y avait encore beaucoup de remplissage. Mais déjà, avec des "Ancient Grandfather", des "The Mountain" et la petit bombe "Funk", et sans qu’on atteigne les sommets d’Enigma, il s’annonçait de plus en plus clairement que le producteur et rappeur était le véritable artiste d’envergure à émerger des Living Legends.

ELON.IS - Atomik Age (2002)

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En 2002, on attendait impatiemment un album de Disflex.6 chez Lex Records, mais celui-ci n'est jamais venu. Dans l'attente, cependant, le troisième album solo du beatmaker Elon.Is, accompagné par ses compères et par quelques autres, constituait bien davantage qu'un simple amuse-gueule. Du bon classic rap underground et sombre à souhait.

EPIC - Local Only (2004)

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L'un des OVNI du rap. Trentenaire canadien timide et blanc égaré dans un monde de jeunes machos, Epic peaufinait sa formule sur ce second album produit à nouveau par soso. Celle d'un rappeur sincèrement épris de hip-hop et apte à s'en approprier les codes, mais dans un mélange inextricable d'admiration sincère, de sarcasmes et d'auto-dérision.

EXISTEREO - Dirty Deeds & Dead Flowers (2003)

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Des guns, des têtes de mort, des invités à la pelle, des titres foutraques et Paul McCartney. N'allez pas trouver une quelconque logique à ce disque éclectique assemblé à la va-vite par l'un des Shapeshifters les plus charismatiques (et l'un des rares à ne pas peser 150 kilos). Toutefois, ce disque et son cousin Crush Groove sont ce qu'Existereo a fait de mieux, et ils sont à peu près aussi jubilatoires que frustrants.

FERMENTED REPTILE - Let's Just Call you "Quits" (1999)

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Ce rap indé-là était si peu révolutionnaire... Plutôt que de bouleverser le hip-hop, mcenroe et les siens préféraient poursuivre l'aventure jazz rap engagée au début des années 90. Mais en se l'appropriant, ces quelques blancs-becs perdus au fin fond des prairies canadiennes le renouvelaient, ils lui apportaient une suite naturelle et une poignée de bons albums que New York même n'était plus à même de générer.

GREEK - 9 Steps to Scott Baio Fame (2003)

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L'un de ces OVNIS, l'une de ces étranges anomalies dont seul le rap du gouffre se montrait capable. Où comment Jimmy Greek, facteur le jour à Philadelphie, se transformait la nuit en un MC exubérant et déglingué déclamant à qui mieux mieux ses ego-trips paroxystiques, persuadé d’être le nouveau Michael Jackson.

THE GROUCH, DADDY KEV & D-STYLES - Sound Advice (2003)

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Autour de 2003, le producteur Daddy Kev décidait d'allier free jazz et hip-hop, produisant trois albums dans cette lignée pour trois grands noms du rap indé californien, Awol One, Busdriver et The Grouch. Des trois, le disque du rappeur des Living Legends était celui qui s'en tirait le mieux, il était le plus excitant, le plus dense et le plus mémorable.

GRUF - Druidry (2001)

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L'un des indispensables d'une époque bénie où l'écurie canadienne Peanuts & Corn, animée par l'irréprochable mcenroe, sortait gemme sur gemme. Sur une série de productions denses et délicates concoctées par le patron du label, le MC d'origine amérindienne déclamait sur un ton clair ses préoccupations d'ordre écologique. Certes, c'était du rap conscient et du quasi spoken word, mais d'une retenue, d'une originalité, d'une subtilité et d'une musicalité finalement très rares en la matière.

HAIKU D'ETAT - Haiku D'Etat (2000)

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Sur ce disque au nom abscons où se mêlaient leurs envies de révolution et leurs aspirations de poètes, Aceyalone et Mikah 9 de Freestyle Fellowship, ainsi qu'Abstract Rude, emmenaient leurs flows de virtuose dans une longue échappée vers l'avant-garde, vers la Jamaïque, ou plus loin encore vers l'Orient. Sans doute tenait-on là la dernière et la plus tardive des grandes œuvres du Project Blowed.

THE HERD - Summerland (2008)

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Le live hip-hop engagé de The Herd, groupe phare de la scène australienne à mi-chemin de Quannum et des Roots, on l'imagine plus efficace sur scène que sur disque. Et de fait, malgré quelques singles d'anthologie, leurs albums se sont avérés assez moyens. Excepté celui-ci, le plus abouti, un bonheur d'adult rap ouvert, métissé et jamais rasoir.

HYMIE'S BASEMENT - Hymie's Basement (2003)

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Why? faisait du rap avant de pencher sérieusement vers l'indie rock. Andrew Broder faisait de l'indie rock qui flirtait avec le hip-hop. Il était donc naturel que les deux poursuivent un bout de chemin ensemble, d'abord sur ce chouette album d'Hymie's Basement, puis plus tard, quand Broder rejoindra le groupe de Why? le temps de l'excellent Alopecia.

INOE ONER - Governments Greatest Hits (2003)

INOE ONER - Governments Greatest Hits

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Ce n'était qu'une sortie officieuse, un quasi CD-R qui n'a jamais connu autre chose que la confidentialité. Pourtant, c'est sur cet album que le rappeur Inoe One de Global Phlowtations et qu'Adlib le producteur, futur Thavius Beck, livreraient quelques uns de leurs plus beaux titres enregistrés en commun autour de l'année 2000. A posséder, ne serait-ce que pour "Da Ole Me", l'un des meilleurs titres rap de tous temps. Oui, carrément.

JEDI MIND TRICKS - The Psycho-Social, Chemical, Biological, and Electro-Magnetic Manipulation of Human Consciousness (1997)

JEDI MIND TRICKS - The Psycho-Social, Chemical, Biological, and Electro-Magnetic Manipulation of Human Consciousness

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A l'origine, la cote des Jedi Mind Tricks était aussi élevée que celle de Company Flow. Mais ensuite, des albums sans cesse plus racoleurs l'ont sensiblement dégradée. Il faut bien avouer que le trait était forcé, dès ce premier album culte, avec ce rap qui pousse à son paroxysme des sons comme dénichés chez le Wu-Tang, puis plongées dans un bain d'éther, mais qui reste, en dépit de la suite et des clowneries de Vinnie Paz, un sommet de hip-hop gothique et grandiloquent.

JEEP JACK - A Jeep Jack Affair (2000)

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Ce disque-là, c'est notre trésor caché. Révélé par le Genevan Heathen via Tekilatex de TTC, il dévoilait une joyeuse bande de rappeurs de Boston formée dans l'effervescence de la vague rap indé de la fin des 90's. Si le producteur Jeep Jack a su nous laisser quelques disques, dont cette excellente compilation pleine de titres jubilatoires, on regrette toujours que l'impeccable rappeur Microft Holmes, dont les interventions étaient ici les plus saillantes, n'ait jamais été capable de sortir un album.

KID STATIC - Have You Seen This Man? (2005)

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Non, le hip-hop indé du Midwest ne s'est pas résumé à un classic rap ennuyeux. Il a aussi donné naissance à Kid Static qui, avec son groupe les Cankles ou avec le producteur fou de musique électronique Yea Big, et plus encore sur son excellent album solo, a su ressusciter et actualiser le hip-hop joyeux, trucculent, facétieux et inventif de l'ère De La Soul.

KILL THE VULTURES - The Careless Flame (2006)

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Oddjobs avait été un bon groupe, et l'un des plus éminents représentants du rap indé dans le Midwest. Mais ce qui suivrait sa séparation serait plus passionnant encore. Emmenés par le rappeur Crescent Moon, Kill the Vultures allait inventer une musique inédite, mélange abrasif et violent de hip-hop, de jazz et de punk, dont ce second album et son titre d'entrée, le fabuleux "Moonshine", allaient être le point d'orgue.

KNOWSELF - Pseudo Freedom in the Age of Manipulation (1999)

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A l'instar des Sebutones ou de Recyclone, ses collègues d'Halifax, Nouvelle-Ecosse, Knowself donnait dans un rap froid, cérébral et obtus. Rempli d'obscures considérations politico-religieuses déclamées par la voix grave de Knowself sur une musique impénétrable, cette réédition sous un nouveau package de la cassette culte Everything is Under Control sortie en 1999 n'en est pas moins l'un des indispensables de cette scène emblématique du rap canadien de la fin des 90's.

LUCKYIAM.PSC - Justify the Mean$ (2002)

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Si ce disque est à extirper de la discographie pléthorique des Living Legends, ce n'est sûrement pas grâce au rap bonhomme de Luckyiam.PSP. Non, c'est du fait de la production subtile d'Eligh, qui exécute ici et à la perfection ce qu'il est exigé d'un bon beatmaker : s'effacer derrière son MC pour mieux sublimer sa prestation.

MAINTENANCE CREW - Eternal Sunshine of the Simple Mind (2005)

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Le Maintenance Crew n'appartenait pas à la frange la plus novatrice du rap indé. Chez eux, le compteur était resté bloqué au classic rap des années 90. Mais avec ces Chicagoans, la formule redevenait aussi fraiche et percutante qu'aux tous premiers jours, comme si nous avions oubliés les plagiaires qui nous avaient dégoutés de ce genre, comme si nous étions revenus aux meilleures heures du jazz rap new-yorkais.

MAKER - Honestly (2003)

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Vu de loin, compte-tenu des collaborations et des gens chez qui il sortait, ce disque de Maker s'annonçait comme du sous-Galapagos 4. Mais à l'écoute, c'était exactement le contraire. Sans s'écarter de l'indie rap de facture classique par lequel il s'était fait connaître, ce beatmaker alors inconnu surclassait totalement le fameux label du Mid-West.

MICRANOTS - Obelisk Movements (2000)

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Voici un groupe qui aurait pu passer inaperçu si Big Jus de Company Flow n'avait eu la bonne idée de sortir cet album sur son label, et de révéler cette terrible démonstration de rap hardcore, de percussions, de synthé et de scratches offensifs, ce hip-hop puissant et pré-apocalyptique que proposaient alors I Self Divine et Kool Akiem.

NECRO - I Need Drugs (2000)

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C'était un disque facile que nous proposait alors le producteur de Non-Phixion, vidéaste porno à ses heures, avec son horrorcore puissance 10.000 et ses détournements de LL Cool J et de Dionne Warwick. Mais sur le coup, honnêtement, quel plaisir que de goûter au moins une fois ce rap d'éternel ado et son déferlement de drogue, de sexe, d'effets gore et de propos sacrilèges.

NOAH 23 - Jupiter Sajitarius (2004)

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Il en fallait bien une. Alors, chez nous, un temps, Noah 23 fut notre tête de Turc, il a payé pour tous les MCs blancs du gouffre qui n'auraient jamais eu la chance d'exister sans Internet. Pourtant, il n'était pas le plus mauvais. Il était même l’un des meilleurs, et le confirme jusque sur ses sorties les plus récentes. Tenant par excellence du rap psychédélique, arty et obtus qui sévissait alors, le Canadien a prouvé en trois albums réjouissants (Neophyte Phenotype, Quicksand, Jupiter Sajitarius) qu'il était aussi l'un des représentants les plus marquants de ce style de hip-hop.

NOBS - Workin' (2004)

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Apparu dans le sillage de Brad Hamers, Nobs aurait pu rester dans la seconde division des rappeurs underground blancs révoltés contre le monde et contre eux-mêmes. Mais peu de temps après un Musicide en demi-teinte, il émigrait pour le très bon Fingerprint Records et il y livrait sa grande œuvre, un Workin' admirablement produit et convaincant.

MOVES & BIRDAPRES - Alleged Legends (2001)

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Sur ce disque sorti dans la meilleure phase du label, Peanuts & Corn nous proposait une autre petite merveille avec cette une mixture transcanadienne entre le rap direct et narquois du MC de Vancouver et le meilleur des productions du DJ d'Halifax.

NOLTO AND FACTOR - Red All Over (2005)

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Avec les productions de Factor, a toujours dominé une impression de laisser-aller, de roue libre, de formule, dont pâtit largement son abondante discographie. Toutefois, certains des disques qu'il a produits ont été presque intégralement réussis, comme le Only Death Can Kill You sorti avec Awol One. Ou encore, comme le deuxième album signé par ce rappeur blanc à jolie voix qu'est son voisin et complice Nolto.

NORMAN - Polarity (2003)

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Comme c'est moche, comme c'est injuste. Un peu comme les Living Legends, le prolifique collectif Oldominion en a sorti, des titres remarquables. Malheureusement, ils n'ont jamais vraiment su le faire sur la longueur d'un LP. Retenons toutefois ce très bon album concept du duo formé par Barfly et par Onry Ozzborn, à équi-distance parfaite du rap indé arty et d'un hip-hop plus street, comme l'ont toujours été ces gens.

OCTAVIUS & 4AM - Electric Third Rail (2000)

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A cette époque, la fin des années 90, où le rap indé traversait sa propre phase industrielle, où la noirceur et les sonorités pas faciles étaient de mise, où l'on pouvait faire du hip-hop et citer My Bloody Valentine, Merzbow ou Joy Division comme références, le rappeur noir Octavius et le producteur blanc 4AM parvenaient à tirer leur épingle du jeu le temps d’un album de rap indus trop méconnu.

ORKO THE SYCOTIK ALIEN - Atoms of Eden (2003)

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Projet d’arrière-garde que cet album de fusion entre hip-hop et drum’n’bass produit par The Orphan, le beatmaker de Noah23. Cependant, avec ce disque plus chiadé que ses milliards de CD-R, et dans les mêmes eaux que son projet raté NMS avec Big Jus, Orko de Global Phlowtations nous proposait son album le plus abouti, tout simplement, et contre toute attente.

PENNY - The Clockforth Movement (2002)

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Signée chez les rappeurs canadiens arty de Plague Language, mais héritière du Project Blowed par ce phrasé ultra-rapide glissant avec adresse vers le chant, la Californienne Penny conciliait le meilleur de ces deux mondes sur son irresistible premier album. Malheureusement pour nous, à une sortie officieuse près, la carrière de la rappeuse restera sans suite. Ce qui ne rend que plus précieux ce Clockforth Movement.

PIGEON JOHN - Is Dating your Sister (2003)

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Malgré ses premiers faits d'arme au Good Life Café, Pigeon John ne s'était pas fait remarquer tant qu'il était resté au sein de LA Symphony. Et l'étiquette "rap chrétien" qui lui était accolée ne simplifiait pas la donne... Mais avec son premier solo Pigeon John...Is Clueless, puis avec ce chouette successeur qu'il produisait lui-même, avec son rap malin dans la tradition du Project Blowed, le rappeur révélait une musique à son image, métissée, presque aussi attractive et catchy qu'un disque des Beatles.

POWER STRUGGLE - Arson at the Petting Factory (2005)

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Des deux groupes à être issus d'Oddjobs, Kill the Vultures est celui qui a le mieux sorti son épingle du jeu, jusqu'à rencontrer un relatif succès critique dans notre beau pays. Mais Power Struggle, l'aventure parallèle engagée par le DJ Deeltax et le rappeur Nomi, fusion furieuse entre un rock et un rap également abrasifs, valait tout autant le détour, comme le prouvait ce mémorable Arson at the Petting Factory, malheureusement l'unique album sorti à ce jour par le duo.

QUANNUM - Solesides Greatest Bumps (2000)

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De Solesides, le public n'a longtemps connu que DJ Shadow. Pourtant, le messie du hip-hop instrumental n'a jamais été seul, comme le montrait en 2000 cette jouissive compilation pleine à ras-bord de titres d'anthologie proposés tout au long des 90's par ce label fondateur de la Bay Area, l'une des matrices du rap indé, avant que ses artistes ne décident d'entrer dans le nouveau siècle sous le nom de Quannum.

QUASIMOTO - The Unseen (2000)

QUASIMOTO - The Unseen

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On a fini par en faire beaucoup trop sur Madlib. Il a été présenté trop tôt comme un génie, nombre de ses disques ont été évalués à l'aune de ce statut, sans que l'on prenne la peine de se demander si cela était justifié. Et de fait, cela ne l'était pas. Le producteur a été l'un des artistes les plus surestimés du rap de cette époque. Reste cet Unseen, première étape d'un emballement critique, alors encore légitime.

RADIOINACTIVE - Pyramidi (2002)

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Aucun disque de Radioinactive n’a été irréprochable, mais tous sont indispensables. Oui, tous, y compris ce Pyramidi, son premier album officiel, regorgeant d’idées, de paroles incompréhensibles et de samples improbables issus du monde entier. Certains, à l’époque, ont pu le trouver bien difficile à digérer. Pourtant, ce disque sonne aujourd’hui infiniment plus solide que bien d’autres sorties rap indés surcotées de la même époque.

RADIOINACTIVE & ANTIMC - Free Kamal (2004)

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Il aurait pu continuer longtemps comme ça, Radioinactive. Il aurait pu sortir d'autres disques lo-fi (Fo' Tractor) ou plein de remplissage (Pyramidi) qui ne rendaient pas justice à son talent. Mais avec l'aide d'AntiMC, il a fini par le produire, son véritable album plein de hits et de hip-hop globe-trotter aux idées larges, l’un des seuls disques issus de l'aventure Shapeshifters capables de séduire pour de bon ta grande sœur.

JOE RATH - Don't Be a Martyr (2004)

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Brièvement apparu avec la vague des Internet MC des années 2000, Joe Rath n'a sorti pour de bon qu'un EP et un album, avant de raccrocher. Vraiment dommage. Car Don't be the Martyr est parmis ce qu'il s'est fait de mieux à l'époque en matière de rap intimiste à guitare.

ROOTS MANUVA - Brand New Second Hand (1999)

ROOTS MANUVA - Brand New Second Hand

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On le sait maintenant. Ce n'est pas que le hip-hop anglais n'a jamais existé. C'est tout simplement qu'il a pris au UK des formes différentes intitulées trip hop, drum'n'bass, big beat, grime ou dub step. Mais il y a aussi eu de purs rappeurs anglais, finalement assez proches de leurs modèles américains malgré l'accent et une influence jamaïcaine marquée. Et dans cette famille, le plus brillant s'appelait Roots Manuva.

RUMI - Hell me WHY?? (2007)

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Trois ans après un premier disque intense mais difficile, la plus allumée des rappeuses japonaises remettait ça. Sur Hell me WHY?? se mêlaient plus que jamais dance bancale, mélodies bancales, musique nippone traditionnelle et accès de violence, sans oublier les raps possédés de l'interprète principale. Pourtant, exceptionnellement, tout cela devenait beaucoup plus accrocheur et accessible que sur le précédent album.

SEBUTONES - 50/50 Where It Counts (1998)

SEBUTONES - 50/50 Where It Counts

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A la fin des 90's, l'improbable ville d'Halifax était devenue la Mecque du hip-hop underground. Ce statut, la cité canadienne le devait à une poignée d'artistes, mais surtout à Sixtoo et Buck 65, qui en 1998 livraient ensemble un disque culte de rap froid, sombre et expérimental, avant de s'envoler chacun de leur côté pour deux riches carrières solo.

DJ SHADOW - Endtroducing... (1996)

DJ SHADOW - Endtroducing...

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Bien d'autres disques ont posé les fondations du hip-hop indé. Et la postérité de celui-ci est allée bien au-delà du simple rap. Cependant, nul album n'a mieux annoncé l'émancipation du rap de son contexte social de naissance, l'ouverture sur les autres genres et la volonté de faire œuvre, trois caractéristiques fondamentales du rap indé à venir que Endtroducing.... inaugurait. Comme l’annonçait le titre même du disque, DJ Shadow mettait ici fin à une ère, et il en ouvrait une autre.

DJ SHADOW - The Private Press (2002)

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The Private Press sortait trop tard. Fait du même bois qu'Endtroducing..., il ne pouvait avoir le même impact. Malgré un accueil bienveillant de la critique, il fut rapidement oublié, pour que ne soit plus cité que le premier album de Josh Davies, encore et encore. Ce dernier le comprendrait bien, qui prendrait une toute autre direction avec The Outsider. Et pourtant, si ce second album chiadé comme jamais, et qu'il lui a fallu 6 années pour sortir, était sa véritable grande œuvre, son disque le plus abouti ?

SHAPESHIFTERS - Know Future (2000)

THE SHAPESHIFTERS - Know Future

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Un grand n'importe quoi. Deux heures de délires conspirationnistes déclamés par un collectif à rallonge et par leurs invités, proches descendants du Project Blowed. Deux CDs complets de beats qui ne ressemblent à rien, et de sons parasites. Et pourtant, le disque ultime des Shapeshifters, l'un des plus accomplis et des plus passionnants.

SIXTOO - Almost a Dot on the Map (2004)

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Sixtoo n'en a fait qu'à sa tête, Sixtoo a évolué trop vite, reniant au fur et à mesure de sa carrière tout ce qu’il avait entrepris auparavant. Mais en 2004, toutefois, avant de s'embarquer chez Ninja Tune, avant de collaborer avec Damo Suzuki, avant d'arrêter définitivement de rapper, il jetait un dernier coup d'oeil dans le rétroviseur et livrait cette compilation de ce qu'il considérait, à juste titre, comme les meilleurs moments de sa période Halifax, juste après les Sebutones et juste avant la notoriété.

JOHN SMITH - Blunderbus (Or, in Transit) (2001)

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Cet album solo de John Smith, son premier, son meilleur, est aussi et surtout l’un des sommets du label Peanuts & Corn, l’un des plus brillants témoignages de cette période bénie de 1999 à 2003 où chaque sortie de ce discret mais précieux label canadien était, pour les bienheureux initiés, une des grands événements de leur vie musicale.

SONTIAGO - Steel Yourself (2007)

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Abandonnée par Sole pour fonder Anticon à la fin des années 90, la scène rap de l’Etat du Maine aurait pu passer pour une déshéritée. Et ce n’est pas les disques de Moshe ou de Nomar Slevik, plein de bonne volonté mais globalement ratés, qui allaient attirer l’attention sur elle. Jusqu’à ce qu’émerge Sontiago, comparse de Moshe et épouse de JD Walker des Live Poets, dont le rap féminin et féministe gagnait en instinct et en spontanéité ce qu'il perdait en originalité, comme le prouvait ce deuxième album réussi sorti chez les Canadiens d'Endemik Records.

SOSO - Birthday Songs (Japanese Edition) (2002/2006)

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Seul. Il est le seul à avoir réussi ça, à avoir pu sortir un rap aussi intime et unidimensionnel, à s'être mis à nu ainsi, à avoir joué à ce point du pathos, à avoir flirté de si près avec le ridicule, sans jamais ou presque franchir la ligne rouge. Pour preuve Birthday Party, le premier disque vraiment solide sorti par soso, qu'il vaut encore mieux posséder dans la classieuse version japonaise sortie quatre ans après l'originale.

STYLES OF BEYOND - 2000 Fold (1998)

STYLES OF BEYOND - 2000 Fold

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Deux rappeurs Angelinos, protégés de Divine Styler et des Dust Brothers, livraient en 1998 ce premier album fort apprécié par la scène indie rap naissante, en ces années où un boom bap outrancièrement sombre, poisseux et porté sur la sci-fi était de mise, parfaite transition entre le rap hardcore à la Wu du milieu des 90’s et les choses plus expérimentales et débridées du début des années 2000. Un disque franchement ancré dans son époque, mais encore tout à fait écoutable.

SUBTITLE - I'm Always Recovering from Tomorrow (2003)

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Subtitle a le défaut des créatifs. Ca jaillit trop. Cela va bien trop vite. Aussi est-il de ceux qui, artistes fondamentaux du rap des marges, n'a jamais pu livrer sur la longueur un album convaincant, a noyé son talent dans des exercices inutiles, même quand son phrasé robotique était canalisé par son compère Thavius Beck au sein de Labwaste. Reste quelques bonnes sorties, dont ce très court EP qui regroupe quelques uns des titres les plus hallucinés du MC et beatmaker californien.

THEMSELVES - Them (2000)

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Dose One a accédé à la reconnaissance. Il s'est imposé comme une figure respectée, notamment pour ses aventures au sein de Subtle. Mais son talent de MC insolite n'a jamais été aussi visible que sur ce premier disque commun avec Jel, dont la pochette hard rock indiquait que nos hommes voulaient bousculer les habitudes du hip-hop, sans encore, à ce stade, renier quoi que ce soit de son efficacité. Un chouette disque pour Dose, avant qu’il ne sombre plus ou moins dans un pop rap indigeste.

THIRSTIN HOWL III - Skilligan's Island (2002)

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Ancien gang de voleurs de fringues, les Lo-Life sortaient au début des années 2000 des albums pleins d'un rap truculent où ils célébraient leur exploits passés de petits malfrats, proclamaient leur passion pour Ralph Lauren ou s'affrontaient à coup de propos salaces dans un mélange inextricable d'anglais et d'espagnol. Tout cela était souvent bien inégal, mais cette compilation de Thirstin Howl III, la figure de proue du groupe, fera très bien l'affaire pour ceux qui voudraient se souvenir de ce délirant collectif.

TOCA - Toca (2007)

toca-toca.jpg

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Longtemps, cet album a été l'Arlésienne du rap indé, maintes fois promis, plusieurs fois annoncé, mais jamais disponible. Mais l'attente allait être récompensée. En 2007, Tommy V., Xololanxinxo et les frères Ramos livraient enfin le disque éclectique attendu, un album multigenre et multilingue qui, au-delà de son rap créatif issu du Project Blowed, brassait avec succès 40 ans de musiques populaires, pop, rock et davantage encore.

TOOLSHED - Illustrated (2003)

TOOLSHED - Illustrated

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Un an après un très bon Schemata, les Canadiens de Toolshed remettaient ça. Ils enrichissaient même leur live hip-hop par une palette plus large d'instruments (cuivres, orgue, flûte), ils invitaient quelques figures clés du hip-hop indé (Awol One, Sleep, Thesis Sahib, mcenroe) pour un résultat au moins égal au disque d'avant.

VIKTOR VAUGHN - Vaudeville Villain (2003)

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Au-delà d’Operation Doomsday, MF Doom a poursuivi sa carrière avec une abondante et fructueuse production discographique. Mais plutôt que tous ces Special Herbs moyens sortis à tire-larigot, ce Vaudeville Villain, concept album signé chez Sound Ink sous le nom de Viktor Vaughn, est son disque des années 2000 à retenir.