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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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CALLA - Televise

, 22:12 - Lien permanent

Avec l’avènement du post-rock, les années 90 avaient vu les plus captivants des groupes à guitares s’affranchir doucement des structures traditionnelles du rock et des chansons, allonger et complexifier les formats, et fondre peu à peu leurs expériences à celles déjà tentées du côté des musiques électroniques. Ce chemin, le guitariste Aurelio Valle, le bassiste Sean Donovan et le batteur Wayne B. Magruder, des Texans installés à New-York, l'avaient emprunté le temps d’un premier album tout en paysages sonores et en savant travail de production. Mais avec les suivants, Scavengers, puis Televise, le trio semblait partir à rebours, et revenir au temps même de la transition entre un punk hardcore vigoureux et un rock déconstruit, à la violence contenue de groupes comme Slint ou Codeine.

CALLA - Televise

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Sur Televise, il y avait des chansons, donc, de lentes et belles ballades apaisées à la guitare acoustique sur "Astral", "Surface Scratch", et un "As Quick as It Comes / Carrera", d'autres l'on dit, très Yo La Tengo. Mais à l’opposé, il y avait aussi un grandiose et prenant "Stranglers" tout en fureur rock, et de somptueuses envolées de guitares, sur "Monument", puis sur "Televised", peut-être les plus élégiaques depuis Television et Built to Spill, rien de moins. Quelquefois aussi, Calla mêlait les deux formules sur un seul titre, notamment un "Don't Hold Your Breath" entre orage et retenue, apogée d’un album qui compte pourtant plus d’un sommet.

Pourtant, ce n’était pas un retour complet à la conformité. Le trio avait gardé quelques réflexes de ses aventures en terres inconnues : percussions complexes, discrets ajouts électroniques ("Customized"), étrangetés sonores, ruptures de rythme, ambiances en accord avec les mots murmurés, marmonnés, susurrés par le chanteur, souvenirs en arrière-plan des soundscapes du premier album ("Pete the Killer"). Toutefois, plutôt que de jouer le jeu de l’étrangeté, plutôt que de s’afficher, ces éléments s’infiltraient subrepticement dans le rock de Calla, ils se faisaient oublier, jouant avec le sentiment de familiarité dégagé par le groupe, accentuant délicatement le spleen de certains titres, donnant naissance avec bonheur à une forme de post-rock presque accessible et parfaitement accomplie.

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