Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

RIDDLORE, AKIN, DREYF - 21 Sound Bar - 26 novembre 2008

, 22:15 - Lien permanent

Ce soir, ce n'était pas comme d'habitude au 21 : le bar était bondé, ça débordait même dans la rue adjacente, et certains, différents des habitués, ressemblaient pour de bon à des fans de rap. Ce public, d'ailleurs, on lui demandera plus tard de lever les bras et de faire du bruit, comme il se doit pour tout amateur de hip-hop. Il faut dire que l'affiche différait des autres fois. Avec un rappeur français, un MC "conscient" venu de Floride et un virtuose du mic issu du Project Blowed, on brassait large. On allait bien au-delà du rap indé habituel, et des artistes du gouffre en provenance de la foisonnante mais méconnue scène canadienne.

RIDDLORE, AKIN, DREYF - 21 Sound Bar - 26 novembre 2008

Le premier à s'y coller est donc un de nos compatriotes dénommé Dreyf, engagé pour cette première partie par l'intermédiaire de nos amis du site True Duke. Notre rappeur français, ma foi fort logiquement, va donner dans le rap français, avec toutefois, par moment, des paroles plus récréatives que nombre de ses congénères, notamment quand il entonne un titre à la gloire des comics et des super-héros. Malheureusement, le jeune garçon est desservi par une voix peu tonique et par des conditions techniques difficiles. Malgré la présence d'un chauve surexcité qui s'emploie à chauffer le public, celui-ci se refuse à réagir, il n'obéit que mollement quand on l'exhorte à se manifester avec force gestes et cris.

Car manifestement, ce public fourni n'était pas venu pour le Français. Akin, de Cyne, aura donc plus de succès. Pourtant, rien d'exceptionnel dans son rap de base engagé, propre et conventionnel. Rien de bien charismatique chez ce rappeur qui, comme les deux autres présents ce soir, sera desservi par sa petite taille en ces lieux combles et exigus. En revanche, comme toujours chez Cyne, et chez la plupart de ses camarades de la scène de Miami, son classic rap est transcendé par des beats fins et ciselés. Ce qui ne donne pas grand chose en live dans un bar, mais donne envie de se tourner vers Starship Utopia, le dernier album du groupe.

Sans surprise, le meilleur était donc pour la fin. Personne, en effet, ne soutient la comparaison quand un rappeur issu du Project Blowed déploie son phrasé hyper-rapide et malléable devant un public conquis d'avance. Et même si Riddlore?, de CVE, dégage moins de charisme qu'un Ellay Khule, à titre de comparaison, même si sa prestation est gâchée un instant par le chant doucereux d'une inconnue (sa compagne, me dit-on), voire pire, par le rap sans voix d'un hurluberlu en dreadlocks, lunettes et bonnet péruvien, même si ça vire parfois au grand n'importe quoi, c'est mieux, tellement mieux que tout ce qu'on a pu voir avant.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet