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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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GRAND PIANORAMAX - The Biggest Piano in Town

, 22:20 - Lien permanent

Le vrai jazz rap. Pas celui qui a fait florès au début des années 90. Pas ce hip-hop qui a fait du jazz la source essentielle de ses samples, mais qui les a soumis en fait à ses propres principes (une boucle qui tape, un rappeur qui tue). Pas ce rap qui, avec plus ou moins de réussite, s’est violemment approprié le genre, non. Mais son contraire exact, un jazz qui emprunte des éléments à son lointain descendant, sans toutefois se départir du goût prononcé pour les improvisations, les arabesques, les solos et autres audaces formelles, qui fait toute sa nature. Voilà ce que propose en somme cet étrange projet de Léo Tardin, un pianiste genevois qui s’est distingué par le passé en remportant un prix de solo au festival de Montreux.

GRAND PIANORAMAX - The Biggest Piano in Town

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Pour l’accompagner dans cette tâche et sur ce second album, ce Suisse a choisi de se faire seconder par quelques batteurs, Deantoni Parks (collaborateur de Mars Volta, Tom Waits et John Cale, entre autres) et Adam Deitch (50 Cent, Talib Kweli, The Game), ainsi que par les rappeurs anglo ou francophones Invincible, Spleen, et par l’ami Mike Ladd pour une démonstration, osons l’oxymore, de spoken word convaincant. Dans le même genre, collabore également Celena Glenn, slammeuse aperçue du côté de Cocorosie. Et comme si cette liste d’invités ne suffisait pas, la coloration rap de l’ensemble est soulignée aussi par le titre ironique du disque.

Mais le hip-hop, ici, n’est que décorum. Ce sont les pianos et autres claviers (Minimoog, Fender Rhodes) les stars de cet album. Ils virevoltent et partent dans de longues échappées haletantes, sans pour autant, et c’est là le grand mérite de Léo Tardin, verser dans le confort lénifiant du nu-jazz, ni dans toute autre tentative crossover douteuse, qui aurait sacrifié tout intérêt à cet enfer pavé de bonnes intentions qu’est l’ouverture d’esprit. L’annonce de ce projet avait beau déborder de gros mots dégoûtants comme "slam", "spoken word", "jazz crossover" ou "rétro-futurisme", finalement, tout cela s’avère fluide. C'est une bonne surprise.

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