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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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DEBMASTER - Marvelous Dump

, 22:15 - Lien permanent

Allez savoir pourquoi, les principales discussions qui ont précédé la sortie de ce disque ont porté sur les couleurs chamarrées de la pochette. Elle est pourtant très bien cette pochette, et pas si surprenante si l'on se rappelle l'image très humoristique et décalée qui ornait déjà l'album précédent de Debmaster. Surtout, aussi bien que le titre, elle donne le ton de cette nouvelle sortie, elle annonce on ne peut mieux son contenu musical : un contenu dingue, complètement dingue.

DEBMASTER - Marvelous Dump

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Ce disque est dérangé, au propre comme au figuré. Il est tout en électronique ludique et naïve, en overdose de beats tordus qui vous agressent les oreilles, mais qui savent également se montrer terriblement attractifs. Comme sur Monster Zoo, donc, Debmaster veut faire des tubes, il recherche la satisfaction immédiate, mais sans renoncer au bruit, aux parasites et aux scories. Il nous emmène dans un monde de délire dont Super Mario et le hip-hop (représenté par une poignée de rappeurs, dont les habitués Existereo et Innaspace) se disputent la suprématie.

Notre beatmaker angevin entreprend de réconcilier ces deux musiques électroniques qui ont eu, naguère, le malheur de divorcer : la vulgaire, la pêchue, celle qui fait danser le Macumba ; et celle, sale, compliquée et expérimentale, qui contribue tant au bonheur des nerds. Et il y parvient presque. D'accord, c'est vrai, il faut l'admettre : parfois c'est trop. Ces beats déglingués qui donnent envie de bondir aussi niaisement qu'un danseur de pogo, sont épuisants. A mesure que le disque égrène ses morceaux rentre-dedans, on perd pied, on plie, on supplie, on crie grâce. Mais après, ça repart, et on goûte ce disque pour ce qu'il est : un vrai cauchemar pour les mauvais coucheurs et pour ceux qui boudent leur plaisir.

Comme l'alcool, quand il est consommé en abondance, Marvelous Dump gratte les gosiers, il génère des maux de tête et il fait voir des éléphants roses ; mais il est addictif et pourrait bien devenir le meilleur compagnon de nos folles soirées. A consommer avec beaucoup de modération, donc. Ou sans la moindre, c'est selon.

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Commentaires

1. Le mardi 13 janvier 2009, 12:14 par popetienne

c'est marrant
je lis ton billet et je me dis : ce disque a tout pour me plaire, tout pour moi
et je déteste (enfin j'ai pas plus poussé que ça)
DEbmastique, je hais même
c'est pas souvent
et c'est principalement pour ses prestations live (celles que j'ai vu en tout cas), sa manière de concevoir les rythmes
il a dû être batteur ce gars, moi je suis juste bâtard tu me diras
mais bon billet tout de même !

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