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ASTRONAUTALIS - Pomegranate

, 22:17 - Lien permanent

Par ici, on l'aime plutôt bien, Astronautalis. Avec Why?, Buck 65 et Ceschi Ramos, il est l'un de ceux qui réussissent le mieux le mélange entre indie rock, folk et rap. Parce qu’il reste quelque chose de son passé de battle MC dans son chanté / rappé, et qu'il sait faire preuve d’une virtuosité maîtrisée, il parvient à naviguer sans douleur et sans couture d'un style à l'autre, sans que cela ne jure jamais.

ASTRONAUTALIS - Pomegranate

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Toutefois, il faut savoir rester honnête et dénoncer ce qui péchait sur son deuxième album. The Mighty Ocean & Nine Dark Theaters était plus fignolé, plus constant et plus abouti que You and Yer Good Ideas, certes. Mais de ce fait, il en perdait aussi l'intensité. Le disque, impeccable sur tous les autres points, pâtissait légèrement de son côté trop lisse, trop net, trop propret, trop pensé. Et malheureusement, sur ce troisième album, même si notre folk-rappeur a remplacé le très délicat Radical Face (Morr Music) par le producteur John Congleton (Explosions In The Sky, Modest Mouse, Polyphonic Spree), ce défaut s'accentue.

Plus que jamais, Andy Bothwell cherche à faire œuvre. Le packaging est classieux et le disque regorge de références savantes, à commencer par ce titre qui nous parle de ce fruit défendu qu’est la grenade, symbole de la fertilité chez les Anciens Grecs. Aussi, cette fois, plutôt que de nous faire partager son intimité, notre rappeur atypique nous fait revivre les Guerres de l'Opium ou nous emmène chez William Robertson Smith, l'homme qui a plaidé pour une analyse historique des Saintes Ecritures. Il s’engage toujours plus profondément dans le concept, en donnant des titres de romans à ses morceaux, ou en se la jouant "4'33"" avec un "Most Important Track on the Album", qui se traduit par trois minutes de silence.

Concocté avec plus de soin que jamais, Pomegranate est un album agréable. Mais la musique y est parfois si riche que cela en devient trop confortable (écoutez par exemple le florilège de violons, de piano et de percussions de "Secrets of the Undersea Bells"). Au final, seule une petite poignée de titres émerge de cette longue croisière sans remous : "Two Years Before the Mast" par exemple, plus relevé que le reste de l'album, où Astronautalis joue de tous les registres de raps et de chants qu'il connaît, et où il est accompagné par la jolie voix de Sarah Jaffe ; et "The Case of William Smith" avec son chant hargneux et sa trompette mariachi.

Ces deux titres nous rappellent que l'ami Andy n'est pas n'importe qui. Mais ils ne suffiront pas pour que cet album intègre cette année la liste de nos chouchous.

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