THA PUMPSTA - Bass Black Treble White
Par codotusylv le vendredi 7 novembre 2008, 22:30 - Hip-Hop - Lien permanent
N'ayant pas froid aux yeux, Tha Pumpsta a choisi d'être le Blanc qui fait du Dirty South. Dis comme ça, ça sent le joke rap à plein nez. Pourtant, parfois, ça marche. Démonstration sur ce second album.

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Le hip hop a toujours aimé les concepts, les télescopages de styles, les MCs improbables. Et par chance, les créneaux sont nombreux en la matière, les possibilités infinies, il y a l'embarras du choix.
Tiens, prenez Jeremy Parker, alias Tha Pumpsta. Venant de l'endroit qu'il faut pour cela, Atlanta, notre grand blondinet a choisi d'être le Blanc qui fait du Dirty South. Son second album est donc une violente décharge d'électronique sale où il marie du crunk, du Miami bass et d'autres formules à base de basses tonitruantes, à sa voix agressive de vilain petit canard white trash à la Eminem. Notre MC va même jusqu'à reprendre le "Whoomp! There It Is" de Tag Team ("Whoop Revisited"), un hit qui a changé sa vie, et clamer bien haut le slogan "Kill Whitie!".
Pour que le choc des couleurs soit encore plus voyant, la pochette, les vidéos bonus et le titre, dont les mots sont empruntés à Martin Luther King, jouent franco du contraste entre noir et blanc. Et pour couronner le tout, notre homme se lance dans l'album concept, déclarant que la moitié de ses titres symbolisent les sept péchés capitaux (associés, une fois n'est pas coutume, à la couleur blanche), l'autre les sept vertus.
Bon, dit comme ça, ça sent le joke rap à plein nez, Tha Pumpsta se la joue ironique, assumant tout autant qu'il tourne en dérision cette propension qu'ont eue de nombreux Blancs depuis Elvis à s'accaparer sans vergogne les musiques noires. Pourtant, ce rap bouncy, rentre-dedans, coquin et irrévérencieux fonctionne à peu près aussi bien que son équivalent black. L'album est loin d'être constant et irréprochable, c'est d'ailleurs la loi du genre, mais ça défouraille souvent comme il faut dès l'endiablé "1987" d'ouverture. Le duo "Move It" avec une certaine Autumn pourrait aussi bien chauffer les dance-floors, tout comme le percutant "Octopus Armed" et le "Whoop Revisited" cité plus haut.
Bon, tout cela ne suffit pas à faire de Bass Black Treble White un must-have, ni le début d'une déferlante. Mais ça justifie qu'un article du Washington Post, il y a trois ans, ait décrit Tha Pumpsta comme le chef d'un file incontesté d'un nouveau mouvement composé tout entier de sales Blancs mal élevés, amateurs de hip hop dans ce qu'il a de plus outrancièrement et caricaturalement black.