Milled Pavement / SIQ Records :: 2008 :: acheter ce disque

Au vu de leurs dernières sorties, j'avais juré de ne plus m'intéresser ni à nomar slevik, ni à Moshe, ni même à la scène rap indé du Maine en général, exceptés pour les plus talentueux Sontiago et JD Walker. Oui mais voilà, je ne suis pas un être fiable. Et comme A Haunter's Workshop débute par ce qui nous semble une évidence, à nous autres Européens, une évidence pas forcément reconnue comme telle de l'autre côté de l'Atlantique, comme l'album, disais-je, commence par un discours qui nous rappelle que, non, désolé, Dieu n'existe pas (avec un petit côté paranoïa conspirationniste en plus...), et quand on ajoute à cela cette pochette pour le moins... singulière, forcément, ça incite à en savoir plus.

Donc, finalement, voilà, le rappeur nomar slevik (oui, ça s'écrit sans majuscules) et le producteur Moshe, unis au sein du duo The Tules, auront droit à une session de rattrapage sur ce site. Mais pour pas grand chose en fait. Excepté le point religion du début, il n'y a pas vraiment de quoi se mettre sous la dent avec cet avant-hop sombre, obscur, paranoïaque, mais sans choc ni surprise. Bref, tout est comme d'hab’ avec nos deux lascars, qu'ils sévissent ensemble ou en solo. Moshe explore, explore, explore avec ses productions alambiquées, mais n’aboutit nulle part, et slevik entonne ses raps avec l'urgence et la voix d'un chanteur de rock alternatif de seconde zone.

Il y a tout de même un moment où les deux arrivent à convaincre, quand, sur une instrumentation électronique et robotique, nomar slevik se lamente avec Syn the Shaman sur l'inintérêt de ses journées de labeur ("Waiting to Fight"). Ce morceau là, oui, est très bien. Mais pas sûr qu'il me fasse réviser mon jugement de plus en plus définitif sur ces deux bonshommes et sur leur rap progressif laborieux et poussif.