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LAPSED & NONNON - The Death of Convenience

, 22:11 - Lien permanent

Pour leur première collaboration, Lapsed, Nonnon et leurs invités s'emploient à produire un hip-hop électronique rêche et pas facile. Voilà donc à coup sûr une sortie qui ravira les amateurs de rap tarabiscoté, même si elle n'est pas nécessairement la meilleure dans le genre.

Ad Noiseam :: 2007 :: acheter ce disque

Ce disque sorti chez Ad Noiseam est la collaboration de deux adeptes de hip-hop mutant. Le premier, l'Américain Lapsed, de son vrai nom Jason Stevens, est un habitué du label allemand, où il a sorti deux albums solos de glitch-hop à la edIT. Pour sa troisième expérience, il a décidé de pousser plus loin dans le hip hop en s'acoquinant avec un deuxième larron, Dave Madded alias Nonnon, turntablist de son état, et en invitant ci et là quelques MC's, à savoir Non Genetic des Shadow Huntaz, ces bons vieux Bleubird et Subtitle, et un certain Buck Dexter. Vu le programme, vu surtout ce titre qui nous annonce la fin du confort, il n'est pas surprenant de découvrir sur ce disque un rap malmené, une musique électronique expérimentale et syncopée adepte du rebrousse-poil.

Et de fait, le seul titre spontanément accrocheur ici est celui d'un autre, soit un remix de "Hapless Plastic" par une autre de nos vieilles connaissances, leur compagnon de label Raoul Sinier (l'autre remix, celui très dépouillé d'un des meilleurs titres de l'album, "Surge", par Mothboy, est également très réussi). Les sons de Lapsed & Nonnon sont aussi sombres et triturés que ceux offerts par Ra, mais plus froids, plus cliniques, plus austères. Ils tapent, ils sautillent, ils vrombissent, ils crachotent, ils dérapent, ils parasitent. Les beatmakers torturent des voix avec succès, usent de boucles minimalistes, multiplient les ruptures et d'inflexions. Tout cela a été préparé méticuleusement, avec du travail et de la suite dans les idées, les deux précisant qu'une centaine de samples ont été disséqués avec soin pour parvenir à ce résultat.

La philosophie du duo est claire, il l'explique sur l'interlude "Ad Noiseam", parodie de dialogue entre nos artistes iconoclastes et un patron de label circonspect : Lapsed et Nonnon refusent la facilité et veulent aller à l'encontre des habitudes. Ceci dit, ce discours n'a lui même pas grand chose d'inhabituel, et d'autres ont déjà creusé les ornières dans lesquelles avancent les auteurs de The Death of Convenience, avec parfois davantage de succès, de façon plus éclatante et plus marquante. Mais quand bien même ce disque n'est ni le meilleur ni le premier du genre, son quota de trouvailles et de sons dérangés aura largement de quoi satisfaire les amateurs de hip hop tarabiscoté.

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