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BOBA FETTT – Meisters Des Universum

, 21:57 - Lien permanent

Mmmmh, un DJ allemand pas facile qui se prend pour un personnage de Star Wars, qui fréquente nos amis d'Afterlife et qui adopte une pose de la mort sur une pochette d'album du meilleur goût. En voilà un projet alléchant ! Voilà qui donne envie d'en savoir plus !

Groove Attack :: 2007 :: acheter ce disque

Mmmmh, un rappeur allemand pas facile qui se prend pour un personnage de Star Wars et qui adopte une pose de la mort, déguisement à l'appui, sur une pochette d'album du meilleur goût. En voilà un projet alléchant ! Quelle perspective intéressante ! Je vous vois déjà frémir d'impatience et vous exclamer à voix haute "mais qu'est-ce qu'ils sont encore allés chercher chez Fake For Real pour se faire remarquer, il serait temps de revenir à des vrais disques au lieu de vouloir faire le malin". Ouais, d'accord, pas faux. N'empêche, certains tendront sans doute un peu plus l'oreille quand ils apprendront qu'outre une flopée de rappeurs teutons, Ellay Khule, Riddlore et NGA FSH sont de la partie, creusant plus loin leurs connexions allemandes après avoir côtoyé ce bon vieux Taktloss.

Ce qu'il y a d'étonnant avec cette scène rap berlinoise, c'est cette peur de rien, cette culture du paradoxe, cette aisance à marier la street culture à ce parangon du nerdisme qu'est Star Wars (Boba Fettt, qui a de la suite dans les idées, a également intitulé Episode VII l'une de ses mixtapes), cette habileté à mêler avec le plus grand naturel des sons bien grossiers dignes du hip hop le plus vulgaire ("Meisters des Universum"), des samples tonitruants ("Guter Mensch"), du guitar rap plus léger ("Lichtsturm"), de la nu-soul sirupeuse ("Quetschkommode"), du double-time dans la langue de Goethe, du rap introspectif ("Los!"), le phrasé dingue de nos amis californiens (dont les paroles se résument à une célébration de cette collaboration transcontinentale), avec parfois les rythmes bouncy qui vont avec ("Last Time") et des beats plus tordus à ne pas mettre entre toutes les oreilles,

Sur ce premier album après 10 années d'activisme, l'ancien DJ Zett fait feu de tout bois et ne recule devant aucun artifice, et surtout pas le plus facile. Il sombre parfois dans l'ennui et se complait souvent dans le grotesque. Mais globalement, ça s'écoute sans se forcer. En mariant tout et son contraire, notre Allemand fait du hip hop pour tout le monde, comme il le précise sur le très réussi "Für Immer". Avec ce disque, notre chasseur de primes intergalactique n'a sûrement pas trouvé la recette pour conquérir l'univers et en devenir le maître pour de bon. Mais au moins de quoi satisfaire notre saine curiosité pour le hip hop international.

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