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COMPILATION - Once a Hue, Always a Hue

, 21:56 - Lien permanent

Cette fois, c'est sûr. Avec cette compilation un peu fadasse faite d'avantage de guitares et d'effets électroniques que de raps, le patron du label japonais Hue montre qu'il n'aime pas vraiment le hip hop. Mais cela ne cesse pas pour autant d'en faire un homme de goût.

Hue / Inpartmaint Inc. :: 2007 :: acheter ce disque

Cette fois, ça n'est carrément plus du hip hop.

Ca ne l'était déjà qu'en partie du temps du très recommandable Hue and Laugh and Cry. En se voulant le défricheur de la scène rap indé post-Anticon (terme bien malheureux qui laisse penser à tort que ces artistes sont des suiveurs, alors même qu'un Ceschi a su produire ces dernières années des disques plus passionnants que ceux du label à la fourmi), la première compilation dévoilait des titres sérieusement métissés de pop, de folk ou d'électronique. Mais formellement, dans l'ensemble, ça restait grosso modo du hip hop. Alors que là...

La nouvelle compilation commence par un artiste Morr Music, Radical Face, dont le rapport avec le genre se limite à ses beats pour les disques folk rap d'Astronautalis, également ici présent. Et elle se poursuit avec les titres les moins hip hop des artistes les moins hip hop de la scène hip hop internationale, Américains (Astronautalis, Ceschi, Neila, Otem Rellik…), Canadiens (Factor, Nolto…), Belges (Nomad, Siaz), Italien (Giardini Di Miro via Nuccini!) et, pour cette fois, un beau contingent de Français (AndrRomak, Pastry Case, Pierre the Motionless). Ici et avec tous ces gens, ça rappe un peu, mais les guitares et les effets électroniques ont la part belle, les mélodies prennent le pas sur le rythme, les épanchements se substituent aux prouesses techniques.

Ceci dit, et même s'il faut s'attarder quelques temps dans l'écoute pour passer outre l'apparence fade de l'ensemble et pour oublier l'impression d'éternel amateurisme dégagée par certains, Shin Ohsaki montre une fois de plus qu'il sait faire preuve de discernement. Même s'il laisse passer ce parangon de nerdisme qu'est le "Sea an Enemy" de Flowtation Addvice et quelques autres du même acabit, ce qu'il retient de toute cette scène n'est pas le plus mauvais. Par exemple, quand il sélectionne un morceau de l'album raté de Filkoe, "Sa-Crow-Peah", il vise le haut du panier. Le "Firm Ground" de l'Entropy Project, la collaboration entre la rappeuse Neila et le producteur Factor sur "One Last Word", sont malgré tout des inédits qu'il fait plutôt bon connaître. Les deux titres de Nomad montrent qu'il est décidément l'homme talentueux de Zucchini Drive, malgré cette voix d'homme-enfant triste susceptible d'en énerver plus d'un. Et bien sûr, Ceschi est toujours impeccable, que ce soit en solo sur "Crowded City" ou dans le cadre du projet Deadpan Darling avec Blue Sky Black Death.

Ce n'est certes pas avec tout cela que le patron du label japonais se montrera un véritable fan de rap. Il n'aime dans le genre que ce qui ne lui ressemble pas. Mais il sait encore se montrer en homme de goût, même sur cette compilation un peu plus insipide que la précédente, et a donc bien raison de se proclamer "Hue un jour, Hue toujours".

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