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UNKLE HO – Roads to Roma

, 21:58 - Lien permanent

Avec ce premier disque solo éclectique, original et bien fichu, l'Australien Unkle Ho réussit ce qu'il n'a jamais vraiment accompli avec The Herd : un album malicieux et réjouissant d'un bout à l'autre ou presque.

Elefant Traks :: 2005 :: acheter ce disque

Un Australien d'origine chinoise qui donne dans un hip hop instrumental parcouru de samples world et de musique gitane. Non, ce n'est pas un nouveau concept foireux, ce n'est pas une simple vue de l'esprit. Ceux qui connaissent la scène des antipodes qui a donné naissance à The Herd et à Curse ov Dialect le savent bien. Ils se sont familiarisés avec ce live hip hop tout fou où les musiques slaves, arabes, indiennes ou jamaïcaines copulent allègrement les unes avec les autres, où elles explosent joyeusement tout ou partie des codes du rap. Ces amateurs avertis connaissent même peut-être Kaho Cheung, alias Unkle Ho, producteur du premier groupe mentionné, principal animateur d'Elefant Traks et illustrateur des pochettes des disques sortis sur ce sympathique label.

Sorti en 2005, Roads to Roma est le premier album solo d'Unkle Ho. Et sur ce disque, si l'on excepte la prestation d'Urthboy sur "Shoot from the Hip", le beatmaker s'affranchit davantage encore des standards du hip hop. Il y tourne le dos aux paroles et au rap politique de The Herd, il laisse libre cours à sa fantaisie avec onze titres où se mélangent avec adresse, sans que cela ne jure, cuivres de cirque, orgues de barbarie, violons slaves, échos dub, chansons rétro et sonorités orientales, dans un immense patchwork, parfait reflet d'Enmore, le quartier cosmopolite et chamarré de Sydney où le producteur est basé.

Ici, Edith Piaf entonne un chant tronqué sur un fond reggae ("Diabolical Dual"), le duo local Apsci, signé la même année par les gens de Quannum, s'exprime sur l'addictif "Rock the Damn Kremlin", le tube de l'album, et un accordéon crépusculaire joue un trio mélancolique avec une guitare et une trompette sur le très réussi "Prayer". Tout cela est si bien fichu qu'avec ce side project, Unkle Ho réussit ce qu'il n'a jamais vraiment accompli avec The Herd : un album malicieux et réjouissant d'un bout à l'autre ou presque.

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