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THAVIUS BECK - Decomposition

, 21:30 - Lien permanent

Les fans de Thavius Beck prétendent souvent que c’est son meilleur disque. Pourtant, Decomposition est également celui où les défauts du beatmaker sont les plus manifestes.

THAVIUS BECK - Decomposition

Mush :: 2004 :: acheter ce disque

Souvent, quand il est question de prouver la valeur d’Adlib, ses fans acharnés citent ce disque. Decomposition serait l’un des meilleurs disques de l’ex Global Phlowtations, peut-être même le plus abouti. Pourtant, c’est aussi celui où les défauts du beatmaker californien sont les manifestes. Sur cette sortie pour Mush, la première qui soit autre chose que confidentielle, celui qui se fait également appeler Thavius Beck abuse. Il y a quelque chose de facile dans cette froideur excessive, dans ces percussions tarabiscotées, dans ces voix trafiquées, dans ces guitares affolées et dans ces nappes "en veux-tu en voilà". Il y a le même excès et la même lourdeur qui ont empêché le très attendu disque de Labwaste sorti peu de temps après de remplir ses promesses. Sur Decomposition, le titre porte l’ambition de l’expérimentation, et Thavius Beck porte ostensiblement une blouse de laborantin. Mais l’habit ne fait pas le moine, et cette fois au moins, ça ne le transforme pas en génie.

Decomposition n’est pas dénué d’intérêt, pourtant. Il impressionne même parfois, comme sur ce "Music Will Be the Death of Us All" et cette longue litanie où une voix robotique égrène le nom de tous les rockeurs médiatiques des 80’s. Certains titres produisent l’effet désiré, comme "What Lurks in the Darkness" avec son piano inquiétant et ses mots allemands en arrière-plan. Et quand surgit un rappeur, par exemple Subtitle et son flow d’androïde sur "June Gloom", ou Longevity sur les guitares folles de "Demons of Destruction", l’emphase et l’outrance de la musique fonctionnent. Mais ailleurs, c’est trop, c’est exagéré, c’en est même saoulant ("Some Call It the End", "Exercise Caution", l’interminable "Amongst the Shadows") et à la limite du Grand-Guignol. Tout est cousu de fil blanc, comme ce contraste téléphoné entre des percussions traumatisantes et cette jolie mandoline déjà samplée chez l’ami Epic. On n’y croit tout simplement pas. Le fait que ce disque effraierait les puristes du hip-hop (et encore, il pourrait tout aussi bien être leur caution "expérimentale") n’en fait malheureusement pas un chef-d’œuvre.

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Commentaires

1. Le dimanche 29 juillet 2007, 12:28 par Christian

Oui, voila. Tu décris parfaitement ce que je ressens en écoutant Thavius Beck.

2. Le dimanche 29 juillet 2007, 13:14 par Fake For Real

J'aime quand même beaucoup certains de ses disques, comme Thru et les International Beats.

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