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JOE BEATS - Diverse Recourse

, 22:21 - Lien permanent

Le beatmaker Joe Beats ne cesse de surprendre, en bien. Au début, c’était le tâcheron des Non Prophets, un producteur tellement dans l'ombre de son MC que c’est davantage en solo qu'avec lui que Sage Francis s'est distingué. Puis en 2005, il y eut ce fameux Indie Rock Blues, une série très convaincante de remixes rock indé qui lui permit de recueillir à son tour la faveur des critiques.

JOE BEATS - Diverse Recourse

Bully Records :: 2007 :: acheter ce disque

Après ce disque, toutefois, il était encore permis de douter de Joe Beats. On pouvait encore penser que la réussite de son CD mixé tenait davantage au génie des titres originaux qu’au sien propre. Mais aujourd'hui, ce Diverse Recourse sorti récemment chez Bully Records, le label montréalais spécialisé dans les sorties instrumentales des producteurs phares du rap indé, confirme que l’ancien producteur de Sage Francis a lui aussi sa part de talent.

Sur ce Diverse Recourse qui se présente comme la suite d'un album passé au nom similaire (Reverse Discourse) et dont le tracklisting reprend le compte là où ce disque l'avait laissé, à la The Roots, ce sont des titres originaux que Joe Beats nous propose. Mais le son demeure proche d’Indie Rock Blues, jusqu’aux voix suggestives et évanescentes de "Live My Life" et "Doing The Nothing", et même s’il manque des hits de l’acabit des remixes de Songs:Ohia et Make-up.

Rythmiques pesantes et heurtées, samples délicats d’instruments de toute nature, sons vaporeux, incursions timides dans d’autres genres (le dub sur "Sleep or Bust", un jazz joyeux sur "Merc Ret") : c’est la formule éprouvée et mille fois entendue d’un abstract hip-hop archétypal qui nous est servie. C’est appliqué, sans surprise et sans originalité. Mais c’est parfaitement maîtrisé.

Avec ces titres souvent trop courts pour laisser place à l’ennui, et qui montent en puissance, cet équilibre parfait entre l’entrainant et le méditatif, ce sens de la rupture bien senti (le passage soigné de "Big Eyed Son" à "The Buzz Off"), Joe Beats a tout bêtement trouvé et appliqué la recette qui fait les bons disques.

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