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CYNE - Time Being

, 21:28 - Lien permanent

Normalement, ce type de rap est mortellement ennuyeux. Rien de plus lassant, en effet, qu'une brochette de rappeurs engagés et bien-pensant qui déclament leurs prêchiprêchas convenus sur des beats mollassons. Pourtant à Miami, chez Botanica del Jibaro, la formule convainquait. Sans doute parce que ses artistes, très proches de la scène électronique locale, ne plaçaient pas toutes leurs forces dans les paroles, qu’ils comprenaient ce qu'était un son, une composition.

CYNE - Time Being

Botanica del Jibaro :: 2003 :: cyne.net :: acheter ce disque

Les maxis raps issus de la Beta Bodega Coalition et de Counterflow Recordings ont généralement été bons, mais leurs artistes n'ont pas toujours concrétisé sur album. Ce Time Being ramassé sur 32 petites minutes, cependant, a été une exception. Cet opus de Cyne, le premier, et aussi le dernier avant qu'ils ne rejoignent un label allemand, est le plus solide jamais proposé par cette scène, représentée ici par les rappeurs Cise Star (Clyde Graham) et Akin (Akin Yai), et par les producteurs Speck (Michael Gersten) et Enoch (David Newell).

Quand on s'appelle "Cultivating Your Own Experience", il est évident qu’on cherche à jouer les sages, que l'on privilégie les territoires du rap "conscient". Et chez Cyne, en effet, on aime la gravité, la contrition et les platitudes politiques. Mais les beats, organiques, chaleureux et soignés, font ici toute la différence.

Sur "Papermate", le groupe nous fait le coup de l’inspiration divine, mais le sample asiatique est brillamment choisi. Sur "Steady", où ils reviennent à l’époque de la lutte pour les Droits Civiques, le chant féminin confère au tout une distance plutôt bienvenue. La sempiternelle question noire est soulevée sur "Samura's Optic", cependant, les "vrais" instruments et les craquements de vinyle donnent au tout une certain épaisseur. Le jugement est le même sur l’excellent "First Person", le titre le plus remarquable de l'album, aussi son plus mélodique, avec sa guitare presque ensoleillée et son étrange chant médiéval.

L’ennui, finalement, ne pointe son nez qu’avec d’inutiles interludes et la boucle sans saveur de l’autobiographique "Self Exam", soit quasiment jamais, et moins que sur tout autre disque issu de cette scène. Et de fait, même si le Cyne suivant, Evolution Fight (2005), a aussi ses moments, Time Being demeure à ce jour le meilleur point d’entrée vers l'univers Counterflow et Botanica del Jibaro.

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Commentaires

1. Le vendredi 31 août 2007, 10:50 par Vicman

Faut être idiot pour penser que dans les centaines d'albums rap existant de ce style, ils soient tous chiants excepté celui-là, il y en a plein d'autres, j'te cite par exemple "a piece of strange" de "cunninlynguists", qui n'a aucun des "beats mollassons" dont tu parles.

2. Le vendredi 26 septembre 2008, 16:07 par Chitane!

C clair! Bon exemple!
Bien qu'on adore CYNE!

3. Le mardi 4 février 2014, 13:18 par codotusylv

@Vicman : Je note seulement maintenant ce commentaire.

La remarque est superflue, on dit qu'en général, le rap conscient c'est chiant, pas que c'est le cas de tous les albums sortis dans ce style.

Un commentaire pour rien, quoi.

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