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COMPILATION - We Are 2-99 Vol. 1

, 22:20 - Lien permanent

Le label russe 2-99 a tout ce qu’il faut : le bon goût, la culture, l’éclectisme, l’envie d’aventure et de nouveautés, l’ouverture d’esprit et une productivité intense. Il lui manque juste un artiste phare, un porte-voix, une personnalité singulière capable de casser la baraque.

2-99 :: 2007 :: acheter ce disque

Parce qu’il distribue dans son vaste pays les disques de Side Road et de Clothes Horse Records et parce qu’il a réédité cette année dans un package plus abouti un vieux CD-R sympathique du Shapeshifter Existereo, le label 2-99 fait office de succursale russe du rap indé. Ces moscovites viennent même de recueillir Lotek, ex Big Dada. Mais la structure fondée par Georg Korg et par son compère Pale Bullet sort aussi et à tire-larigot les albums d’artistes locaux dans la même veine, dont certains ont déjà été présentés ici. C’est ce que nous rappelle cette nouvelle compilation conçue pour célébrer les 3 ans du label où, derrière cette jeune femme en pochette au look terriblement Europe de l’Est (on la voit à l’intérieur prendre un peu de bon temps), se mêlent des extraits des albums passés et des inédits à retrouver sur de futures sorties.

Sur cette compilation, le label russe montre qu’il a tout ce qu’il faut : le bon goût, la culture, l’éclectisme, l’envie d’aventure et de nouveautés et une productivité intense. C’est formellement le type de rap que l’on aime, tendance sombre et menaçante. Toutefois, quelque chose cloche, un palier n’a pas encore été atteint. Même si leurs musiques respectives n'ont pas grand chose à voir, 2-99, c’est un peu NTM : une interprétation tout à fait présentable d’un certain rap nord-américain (pas le même, hein), mais qui peinerait à avoir une quelconque résonnance à l’extérieur de son pays. Il est gênant aussi de remarquer, mais la langue russe y est peut-être pour quelque chose, que les titres qui s’émancipent du hip hop fonctionnent mieux que ceux qui sont rappés, dans l’ensemble rasoirs si l’on excepte quelques curiosités comme le très noir et très lent "Кофе" de Граверы.

La pop électronique d’Unlockedoor fonctionne toujours autant sur "Low Voltage". Et "След домой", un instrumental funky d’Шум tout en guitares fuzz, se montre plutôt chouette. Le rappé chanté à guitare et synthé de Атлична! est pas trop mal non plus sur "В районах жарко", tout comme la sympathique ritournelle électronique "Arpegio Study No.1" d’Urbanite. Mais à l’inverse, le rap sombre d’un Kunteynir et celui de Georg Korg lui-même sur "H.A.P." et sur "Вряд ли" peinent à convaincre. De fait, il manque encore l’essentiel à 2-99 : un artiste phare, un porte-voix, une personnalité singulière capable de casser la baraque. Car de l’ouverture d’esprit à l’originalité, il y a encore un pas que Georg Korg et sa bande n’ont pas fini de franchir.

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