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BABEL FISHH - The Use of Of

, 22:30 - Lien permanent

C’est une immense bouffée de n’importe quoi comme seul le rap du gouffre sait nous offrir. Des fois, l’envie est forte de les balancer par la fenêtre, Babel Fishh et son disque. Mais il y a tout de même, éparpillés ici ou là sur The Use of Of, quelques vrais moments de jouissance.

BABEL FISHH - The Use of Of

Autoproduit :: 2005 :: acheter ce disque

C’est un grand numéro, une immense bouffée de n’importe quoi comme seul le rap du gouffre sait nous offrir. Babel Fishh est un rappeur blanc du Texas et il compte bien profiter de cette singularité. L’homme arbore en effet le stetson et se lance quelquefois dans la country ("Another Away We Go", "Booze County Chaw Chums"). Mais il ne s’arrête pas là. Oh que non. Ce Texan fou se pose en héritier du Beck le plus éclectique et le plus délirant, en plus rap et en plus dérangé encore, avec des titres cuisinés à toutes les sauces et qui changent de direction sans prévenir. Il y a des flûtes fatiguées sur un tambourin et des rythmes latins ("The Out of Place Knife"), des sons horribles tirés d’un synthé des années 20 ("Ing"), des crépitements électroniques ("Altered For Examples"), un harmonica joué par un alcoolique, des bruits de flippers ("Bad Book And The Dust Layer Origin"), et d’autres choses encore. Et à force, on ne sait plus trop quand un morceau commence et à quel moment il finit.

The Use of Of est un foutoir, tant et tellement que Babel Fishh lasse. Son rap qui ne doute de rien est parfois si irritant ("Warning Whistle", "Favorite Color Grey") que l’envie est forte de les balancer par la fenêtre, lui et son disque. Mais si l’on est un tant soit peu adepte du jeu de piste, on pourra dénicher sur ce disque des instants de jouissance. Sur le premier titre country cité, par exemple, sur ce "Walmart is Satan" délicieux comme un bon vieux punk rock d’antan, et avec les percussions de ce "Snowball Gainings" en crescendo, l’un des rares titres normaux de l’album ("formatés", diraient les bêcheurs), l’un des plus anticoniens, aussi. A l’écoute de ce disque, on ne doute pas un instant que Babel Fishh est bourré de talents. Mais maintenant, il va falloir donner une forme un peu plus lisible à tout cela. Si toutefois l’extravagant rappeur texan accepte cette mission, ce qui n’est pas acquis.

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