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PSYKICK LYRIKAH - Acte

, 21:59 - Lien permanent

Psykick Lyrikah cède à l’une des tendances de fond des années 2000. Auteur en 2004 d’un album de hip hop français plus qu’honorable, un exploit en soi, le groupe s’est lancé cette année dans le guitar rap.

Idwet / La Baleine :: 2007 :: acheter ce disque

Psykick Lyrikah cède à l’une des tendances de fond des années 2000. Auteur en 2004 d’un album de hip hop français plus qu’honorable, un exploit en soi, le groupe breton s’est lancé cette année dans le guitar rap. Enfin, le groupe, c’est vite dit… Comme l’indique la pochette, les principaux protagonistes de ce disque récent ne sont en fait que deux. Pour cette nouvelle aventure ne reste que le MC, Arm, et il a troqué ses beatmakers habituels pour le guitariste Olivier Mellano. L’expérience, en elle-même, n’est pas une vraie surprise. Il y a eu des antécédents, comme la participation du musicien à Des Lumières sur la Pluie, et sa contribution au projet Hamlet menée par la compagnie l'Unijambiste. Avec un titre pareil, Acte, ce nouvel album pourrait d’ailleurs être vu comme un rejeton de cette expérience musico-théâtrale.

Comme sur le dernier disque issu de cet Hamlet, la guitare de Mellano échafaude sur Acte de somptueuses compositions post-rock orageuses, augmentées ici d’accords bluesy ("Rétines Larges"), là d’accents funky ("Histoires"), ailleurs de phases plus cristallines ("Près d’une Vie", "L’Aurore"). Quant à Arm, c’est toujours un très bon rappeur, avec une diction claire et percutante, une talent certain pour les allitérations, un vrai sens musical, malgré ce débit qui confine parfois à la monotonie.

Toutefois, il y a un problème. Le seul souci, le détail qui gène avec ce rap mutant de première classe, et c’était déjà le même du temps des Lumières sous la Pluie, c’est la gravité excessive du rappeur, ce ton noir et sentencieux, cette poésie premier degré, ce sérieux qui cède à l’ennui et qui devient parfois aussi pénible qu’un festival de slam retransmis sur France Inter. Le principal défaut de ce disque, c’est son côté rap pour les profs, c’est le risque qu’il prend de faire fuir des amateurs de belle musique qui, avec de la persévérance, auraient trouvé leur compte sur les fort jolies pièces que sont "Près d’une Vie", "Rétines Larges", "L’Aurore" et "La Poursuite".

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