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XNDL - Still There

, 21:35 - Lien permanent

Avec son Still There bien ficelé mais jamais exceptionnel, le producteur allemand XNDL s’inscrit dans une longue tradition d’artistes : ceux qui valent davantage pour leur rôle d’activistes et de passeurs que pour leurs qualités musicales propres.

Subersiv*Rec :: 2007 :: acheter ce disque

Sur cette toile d’araignée globale qu’est la scène rap indé, XNDL représente l’Allemagne. Grâce à son action à la tête de l’Offbeat Network et à la cinquantaine de disques qu’il a sorti sur son propre label, Subersiv*Rec, le beatmaker a contribué à faire connaître en Europe les artistes de labels aussi différents qu’Anticon, Botanica del Jibaro, Plague Language et Clothes Horse Records. Ses connexions l’ont même conduit à produire quelques albums, notamment ceux de Rushya et du quatuor international Gunporn. Bref, l’Allemand est un activiste, un passeur, l’une de ces personnes vitales pour toute scène musicale, sans lesquelles aucun artiste, même le meilleur, ne saurait trouver son public.

Mais ces personnes sont rarement les artistes les plus inspirés. Certes, Still There s’écoute sans déplaisir. Cette sortie instrumentale est celle d’un homme de goût. Cependant, à l’instar de l’album de Gunporn, tout cela a un côté un trop lisse et trop sûr de son coup, pas assez hanté. C’est le disque typique d’un vrai fan de musique, pas celui d’un artiste. Seul l’haletant "Still There", choisi à bon escient pour rejoindre la compilation Calderas Of Mind l’an passé, se distingue et montre un peu de coffre, de même que l’assez proche "Fubar" et que "Cyberbilly". Mais le reste est un peu plat, et la présence occasionnelle d’une poignée de MC’s ne relève pas énormément la sauce. S’il se passe un tout petit quelque chose quand s’entend la voix trafiquée du charismatique Demune sur "Broken Demons" ou celle de Time sur "Mudhoney", les sons de soso se font regretter sur la version couci-couça du "Days’n’Times" d’Epic.

Et puis quelle surprise que de voir une personne habituée à explorer les marges du rap produire des sons électroniques assez banals, vieillots même, avec tous ces cuts-up, ces glitches, ces nappes et ces breakbeats qui donnent l’impression d’avoir été entendus 100 fois. Bref, Still There est un album en demi-teinte. Alors, pourquoi donc en parler ? Parce qu’XNDL mérite bien quelques lignes, et maintenant, alors même que son label vient de mettre clé sous porte, plus que jamais.

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