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OH ASTRO - Champions of Wonder

, 21:44 - Lien permanent

Le Champions of Wonder d'Oh Astro soulagera tous ceux qui ont été échaudés par Hello World : ce premier album se montre sensiblement moins radical que l'étrange EP qui l’a précédé. Toutes proportions gardées, il serait même plutôt agréable.

Illegal Art :: 2007 :: acheter ce disque

Plus sobre que celle toute en couleurs flashy du EP Hello World, la pochette de cette nouvelle sortie d’Oh Astro semble indiquer que Jane Dowe et Hank Hofler ont mis de l’eau dans leur vin, qu’ils sont devenus moins radicaux que sur leur disque précédent, qu’ils partent moins dans l’expérimentation à tout va. Et de fait, sur Champions of Wonder, ce duo de l’Illinois, couple à la ville, a mis la pédale douce côté expérimentations. Sans renoncer aux bizarreries et aux excentricités, les deux époux ont laissé plus d’espace à leurs mélodies de poche, ils les ont laissées respirer, elles sont moins étouffées dans ce magma d’effets électroniques qui dominait l’inclassable Hello World, dans cette overdose de glitches et de voix filtrées qui donnait l’impression que votre chaîne hi-fi était en rade. La recette est la même que sur Hello World et elle est conforme au principe du label Illegal Art : sur Champions of Wonder, tout n’est que samples découpés, manipulés et triturés dans tous les sens à l’aide d’un logiciel conçu par Jane Dowe elle-même. Mais ces petits tubes aux contours technoïdes ou ambient que l’on devinait autrefois, ces bouts de mélodies funky et dansantes, sont devenues nettement plus audibles.

Ce ne sont toujours pas les originaux qu’on entend (des chansons de pop grand public pour la plupart), mais de nouveaux titres sans rapport avec la matière de base, même si certains samples sont parfois identifiables, comme celui issu du "Hello" de Lionel Ritchie sur l’entraînant "Hello Fuji Boy". Ce dernier titre se montre particulièrement plaisant, mais il n’est pas le seul. Accompagnée d’une jolie mélodie au synthé, la voix féminine découpée en rondelles de "Snow Queen" fait mouche aussi, de même que le sautillant "Candy Sun Smiles", que le dansant "Journey to the Center" et que la jolie mélodie finale de "Pet Apples". Et même si, facétieux, le couple ne peut se passer d’expériences difficiles à ingurgiter, comme l’a cappella vocodeurisé de "Lucy Sees the Moon", la pluie de glitches de "Itch Box" et le chant d’enfant de "Robot Love I Love You", le disque dans son ensemble se montre tout à fait plaisant.

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