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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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SIXTOO - Jackals and Vipers in Envy of Man

, 21:48 - Lien permanent

Aucun rap, aucun effet, rien qui dépasse sur ce nouvel album chez Ninja Tune. Bref, de l’abstract hip hop académique et sans saveur. Jusqu’à ce qu’une écoute prolongée et répétée en dévoile finalement les charmes et rappelle que Sixtoo n’est pas exactement n’importe qui.

Ninja Tune / PIAS :: 2007 :: acheter ce disque

Encore des beats de feignant ! C’est un sentiment de frustration qui domine après les premières écoutes du deuxième album de Sixtoo sorti chez Ninja Tune. Sur celui-ci se succèdent 13 plages sans titre et qui sentent à plein nez l’abstract hip hop faisandé. Il n’y a aucune originalité, aucun temps fort. Ces morceaux ne dévoilent pas la moindre surprise, aucune n’a la force d’une chanson. Aucun des motifs répétitifs qui parcourent le disque n’a la moindre vertu hypnotique. Surtout, ces titres se ressemblent tous, il n’y a pas la moindre variété. Bref, ça sent presque le foutage de gueule, un peu comme ce très court It's the Mindfuck Yo! Sit your Ass Down... sorti par le même l’an dernier chez Bully Records. Mets ta grand-mère en face des machines adéquates, et elle te sortira la même chose en un après-midi.

Mais comme c’est Sixtoo, on ne peut pas baisser les bras comme ça. Alors, après une poignée d’écoutes infructueuses, on oublie l’album quelque temps, on le laisse reposer, et on y revient un peu plus tard, l’esprit débarrassé de tout espoir superflu, et presque par hasard. Et là, ce n’est plus tout à fait le même disque. Il y a cette piste 4 par exemple, où dialoguent intelligemment de fortes percussions et quelques éléments électroniques, parfois accompagnés par le son d’une guitare ou d’une mandoline, avant de s'achever par un piano. Ou encore cette sixième qui sait jouer des changements de tempo. Ou cette plage 7 assez haletante, au moins sur sa première moitié. Il y a même de la diversité, finalement, avec le dub du neuvième morceau. Et la formule en guitare et piano du titre final brosse aussi dans le sens du poil.

Plus que jamais, Sixtoo s’est débarrassé de tout effet, de tout sample superflu, de toute accroche, et il n’a pas laissé de place non plus à la moindre parole, au moindre rap. Mais finalement, même si Jackals and Vipers in Envy of Man n’est pas le sommet de sa discographie, le Canadien est toujours l’amoureux du bel ouvrage que nous suivons avec grand intérêt depuis la fin des Sebutones.

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Commentaires

1. Le dimanche 9 décembre 2007, 18:01 par G.T.

J'ai été un peu dubitatif moi aussi face à cet album, le trouvant tour à tour ennuyeux puis hypnotique et envoûtant... mais en fin de compte, c'est l'envoûtement qui a gagné. Donc.. je suis assez d'accord, ce n'est peut-être pas un album magistral, mais un bel album tout de même...

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