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ODDJOBS - Drums

, 21:32 - Lien permanent

Malgré ses longueurs et ses imperfections, Drums a été le disque le plus représentatif d’Oddjobs avant l'éclatement final du groupe des Twin Cities et son départ vers de captivantes nouvelles aventures.

Third Earth Music :: 2002 :: acheter ce disque

Sorti en 2002, Drums est le meilleur témoignage de ce qu’a été Oddjobs. Pas un chef d’œuvre, pas un album exempt de tout reproche. Trop long, trop riche, gargantuesque même, l’album avait ses longueurs, il manquait même parfois de consistance. Mais, sorti entre les premiers EPs du groupe et un Expose Negative annonciateur de nouvelles aventures, enregistré juste après qu’un troisième MC, Nomi, ait rejoint le quartet du Minnesota, il est le disque le plus représentatif du style de rap proposé en son temps par ce groupe emblématique du hip hop du Midwest.

Deux ans après, Drums portait sur long format la formule éprouvée en 2000 sur le remarquable Absorbing Playtime, soit un rap de facture académique mais enrichi ingénieusement par de "vrais" instruments, une sorte de live hip hop du Midwest, comme si The Roots rencontrait Atmosphere. Plusieurs plages de l’album perfectionnaient cette recette, la toute première, un admirable "Time Flies" agrémenté de basse, guitare et flûte où le groupe célébrait la joie des retrouvailles, ou encore l’orgue entraînante de "Blue Collar Holler", les cymbales et le refrain au synthé de "The Shopkeeper’s Wife", et la basse et le saxophone déchirants de ce "Dry Bones" qui, remixé par Aesop Rock et par Vast Aire de Cannibal Ox, accroîtrait sensiblement la notoriété d’Oddjobs.

Quelquefois, on devinait déjà que le groupe souffrait déjà de quelques démangeaisons, qu’il se sentait à l’étroit, que le format rap serait bientôt trop limité pour lui, par exemple sur ce "Shore" reggae, voire sur le très jazzy "Wolves in Wool". C’est le cas également du premier volet de "Dream for Molle", relecture d’un extrait du Glassworks de Philip Glass. Mais sur le reste de ce très bon morceau en trois parties, comme sur l’ensemble de l’album, c’est bien le Oddjbobs typique que l’on entend, celui où la musicalité des instrus faisait oublier avantageusement les raps interchangeables et parfois ternes des trois rappeurs, la matrice d’aventures à venir et aussi captivantes que celles de ces Power Struggles, Kill the Vultures ou Roma di Luna qui naitront trois ans plus tard des cendres du groupe.

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