Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

SAGE FRANCIS - Human the Death Dance

, 22:15 - Lien permanent

Les beats ne sont pas toujours le point fort de cet album. Mais cela n’a pas tant d’importance, Sage Francis s’appréciant avant tout par les paroles, sur ce disque globalement aussi bon que les précédents.

Epitath / PIAS :: 2007 :: acheter ce disque

"This is hip hop for the people, the people, stop call it emo".

De toutes les sorties mémorables déclamées par Sage Francis sur son dernier album, celle qui retentit dès "Underground for Dummies" a sans doute été la plus reprise et la plus commentée, et cela n’est pas sans raison. Notre MC a beau rapper énormément à la première personne et sur des sons quelquefois déchirants, il n’est pas le chialeur narcissique que le terme détestable d’"emo" suggère. Certes, Sage Francis ne donne jamais dans le matérialisme clinquant, il se lance parfois dans des textes hallucinés inhabituels au genre ("Clickety Clack"), son flow peut se muer en léger chantonnement ("Keep Moving"). Mais plus que n’importe quel indie rappeur, son attirail est celui du hip hop des origines : jeux de mots et exercices ludiques, punchlines, humour acide ("Got up this Morning") ou charge contre les wannabe rappers ("Midgets & Giants"). A aucun moment, ce n’est du rock déguisé en rap : Sage Francis est hip hop.

Et il en est de même des beats. Avec Odd Nosdam, Alias, Buck 65, Sixtoo, Reanimator et d’autres, Sage Francis a convoqué l’aréopage des beatmakers de la galaxie Anticon. Les guitares sont très présentes ("High Step"), la boucle est malmenée et dépassée. Mais ce sont toutefois des sons démonstratifs, tonitruants et excessifs, grossiers mêmes (quand même, ce synthé sur "Call me François"…), qui dominent, une musique destinée toute entière à porter le rap extraverti de Sage Francis. Seuls font exception à cette démarche fonctionnelle les deux passages produits par Mark Isham, compositeur de musiques de films dont le titre le plus réussi ici est "Water Line", l’onirique et classieux "Black Out on White Night" et les guitares et violons explosifs de ce "Going Back To Rehab" produit par Ton Inhaler. Pour le reste, la musique serait presque accessoire, tant Sage Francis s’apprécie par les paroles, sur ce disque d'un niveau globalement comparable à celui de ses prédécesseurs.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Commentaires

1. Le dimanche 29 juillet 2007, 11:11 par Judananus

En pré-commandant cet album, Strange Famous Records offrait sa version instrumentale en cd, un cadeau que j'ai trouvé, également, assez accessoire. Je ne suis pas sûr de l'avoir écoutée plus d'une fois.

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet