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BRAD HAMERS - Ligature

, 19:53 - Lien permanent

Chez Brad Hamers, ce qui compte, c’est les textes, ce sont ses envies de poésie. Et pour que ce soit clair, il sort un disque sans son, sans accompagnement musical, avec tout juste ses paroles hallucinées. Pourquoi pas, mais à la longue, c’est tout de même un peu lourd à avaler.

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Brad Hamers adopte la bonne démarche : le hip hop, il s’en fiche. Parce qu’il a été baigné dans cette musique, parce qu’il a grandi avec, comme la plupart des Américains de son âge, ses albums avec Phlegm ou sous son nom se rattachent bon an mal an au genre, par défaut. Mais le bonhomme n’a jamais vraiment cherché à faire un disque de rap, il l’a ouvertement déclaré. Ce qui l’intéresse, c’est la poésie, c’est la possibilité de déclamer ses vers quel qu’en soit le véhicule. C’est ainsi qu’il est parvenu à livrer en 2004 ce très bon disque de post rap, de post emo rap pourrait-on dire, qu’était The Cut-Ups of a Paper Woman.

Brad Hamers se moque du hip hop. Selon lui, seuls les textes présentent un intérêt et il le prouve mieux que jamais sur Ligature, un nouveau disque sans beat, sans la moindre parcelle d’accompagnement musical, destiné à être le premier d’une série de sorties spoken word. Pour que les choses soient claires, pour que l’attention se porte exclusivement sur les textes, il n’y a plus qu’eux, il n’y a plus que les paroles et les images hallucinées des sorties précédentes. Tout juste Hamers se permet-il un fond évanescent et une voix amplifiée sur "Knots of Leaf Piles", étouffée sur "Wood and Staple" ou saturée sur "Test113759".

En conséquence, et même si la plupart des titres sont courts, la pilule est un peu dure à avaler. La musique, ce n’est tout de même pas ce qu’il y avait de plus dégueulasse sur les albums précédents. Et là, elle manque cruellement. D’autant plus que le ton de Brad Hamers se fait terriblement monocorde. Ce n’est pas du rap, ce n’est même pas du slam, malgré un grand effort d’articulation et un phrasé théâtral : c’est de la récitation. Des effets stylistiques comme les accélérations de "Seat24RowE" rompent très temporairement la monotonie, mais ce n’est pas suffisant. Pour trouver un intérêt à cette sortie limitée, numérotée et infiniment personnelle, il faut aimer la poésie, ne jamais écouter ce disque de 45 minutes de bout en bout, avoir une compréhension parfaite de l’anglais et être un fan hardcore de Brad Hamers. Et il ne doit pas se trouver grand monde pour respecter chacun de ces critères.

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