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MAINTENANCE CREW - Simple is the Way it's Spoken

, 20:58 - Lien permanent

Le nouveau Maintenance Crew est la copie conforme du précédent, l’excellent Eternal Sunshine of the Simple Mind. Mais en moins bien, en plus lassant, en tellement homogène qu’à la longue, l’overdose menace.

McDonaldize Society :: 2007
main10crew.com :: acheter ce disque

Ce fut l’une des bonnes surprises hip hop de ces dernières années. Inconnus dans leur propre pays, à peine moins en France où ils furent révélés par le webzine Bokson, le trio de Chicago réactivait en 2005 un rap que l’on croyait sénile et dépassé depuis la fin des années 90 : boom bap was back. Avec Eternal Sunshine of the Simple Mind, il redevenait possible de frissonner sur des boucles jazz tirées au cordeau et sur des raps bourrés d’observations politiques et sociales. Anachronique, le premier Maintenance Crew était le disque classic rap parfait, celui qui redonnait vie aux meilleurs moments de la décennie précédente. Inutile donc de préciser avec quelle impatience était attendu son successeur.

Un saxophone, un piano jazz et des basses à faire décoller le papier-peint ouvrent l’album. Avec une telle introduction, il est clair que Simple is the Way it’s Spoken sera fait de la même matière que son prédécesseur. Ce rap soigné, ces boucles composées presque exclusivement des deux instruments précités, plus une trompette mélancolique ("Smoke Break"), un orgue suave ("LovRock") et des percussions très pesantes, est strictement le même que celui d'Eternal Sunshine… Cette fois encore, de nombreux titres s’avèrent irréprochables, comme "The Side of the Sunshine", "Travel’in", "That's Me", "Yellow Rain", ainsi que le soutenu "Tale of Two Sinners". Plus que jamais, le jazz rap est à l’honneur, jusque sur ce "Jazzback" où il est rendu hommage à Tribe Called Quest. On y retrouve même un nouveau rap en laotien ("Appletree").

La surprise, cependant, est passée. Et ce nouveau Maintenance Crew n’a pas l'intensité de celui d’avant. Il manque des morceaux de la classe d'"Eternal Sunshine", des coups de génie capables de rendre digeste ce long disque monolithique. A la fin, l’ennui pointe le bout de son vilain nez, l’overdose menace. D’autant plus que les chicagoans finissent ce nouveau disque par un saxophone sirupeux ("Is It A Chryme?"), très déplacé après toute cette austérité et ce "Simple is...Free" qui aurait fait une si jolie conclusion. Vu de loin, Simple is the Way it’s Spoken est extrêmement proche de Eternal Sunshine of the Simple Mind. Pourtant, c’est ce dernier qui reste le plus recommandé des deux albums sortis à ce jour par le Maintenance Crew.

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