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El-P - I'll Sleep when You're Dead

, 22:04 - Lien permanent

La rumeur n’était pas complètement infondée : I’ll Sleep when you’re Dead révèle quelques bonnes surprises. On n’attendait tellement rien de Def Jux, on s’était tellement détachés de celui qu’on avait adoré, qu’on avait oublié que l’ancien producteur de Co-Flow était capable d’un "Overly Dramatic Truth". Mais il ne faut pas s'emporter non plus. Avec ce nouveau disque, El-P ne justifie pas son statut de génie.

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La rumeur favorable qui a précédé ce disque n’était pas complètement infondée : I’ll Sleep when you’re Dead révèle quelques bonnes surprises. Il y a encore ce qui rendait Fantastic Damage imbuvable, ce hip hop progressif bavard, cette surcharge, cette pyrotechnie et ces effets Grand-Guignol qui font regretter l’austérité de Funcrusher Plus et l’emphase éloquente de The Cold Vein. Mais cette fois, il y a davantage qu’un "T.O.J." pour sauver la mise. Ce deuxième album solo propose plusieurs bons titres, celui d’ouverture par exemple, ce "Tasmanian Pain Coaster" élaboré avec The Mars Volta, ou cet "Habeas Corpses" déclamé avec Cage et où El-P renoue avec la science-fiction. Et surtout, et surtout, cet intense et excessif "Overly Dramatic Truth", pièce centrale de l’album, le genre de titres pour lesquels El-P mérite qu’on lui dresse des statues et qu’on le considère éternellement comme un génie.

The Mars Volta sur "Tasmanian Pain Coaster", Catpower sur "Poisenville Kids No Wins", et Trent Reznor aussi, sur le pénible "Flyentology". Le nom de certains invités ne trompe pas sur l’autre bon point de l’album, sa coloration rock, idéale pour appuyer le numéro d’homme en colère et les visions apocalyptiques du rappeur. Non pas qu’il soit systématiquement bon de mêler des guitares à son rap. Loin s’en faut. Mais ça va toujours mieux quand on s’assume, et l’ami El-Producto, qui a toujours eu un fond rock inavoué, maîtrise plutôt bien ce genre d’exercice. Le titre où le côté rock est le plus visible et le plus réussi, c’est encore "The Overly Dramatic Truth". Je lis peu les critiques ignorants et légers qui, contre toute évidence, n’ont cessé de répéter mécaniquement que Def Jux était un label hip hop aventureux et brillant. Sans aucun doute, ils ont continué à le faire à propos de cet album, par paresse et par automatisme. Mais cette fois, même si ce n'est toujours pas l'extase, ils ont eu un peu moins tort que d’habitude.

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