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RJD2 - The Third Hand

, 21:27 - Lien permanent

Normalement, tout était réuni pour que ce soit mauvais : un producteur hip hop surestimé qui s’invente pop singer, des chansons fades, un semblant d’amateurisme. Mais au final, The Third Hand n’est pas si mal.

XL Recordings / Beggars :: 2007
rjd2site.com :: acheter ce disque

J’étais dans les starting blocks. Ce nouveau disque de RJD2, je m’apprêtais à lui tomber dessus à bras raccourcis, à l’étriller, à le démolir, à le détruire avec délectation, avec un relent de plaisir sadique. En toute logique, il ne pouvait être autre chose que mauvais. Après avoir fait du rap de deuxième classe et du trip hop de seconde zone, malgré quelques coups de génie passagers, RJD2 ne pouvait proposer autre chose que de la pop ratée. C’était mathématiquement obligatoire. Les premières écoutes de The Third Hand m’ont d’ailleurs conforté dans mes préjugés, elles ont renforcé mes doutes : mélodies insipides, voix transparente et sans charisme, paroles insignifiantes, chansons d’une platitude à toute épreuve. Non, franchement, rien à sauver. Tout juste allais-je lui accorder quelques écoutes de plus par acquis de conscience.

Et bien m’en a pris, car The Third Hand, au fond, n’est pas si mal. N’allez pas croire tous ceux qui, après avoir porté RJD2 au pinacle, le vouent aux gémonies à cause de ce changement de style. Faites encore moins confiance à ceux qui, défavorables au bonhomme depuis le début, ne cachent plus leur détestation. The Third Hand est pas mal. L’exercice était d'autant plus casse-gueule que Monsieur Dead Ringer ne s’est pas cantonné au crossover hip pop ou folk rap auquel se livrent nombre d'artistes issus comme lui de la vague indie rap. Lui est passé carrément de l’autre bord. Il reste de son passé abstract hip hop des percussions synthétiques, des collages musicaux et quelques plages instrumentales ("Get It", "The Bad Penny", "Paper Bubble"), mais le reste est presque exclusivement fait de pop psychédélique 60’s à la Beatles ou à la Zombies. Et s’il faut trouver une référence récente, c’est du côté d’Elliott Smith qu’on doit aller chercher, tant cette voix falote posée sur des chansons délicates rappelle parfois le regretté chanteur ("Someday").

En nettement moins bien, certes. Mais le suave et fade The Third Hand contient tout de même quelques jolis morceaux comme ‘You Never Had It So Good’ et son piano entraînant, "Reality", la synth pop de "Sweet Piece", l'orgue de "Beyond the Beyond", les cordes sautillantes de "Law of the Gods" ou surtout "Work it Out". Etrangement, l’album de cet artiste confirmé sonne comme s’il venait d'un amateur, mais cette maladresse le rend attachant, surtout pour quelqu’un qui n’a jamais été outrancièrement impressionné par Dead Ringer. RJD2 a été tant surestimé autrefois qu’il faudrait veiller aujourd'hui à ne pas partir dans l’excès inverse et condamner trop rapidement ce nouveau disque.

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Commentaires

1. Le samedi 23 juin 2007, 19:21 par Newton

Cet "album" est une bulle vide. Sans âme, juste de la musique.
Sans intérêt.

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