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QWEL & MEATY OGRE - Freezerburner

, 22:35 - Lien permanent

Deux ans après l’impeccable The Harvest, Freezer Burner se veut le second volet d’une série d’albums dédiés aux quatre saisons. Malheureusement, la comparaison avec son prédécesseur ne sert pas forcément ce disque, même s'il est un plutôt bon cru pour Qwel.

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"Musicalement, je pense que Qwel a la capacité de faire des choses très différentes avec des tas de producteurs".

C'est ce que nous confiait Maker en 2005 dans une de nos interviews. Et en effet, le rappeur chicagoan s’est essayé aux sons de plusieurs beatmakers depuis ce début des années 2000 où nous avons commencé à le suivre. Pourtant, la formule Qwel a peu varié d’un disque à l’autre. Il déclame toujours ce rap continu et irrépressible, il le débite encore sur ce ton caractéristique où se mêlent le désespoir et l'urgence. Et les beats, quel qu’en soit le concepteur, se ressemblent finalement toujours. Il n’y a pas d’alternative avec le flow de Qwel, le sons finissent toujours par se noyer dans ce mélange de noirceur, d’insistance et de langueur qui va si bien au phrasé incoercible du rappeur, dans cet espace étroit où se côtoient la fascination et la monotonie.

La dernière fois c’est, à Meaty Ogre, l’auteur du mitigé Leo vs. Pisces, l’un des producteurs attitrés de l’écurie Galapagos, qu’est revenu ce rôle d’accompagnateur. Sans atteindre les fulgurances de The Harvest, ce dernier disque est plutôt un bon cru. Et les quelques signes distinctifs de ce Freezerburner (il en a tout de même quelques uns), par exemple ces quelques sonorités rock ("Saved", "The Cyclops", "Don Quixote", et d’autres encore), conviennent plutôt bien à notre MC. Parmi les arguments en faveur de ce disque, il y a aussi l’assemblage de cordes et de guitare fuzz de l’enlevé "Elijah the Prophet", et plus encore ce "Cabin Fever" à l’orgue torride et implacable, nouveau morceau de bravoure à mettre à l’actif du rappeur.

Après, certes, c’est du rap conscient, sympathique quand Qwel rend hommage aux classiques hip hop du passé ("Saved"), mais nettement plus casse-bonbon quand se manifeste cette volonté nigaude de s’élever spirituellement. Surtout qu’ici, ça tourne au rap chrétien franchement douteux ("High Tithe" ou "ouais, c’est comme ça qu’on est un vrai catho"), voire carrément obscurantiste quand le MC s’en prend à la théorie de l’évolution ("MachineGun Monkey")... Mais comme il n’a jamais été interdit de faire abstraction du sens, rendons tout de même justice à cette nouvelle sortie et reconnaissons que Freezerburner est à ce jour le meilleur album de Meaty Ogre (certes, il n’en a sorti que deux…), et un disque tout à fait acceptable pour Qwel.

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