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STEREO TYPED - Stereophonic Travelers

, 21:57 - Lien permanent

Des trois premiers albums sortis par les gens d’Avenue of the Arts, Stereophonics Travelers n’est pas le plus réussi. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit quantité négligeable, vu la qualité des sorties proposées jusqu’à ce jour par le collectif de l’Arizona.

Avenue of the Arts :: 2006 :: acheter ce disque

Stereophonic Travelers, c’est un peu le retour au rap indé de la fin des années 90. Le phrasé est précis, affuté et menaçant, les boucles sont sombres, le rythme lent et marqué, les basses lourdes, de nombreux scratches virtuoses pimentent les tout et les paroles vont du rap conscient au registre science-fiction, en passant par les "big up" et les "peace" aux amis rappeurs et la célébration des quatre éléments. Tout cela ne sonne pas vraiment nouveau. Pour peu, avec leur musique opressante, les rappeurs Beatnic the Enforcer et Ame Doogan et leur DJ Blesd1 nous rameneraient au temps où le premier album de Styles of Beyond était la grande sensation de l’underground hip hop. Mais Stereo Typed, c’est aussi un trio membre d’Avenue of the Arts, un collectif qui, à ce jour, n’a pas encore déçu. Et leur disque n’est pas quantité négligeable, même s’il ne dépasse pas le Synchronicity de Courdek, meilleur album sorti à ce jour par ces gens de l’Arizona.

Une fois de plus, ce sont les sons qui font la différence chez AOTA. Un grand soin est apporté aux beats. Outre des scratches qui arrivent toujours à propos, Stero Typed sait jouer des ruptures, des mouvements, du changement de ton entre le couplet et le refrain. Et surtout, c’est dosé, équilibré, bien senti, comme toujours chez nos amis de Phoenix. Les trois usent d'effets (sons d’outre-tombe, par exemple), mais n’en abusent pas. "Circles", ce "Vice Device" dont le beat évoque l’excellent "Keep It" d’Anglo-Saxon, "Busy Bodies" et sa guitare, le rétro et jazzy "Listen" et le très laid-back "The Lost Always Flex" sont tous de très bons morceaux. Il y a juste trois défauts qui empêchent d’adhérer complétement à ce disque : un, contrairement à Unplug ou à Synchronicity il ne comporte aucun tube ; deux, il est nettement moins divers et plus monolithique ; trois, il est vraiment trop long. C’est là aussi un deuxième point commun avec beaucoup de disques rap indé de la fin des 90’s. Le troisième étant que cette formule dont nous avions fini par nous lasser semble ici presque aussi fraîche qu’au premier jour.

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