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JOHN SMITH - Growing Pains

, 21:43 - Lien permanent

Ce n’était donc pas qu’un faux pas. Sur ce troisième album, John Smith confirme ce qu’on craignait avec le précédent. Il file un bien mauvais coton, il est bel et bien perdu pour ses fans de la première heure.

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Ce n’était donc pas qu’un faux pas. C’est encore le vilain John Smith au flow forcé et postillonnant de Pinky’s Laundromat qui est à l’ouvrage sur ce troisième album, et pas celui plus posé et subtil de Blunderbus, l’un des meilleurs albums de ce qu’il est convenu d’appeler la grande époque de Peanuts & Corn, maintenant que ce temps semble définitivement révolu. C’est aussi une production sans inspiration où mcenroe, autrefois le plus constant et le plus talentueux des producteurs canadiens, n’est plus que l’ombre de lui-même, avec ces guitares infâmes ("Take a Look"), ce funk de bas-étage ("Intro"), cette formule piano/violon éculée ("Smoke 'Em If You Got 'Em"). Comme d’autres titres déjà proposés par Peanuts & Corn, celui qui donne son nom à l’album ironise sur l’âge du rappeur. Les notes de pochettes reviennent aussi sur ce blues du trentenaire. Avoir consacré une bonne partie des dix dernières années au hip hop pour se retrouver au même point est sans doute frustrant.

Mais la solution, c’est la persévérance, plutôt que ce phrasé et ces sons grossiers qui forment l’intégralité de cet album vendu comme le plus accessible de John Smith. Les exercices vocaux de celui qui se fait également appeler Sloppy Joe et les beats frustes sortis par son producteur n’ont jamais été aussi pompiers, avec une prime pour l’abominable "Crimson Paint". Comme l’époque des grands disques P&C n’est finalement si lointaine, il y a tout de même quelques beaux restes. Deux, très exactement : "Carry Me", et ce portrait de has been surmonté de cuivres étirés et de banjo qu’est le conclusif "What Gets you Over". "Money out" aussi, dans une moindre mesure, est sauvable. Mais cette fois, cela ne suffira pas à préserver notre cote d’amour pour John Smith, pour mcenroe et pour leur label. Que les vieux fans se détournent, que les autres aillent découvrir Blunderbus, et qu’on ne parle plus de ce Growing Pains si bien nommé.

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