Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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YEA BIG - The Wind That Blows the Robot's Arms

, 21:59 - Lien permanent

Yea Big fait feu de tout bois. The Wind That Blows the Robot's Arms y va fort dans les glitches, les voix bidouillés, il mélange avec allégresse des éléments aussi divers que la musique arabe et les cris de poules. Cependant, cet album n’est pas fait que de n’importe quoi.

Jib Door :: 2006 :: yeabig.com :: acheter ce disque

Yea Big, c’est Stefan Robinson, un jeune garcon de Chicago qui a participé au EP Hello World d’Oh Astro déjà traité sur ces pages. S’ils ont bonne mémoire, les habitués de Fake For Real se souviendront que ce projet sorti en 2005 par le DJette Jane Dowe s’est montré particulièrement éprouvant à l’écoute, et ils ne seront pas surpris d’apprendre que ce The Wind That Blows the Robot’s Arm est fait de la même musique électronique alambiquée et difficile à digérer. Alors, pourquoi creuser plus profond, pourquoi s’intéresser plus longtemps à des personnes si éloignées des préoccupations qui nous sont habituelles ? Parce que par ailleurs, Robinson côtoie l’inénarrable Kid Static des Cankles, qu’ils s’apprêtent à sortir des disques ensemble, que Kid Static, c’est inventif et c’est vraiment très bien, et que son petit copain doit pour cela bénéficier d’un préjugé favorable.

Et puis aussi parce que The Wind That Blows the Robot's Arms n’est pas fait que de n’importe quoi, malgré sa trentaine de morceaux sur 50 minutes, en dépit de ces intitulés plus farfelus les uns que les autres (du genre "Pleasure in Contemplating Wailing and Gnashing of Teeth"), et qui sont même parfois strictement les mêmes (il y a trois "Elegant as Fuck" à la suite). Toutes proportions gardées, ce disque se révèle même beaucoup plus abordable que Hello World. A un "But We Will Try Nonetheless" près, très proche du son d’Oh Astro, et si l’on met de côté cette parenté évidente qu’ils partagent avec Prefuse 73 (en plus extrême que l’original), ce disque prend l’exact contrepied de l’autre. Là où Dowe déformait méchamment de jolies mélodies, Robinson compose, il s’ingénie à mettre le bruit en forme.

Et il fait vraiment feu de tout bois. Outre les glitches, les voix accélérées ("My Principles Far Outweigh My Common Sense") et tout le touintouin électronique habituel, Yea Big joue avec des percussions accélérées mâtinée d’une guitare folk presque normale ("Nice People Are Those Who Have Nasty Minds"), de passages méditatifs ("It Will Be Tasteful"), de cris de poule ("First Meal"), de la musique arabe ("Perverse Display Of Friendship") et de tonnes d’autres petits détails. Bref, ce Stefan Robinson a le mérite d’être inventif, et à l’occasion, il sait livrer un vrai beau morceau consistant ("Increaseth Wisdom Increaseth Sorrow"). Au final, son album est plus une expérience qu’un produit fini, mais ci et là perce le talent qui devrait aider Kid Static à sortir prochainement un nouveau disque tout à fait intéressant.

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