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CRUNK 23 - Technoshamanism

, 22:05 - Lien permanent

Contrairement à son producteur The Orphan qui a su donner un nouveau tour à sa carrière, il ne reste plus grand chose du relatif succès critique connu par Noah 23 à l’époque de Quicksand. Cependant, ce serait une bien mauvaise idée que de se désintéresser trop tôt de notre rappeur canadien halluciné.

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Qu’est devenu Noah 23 ? Curieusement, malgré trois premiers albums solos remarqués en leur temps, ce n’est pas cette forte personnalité du hip hop canadien qui a fait parler d’elle l’an passé, mais son ancien beatmaker, The Orphan, lequel se cacherait derrière le pseudonyme Blue Sky Black Death et ce récent double-album sorti chez Mush avec une pléiade de rappeurs. Pendant ce temps, l’ami Noah est resté ou est retourné dans le gouffre, il a sorti des disques confidentiels chez Legendary Entertainment, et le souvenir du succès critique de Quicksand, son deuxième album, s’est un peu effacé. Cependant, ce n’est pas une raison pour se désintéresser du bonhomme, comme le montre ce récent Technoshamanism sorti sous le nom de Crunk 23.

Crunk 23, c’est tout simplement Noah 23 associé à Crunk Chris, patron de Legendary Entertainment et beatmaker de son état, un homme qui se veut le représentant d’un crunk à la canadienne, voire d’un "Canadian Hyphy", pour reprendre l’intitulé d’un morceau avec le rappeur Lord Kufu. Ce qu’il propose sur cet album d’une demi-heure, ce sont des rythmes qui oscillent de l’éfréné au langoureux, accompagnés de sons électroniques dérangés, sombres et un peu cheap, comme le laissaient d’ailleurs penser cette pochette glauque et ce titre qui allie archaïsme à modernité.

La recette du producteur se marie relativement bien au rap halluciné et rapide de Noah 23, à ses paroles cryptiques mêlées aux vieilles rengaines egotripiques et autres rodomontades hip hop, voire à ses citations enfilées de tous les slogans jamais proclamés par des rappeurs ("Canadian Hyphy"). Il y a même quelques moments forts sur Technoshamanism, comme ce "Clairvoyant" tout en percussions ou ce "Diet Coke & Mentos", avec ses mots fielleux sur un fond musical lent mais sautillant.

Et puis pour tout dire, nous ne sommes pas forcément dépaysés par rapport aux beats sophistiqués de The Orphan. Ici aussi, la palette des sons est large, du latino "Shadow of the Past" à la nappe de synthé funky de "Blue Lotus Blunt". Là également, il y a les sons jungle chers au producteur habituel du rappeur ("Firestone", "Herbal Magic"). La transition n’est pas trop dure, les habitués entreront facilement dans ce Technoshamanism, pas l’album le plus marquant sorti par Noah 23, mais une curiosité, et la preuve que l'indomptable MC psychédélique du Canada est toujours là, et qu’il a de la créativité à revendre.

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