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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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NOBODY - Soulmates

, 22:31 - Lien permanent

Tout commence vers 1998, quand Mike Nardone tombe sur une cassette d'instrumentaux concoctés par un Californien quasiment inconnu. Séduit, le disc-jockey culte fait découvrir l'objet aux gens d’Ubiquity Recordings, qui décident de signer l’auteur. Elvin Estela alias Nobody enrichit alors cette petite compilation de travaux personnels. Et c’est un peu plus tard, en 2000, que sort un album amené à devenir une référence du hip-hop instrumental, Soulmates.

NOBODY - Soulmates

Ubiquity Recordings :: 2000 :: acheter ce disque

L’album a été prisé à sa sortie, et plus encore après, mais il n’a pas connu pour autant d'accueil triomphal. C’est, qu'en fait, il ne s'y prêtait pas. Soulmates était un disque discret et sans coup d’éclat, une longue suite contemplative, un album très jazz, mais dans l’esprit plutôt que dans le son. Car au lieu de donner dans les saxos, trompettes et pianos archi-rabâchés par le rap des années 90, Nobody a nourri son hip-hop de chambre de groove lent, de space rock et de pop psychédélique 60’s, l’une de ses marottes, qu’il développera davantage encore quelques années après sur son second album, Pacific Drift.

Cela aboutissait à quelques pièces superbes, comme la bien mal nommée "Monotone" et son piano, ou comme le magistral "Green Means" et sa guitare montée de percussions, seuls titres à se rapprocher de ce qu'aurait pu proposer un DJ Shadow. Soulmates nous offrait également des plages plus originales, comme "Sixth Sense" et sa lente guitare mélancolique, comme "Outbreak" et ses boucles de guitares parcourues d’un son étrange, puis de flûtes, ou comme les clochettes de "For Those who Never Dream". Tout cela était irréprochable, quelques titres seulement sombraient du mauvais côté de la musique molle du genou ("Syde Tryps", "Tone Therapy") et gâchaient un peu la fin du disque.

Nobody excellait sur les instrumentaux, mais pas seulement. Les titres rappés dont il avait parsemé son disque étaient du même niveau. Il faut bien dire qu’il n’avait pas convoqué n’importe qui. Outre Medusa, le beatmaker s'était arrogé les services des membres les plus éminents du Project Blowed, soient Abstract Rude (sur un "Inner Eye" un peu faible), Aceyalone en solo sur "Faces of the Deep" et la Freestyle Fellowship au complet sur un convaincant "Planets Ain’t Aligned", sans omettre un 2Mex à l’époque davantage connu par les Visionaries qu’en son nom propre, et qui se distinguait sur l’orientalisant "Shades of Orange". Tous ces "soulmates" étaient venus apporter à Nobody la petite cerise sur le gâteau, des voix et des paroles à une musique qui n’en avait pas grand besoin et qui, à quelques minutes superflues près, frisait la perfection.

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