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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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CURSE OV DIALECT - Lost in the Real Sky

, 22:04 - Lien permanent

Ils viennent d’Australie, un pays à l’autre bout du monde, loin de tout ce qui a pu se faire en matière de hip hop. Et pourtant, jamais personne n’avait avant concentré autant de sons multiethniques et internationaux sur l’espace d’un seul disque.

CURSE OV DIALECT - Lost in the Real Sky

Mush Records :: 2003 :: acheter ce disque

Dans vos dîners en ville, vous pourrez citer le nom de Curse ov Dialect, et vous vanter de connaître le nom d’un groupe de rap australien. Voilà déjà quelque chose d’assez inhabituel. Mais l’intérêt du groupe de Melbourne ne se limite pas à sa nationalité. Comme le laisse supposer la présence de ce premier album disponible à l’international sur le catalogue Mush Records, l’excellent label spécialisé dans le hip hop atypique, DJ Paso Bionic et les MCs Raceless, Atarungi, August 2, Vulk Makedonski, ne font pas dans le rap habituel, ils s’en distinguent sur bien des points. Ce qui frappe à prime abord, à l’écoute de Lost in the Real Sky, c’est cette profusion ahurissante de samples dans tous les coins. Les Australiens ne se sont pas contentés des sons jazz, funk et soul auxquels le hip hop s’est longtemps cantonné. Bien au contraire, ils illustrent et ont pris à la lettre le principe très juste selon lequel il n’y a pas de mauvais sample. Du premier titre, un ‘Baby How’ qui s’ouvre sur des bruits de ciseaux, au dernier, "Water Thicker than Blood", qui se clôt par celui d’une goutte qui tombe.

Les cinq compères se sont tous collés à la production et cela donne un impressionnant patchwork qui peut sonner médiéval ("Family Assorted"), électronique tordu ("Munro") ou reggae ("Vertical Ascension"), et qui va puiser sa musique sur tous les continents possibles. Ce qui est on ne peut plus logique pour un groupe composé d’un Maltais, d’un Maori, d’un Indien, d’un Macédonien et d’un Pakistanais d’origines, dont la première vocation était le militantisme antiraciste et dont le mot d’ordre est "all cultures bound together" (sur l’excellent "All Cultures"). Quant aux raps et aux phrasés, ils sont à l’avenant. Pour accompagner ces samples dans tous les sens, rien ne vaut un flow tout fou, un réjouissant bordel punk rap qui se mêle de géopolitique et qui ne s’interdit rien. Alors bien sûr, tout cela est trop long, trop riche, trop touffu. Mais il serait franchement dommage de passer à côté de l’hymne "Multicultural Markets" ou d’un "Upside Down Frowns" aux faux airs de Beastie Boys, mais en plus allumé encore. A défaut d’être irréprochable, Lost in the Real Sky est vraiment un album à connaître.

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Commentaires

1. Le lundi 20 novembre 2006, 11:51 par ods

J'ai toujours trouvé cet album très sympa et ''wooden tongues'' est venu confirmer tout le bien que je pensais du groupe.
Bonne chronique.

2. Le samedi 25 novembre 2006, 21:45 par Abstrakt Wormz

Je l'ai chopé apres avoir lu ce que tu en pensais et c'est clair que cest un bon album a recommander chaudement.

3. Le mercredi 6 décembre 2006, 18:49 par matimat!

Les albums sont riches et bondissants ! Vivement les lives !

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