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COURDEK - Synchronicity

, 22:39 - Lien permanent

Quand on est situé loin des scènes rap les plus exposées, en Arizona par exemple, il est difficile de se faire connaître, même à l'échelle réduite de l'underground. Et de fait, seuls quelques noms issus de cet Etat ont réussi à percer auprès du petit monde indé, comme ceux des Drunken Immortals, du label Universatile Music ou encore, pour les plus avertis, celui du groupe de live hip-hop Morse Code. Mais la scène rap de Phoenix, c’est aussi le collectif Avenue of the Arts (AOTA), qui s’est fait timidement remarquer par quelques concerts et collaborations avec des voisins californiens plus connus qu’eux, comme Busdriver, 2Mex ou LMNO.

COURDEK - Synchronicity

AOTA / Middle Ground Industries :: 2006 :: acheter ce disque

Formée d’Ill Al the Anglo Saxon, d’Ohm et des groupes The Unusuals, Central Products et Stereo Typed, cette association de rappeurs a su livrer quelques albums notables, dont le plus remarquable est sans doute Synchronicity. Ce solo du rappeur Courdek, produit par ses propres soins et par ceux de DJ Les et de Konradio des Unusuals, avait le mérite d'éviter les caricatures et de défier les catégorisations. Indubitablement hip-hop, avec ce qu’il faut de scratches, de samples et de boucles, et bâti sur l’habituel format couplet / refrain, il dépassait pourtant le classic rap et il était doté d'une couleur très "musicale", propre à ceux qui, comme Courdek lui-même, ont été formés autrefois à de "vrais" instruments.

L'album, dans son ensemble, était un modèle d'équilibre. Parsemé de sons électroniques et de vocoder ("Synchronicity", "Televisionary"), ce disque riche en sonorités et textures comportait aussi des pianos, des guitares, de l’orgue, des flûte et des cuivres moins futuristes, voire légèrement désuets. Prompt aux refrains chantés ("That One", "Float", "Judge Not", "Step Two", "Walkin’ Away"), il recelait aussi de raps véritables, et des phrasés aux rythmes trépidants ("Storytime", "Travelin’ Man"). Personnel et introspectif, porté sur le récit et le partage de tranches de vie, il n'était néanmoins pas outrancièrement "emo".

Ouvert aux autres membres d'AOTA (Al the Anglo Saxon, Mykr Fiend X, Ame et Beatnik sur le posse cut "Everyday"), il était pourtant, avant toute chose, une œuvre personnelle. Riche en leçons de sagesse (la nocivité de la télévision, la nécessité de vivre sa vie, etc.), il n'était jamais prêcheur ni sermonneur. Long, sans hit, sans prétention et sans accroche immédiate, mais sans tache, Synchronicity était un bon disque, indubitablement. L’un des plus constants, des plus équilibrés et des plus longs en bouche proposés par le rap de cette région, un aperçu plutôt engageant d'Avenue of the Arts et de la scène de Phoenix.

Merci à Benoît de A Découvrir Absolument pour m’avoir fait connaître cet artiste.

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Commentaires

1. Le dimanche 16 juillet 2006, 10:11 par geL-

Je ne l'ai pas encore reçu mais ta chronique me met l'eau à la bouche. Les extraits de son myspace m'avaient bien plu quand même.

2. Le mardi 1 août 2006, 00:10 par Newton

Bon j'aime définitivement cet album. Je l'ai reçu ce matin même et j'en ai déjà fais plusieurs fois le tour. Il a été équilibré juste ce qu'il faut; un des rares albums de cette année que j'écoute sans problèmes de A à Z.

Surtout au niveau de la production, c'est subtil, avec beaucoup de musicalité. On en viendrait à oublier les boucles et le sampling.
Je suis plus que ravi de voir que des rappeurs plus ou moins inconnus parviennent à rendre une copie de la sorte. Comme quoi, en prenant la peine de chercher un peu,.....

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