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ELLAY KHULE / THE RIFLEMAN - In My Own World

, 21:42 - Lien permanent

Il est toujours aussi difficile d’affranchir le rap d’Ellay Khule de la scène, il est toujours ardu de le domestiquer, de l’habiller des sons adéquats et de le porter sur album. Mais de cet exercice difficile, Joe Dub est encore celui qui s’en sort le mieux sur ce disque commun avec le Rifleman.

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Ils ne sont pas faciles à gérer, les gaillards du Hip-Hop Kclan. Ils sont durs à apprivoiser avec leurs flows à toute allure, Ellay Khule le premier. L’an passé, pourtant, on avait cru tenir le bon bout. Produit par la crème des beatmakers du West Coast Underground, Califormula s’annonçait comme le meilleur album du Rifleman. Fini les sons tout pourris qui avaient toujours plombé ses enregistrements. S’il y avait des gens capables de domestiquer ce rap de fou bâti pour la scène et de le doter de sons à sa mesure, ce ne pouvait être que les impeccables Omid et Nobody. Et puis non, raté. Ca n’a pas marché non plus, malgré ces précieux renforts. Depuis, c’est entendu, plié, définitif : Ellay Khule ne fera jamais de bon album. Ce constat, cependant, ne doit empêcher personne de jeter une oreille à In My Own World, ce nouveau disque produit par Joe Dub. Sans attente, sans espérance, par simple curiosité, mais avec le plaisir de découvrir quelques bonnes surprises et un opus sensiblement supérieur à son décevant prédécesseur.

C’est le principe premier du rap : plus le MC est bon, et plus il faut savoir doser. Il ne faut pas concurrencer son phrasé, il faut éviter des sons trop sophistiqués, une musique qui aurait un intérêt en elle-même, en version instrumentale. Mais en même temps, il faut habiller les mots du rappeur, les souligner, les relever. Et c’est ce qu’a parfois su faire Joe Dub. Par exemple sur "Triflin’", le hit incontestable de ce disque, avec cette ligne de basse, ce petit gimmick de guitare criard, pas grand-chose, juste ce qu’il faut. Ou encore avec la boucle de piano insistante de "Old School", un titre qui n’a pour seul malheur que de s’éterniser, histoire pour le producteur de prouver qu’il sait aussi rapper. Ou bien, plus radical, il y a cette note unique et ses rares variantes sur l’admirable "Men At Work", le meilleur morceau de l’album. Après, en dehors de ces titres, oui, il faut l’admettre, c’est globalement lassant, c’est trop long, avec tous ces titres qui n'en finissent jamais à la ‘West Present’. Mais c’est quand même ce que vous pourrez trouver de plus présentable sur long format chez ce rappeur majeur au flow décidément indomptable qu’est Ellay Khule.

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Commentaires

1. Le jeudi 7 décembre 2006, 17:10 par Nicobax

C'est surtout pas sur des prods molles du jaret (comme celles de Joe Dub, OD ou Nobody) que Khule brillera, ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'il ne s'en rend pas compte. ceci étant, quand il rappait sur des prods jazzy à l'époque de la première compile du Blowed ça donnait bien. là, les prods sont juste assez insipides (même si celles de Joe Dub s'en sortent mieux parce que plus musicales) et ça rend l'écoute un peu soporifique. quant au flow de Khule, je le trouve souvent half-ass, pas assez ou trop suivant les cas, c'est triste.

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