Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

OTEM RELLIK - Petrified Human Project

, 22:46 - Lien permanent

Otem rellik a vraiment toute la panoplie du petit blanc du gouffre qui enregistre du rap dans sa chambre : le nom à coucher dehors, le son lo-fi, une voix sans grand charisme… Et pourtant, ça s’écoute plutôt bien.

Dead Space Volume :: 2005 :: acheter ce disque

Ah ah ! Vous croyiez être allés au bout de ce genre de hip hop obtus et intimiste enregistré dans leurs chambres par des petits blancs tout juste sortis de l’adolescence ? Eh bien, non, même pas, toujours pas ! Plus loin que tout ce que vous aviez pu entendre dans le genre, plus profond dans le gouffre, il y a otem rellik. Celui dont le véritable nom est Toby Hendricks possède toute la panoplie : le pseudonyme à coucher dehors et à écrire sans majuscule, le son lo-fi, la petite voix sans charisme, les paroles "emo" et compliquées. Et il ne se cache même pas, au contraire. Il clame haut et fort que sa musique s’appelle du "bedroom rap" et que les samples qui lui ont permis de concocter ses beats, il les a téléchargés. Son label est le sien et ne sort que ses disques. Les types qu’il invite sur son disque, c’est son frère, des guitaristes ou des rappeurs encore plus inconnus que lui, comme Archimedes. Il habite au milieu de nulle part, à Fort Collins dans le Colorado, et seuls ses efforts de Net marketing et sa fréquentation des plus éminents représentants du genre, à savoir Brad Hamers et Astronautalis, lui ont permis d’émerger un tant soit peu. Et pourtant, vous savez quoi ? Otem rellik, c’est bien. Parfois.

Petrified Human Project est son album de 2005, et de son propre aveu, c’est le plus abouti de ses travaux. Eu égard à la présentation faite un peu plus haut, la musique que révèle ce disque ne surprend en rien : c’est du rap conjugué à la première personne et déclamé à toute allure, avec ici une mélodie façon Kraftwerk du pauvre qui vient s’écraser sur des sons saturés ("Spier"), et là un guitar rap qui dégénère en beats d’n’b ("Backward Silence in an Elevator"). Mais parfois, rellik (non, vraiment, ce pseudo…) accroche l’oreille. Il le fait même dès l’intro avec la petite musique entêtante qui accompagne son "Atari Kids", point d’entrée idéal dans le monde - non, pardon, la chambre - du rappeur. Souvent, le sens mélodique d'otem rellik supplée aux carences de sa voix peu affirmée, sur "Hurray for Heroin" par exemple, ou sur cet "I Can’t Remember my Dreams" qu'un certain Mike Porter accompagne à la guitare électrique. Il y a aussi des réussites quand paroles, raps et musique trouvent le point d’équilibre, comme sur l’insistant "Something or Nothing", ou quand les titres sont adroitement séparés en mouvements ("Sick of my Home"). Alors, certes, le rap de chambre d’otem rellik a quelque chose d’extrême et de paroxystique. Mais en aucun cas, cela ne doit condamner le bonhomme. Les bons titres concentrés sur la deuxième moitié de cet album apportent la preuve d’un talent certain.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Commentaires

1. Le mardi 21 novembre 2006, 04:15 par jeantu

Encore un album chroniqué sur fakeforreal qui a l'air bien mais que je n'arriverai jamais à écouter... Dommage pour cette éthique des disques promo...

2. Le mardi 21 novembre 2006, 08:16 par Fake For Real

Puissent les dernières personnes qui redoutent que je mette leurs disques promos sur le Net lire ton message et constater que ce n'est pas mon genre.

Mais je vais te donner une bonne nouvelle : cet album est en téléchargement libre sur le site d'otem rellik à http://deadspacevolume.com. Il faut ensuite cliquer sur "music".

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet