Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

BOTANICA DEL JIBARO & MOONCIRCLE PROJECT - Calderas of Mind

, 23:33 - Lien permanent

Les collaborations rap transatlantiques n’ont pas toujours été de franches réussites. Mais sur Calderas of Mind, il semble que les rappeurs aux idées larges de Dresde et de Miami se soient trouvés.

Botanica Del Jibaro :: 2006 :: acheter ce disque

Les collaborations hip hop transatlantiques n’ont pas toujours été de franches réussites. A quelques "Le Bien, Le Mal" près, la plupart des raps franco-américains sont de sinistre mémoire et l’album international de RZA d’il y a quelques années s’est révélé un gros pétard mouillé, pour prendre deux exemples parlants. Au mieux, par angélisme, les artistes qui se lancent dans de telles aventures veulent démontrer leur ouverture d’esprit. Au pire, avec cynisme, ils comptent s’ouvrir de nouveaux marchés ou s’acheter une crédibilité à moindre prix. Il y a rarement de véritable convergence de vue, de volonté conjointe de faire œuvre. Calderas of Mind, cependant, fait exception.

Les Floridiens latino de Botanica del Jibaro et les Allemands de Mooncircle Project ont en commun une vision large du hip hop, ouverte sur bien des pans sur la musique électronique, et cela se ressent. Certes, cette compilation germano-floridienne se livre au grand écart. Elle s’étend du très bon et du très classique rap de Soarse Spoken sur "Ghost In A Shell" aux bidouillages d’XNDL sur "Still There". Mais cela est naturel et sans couture, et les deux écuries se livrent toutes deux à ce mélange des genres et des couleurs, à égalité. Elles ont prolongé le travail en commun jusqu’à concevoir l’artwork du disque à trois mains, celles d’Andy K. Gordon, de Gino Fuchs et bien évidemment de La Mano Fria.

Calderas of Mind passe donc sans dommage du rap le plus pur (celui de Seven Star et de Soarse Spoken, ou celui en Allemand de Boogalou et Mr. Cooper, quand ce ne sont pas les voisins belgo-suédois de Zucchini Drive qui sont de la partie), à l’électronique lente d’Epstein, à celle plus dérangée de XNDL, à celle pile entre les deux de Fixture F, et à cette sorte de solo hard rock, mais en bien, et passé à la machine qu’est "Mummy Fortuna's Theatre Company". Pour combler la distance et lier les genres, la compilation propose également quelques titres de ce qu’on appelait autrefois l’abstract hip hop, des titres tout à fait réussis dans l’ensemble, comme le "A Thought Fissure" de Set in Sand et son joli finale en trompette, ou comme le beau "Prolong" de Glen Porter. Enfin, dans la série "groove lent", le "Witness" de Manuvers s’en sort bien également.

Dans l’ensemble l’alchimie fonctionne, la sauce prend et la compilation s’avère être ce que rarement les compilations sont : une suite de titres qui chemine du pas mal au très bon et qui s’écoute sans peine de bout en bout.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Commentaires

1. Le mardi 14 novembre 2006, 18:52 par Mo

"une suite de titres qui chemine du pas mal au très bon et qui s’écoute sans peine de bout en bout."

Je dirais même plus, qui s'écoute bien! J'étais un peu passé à côté mais après une écoute plus attentive je dois dire que ça me plait bien cette collaboration. Malgré un ou deux titres passables l'ensemble est assez...pas homogène... mais complémentaire je dirais. Une sorte d'alchimie.
Sinon encore une bonne chronique.

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet