Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

MUTAMASSIK - Masri Mokkassar / Definitive Works

, 21:42 - Lien permanent

Une new-yorkaise d’origine égyptienne allie la musique du pays dont elle est issue aux sons modernes et urbains de sa métropole d’adoption. Hautement symbolique, certes. Mais pas que ça.

Sound Ink :: 2005 :: acheter ce disque

Quel est l’ennemi de la portion frileuse et paranoïaque de l’Amérique en ces années 2000 ? L’Arabe bien sûr, une espèce qu’elle connaissait pourtant à peine il y a quelques années seulement. Et quel est donc le meilleur moyen pour un rappeur d’aller une nouvelle fois à contre-courant de cette Amérique frileuse et paranoïaque, après avoir joué au gangster et au mac ? C’est de valoriser la musique arabe. Dans le genre, Côté Ouest, nous avions eu la musique métissée d’Andre Afram Asmar, pas toujours très convaincante malgré quelques morceaux d’anthologie avec l’inénarrable Circus des Shapeshifters. Côté Est, depuis l’année dernière, nous avons Mutamassik. Et s’il faut comparer ces deux adeptes d’une fusion entre le rap et la musique arabe, sans conteste, la seconde se montre la plus probante. Il est vrai que notre DJ est loin d’être une opportuniste. Elle est active depuis la fin des années 90 sur ce créneau musical très particulier et elle jouit d’un impressionnant carnet d’adresse qui lui a permis de collaborer avec Arto Lindsay, entre autres, et de proposer un "Gulf Rock Mix" convaincant sur la compilation Colapsus du label Sound Ink. C’est d'ailleurs sur ce même label, celui de MF Doom / Viktor Vaughn, qu’elle a sorti l’an passé ce premier album.

Originaire de la communauté italienne d’Egypte (celle d’où était issue Dalida, dans un tout autre genre), Giulia Loli connaît son affaire. Sur ce disque, elle a concentré des années de travail. Elle a repris les percussions savantes, les grandes envolées de violon et même les youyous du Maghreb et du Proche-Orient et elle les a modernisés à grand renfort de trifouillages électroniques, de rythmes d’n’b, de scratches et de rappeurs. Mais jamais, cela ne ressemble à de la guimauve world music. Manifestement, Mutamassik a voulu respecter la musique originale, elle l’a dépoussiérée sans la dénaturer, elle ne s’en est pas servie comme d’un simple faire-valoir exotique. Ca ne sonne pas vulgaire ni grossier. Au contraire, s’il y avait un reproche à faire à ce disque, ce serait à l’inverse d’être trop cérébral, de donner parfois dans ces sons de laboratoire auxquels se résume trop souvent la musique électronique. Tant et si bien que la formule peut devenir lassante, à tout écouter d'un seul tenant. Il se dégage toutefois quelque chose d’immanquablement plaisant de "War Booty" et de "Babomb", par exemple. Et les amateurs de vrais hip hop pourront se satisfaire de la prestation de 4th Pyramid sur le redoutable "High Alert A'al Geddu", le titre qui se rapproche le plus d’un hit sur ce disque très singulier.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet