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LODECK - Derived from Empty Bottles

, 22:28 - Lien permanent

Vous avez peut-être oublié LoDeck, mais le loser magnifique du rap sort encore des disques. Il bouge toujours, il n'est pas mort. Il est juste entré dans un état éthylique avancé.

LoDeck :: 2006 :: acheter ce disque

LoDeck, vous vous souvenez ? Ah oui tiens, peut-être. Maintenant qu’on en parle, l’existence du collectif Johnny23 et de son plus éminent représentant vous revient à l’esprit. Ses albums Bash It et Dream Dentistry traînent même peut-être dans un coin perdu de votre discothèque. LoDeck, vous vous en rappelez maintenant, c’était une voix rauque et un rap en verve, un numéro constant de clown triste ou de madcap qui rigole, de l’anti ego-trip déclamé par un loser magnifique. C’était aussi quelqu’un de proche de l’Atoms Family, de Sonic Sum et de Blockhead, et donc pas très loin non plus de Def Jux. Mais aujourd’hui que les anciens fans d’El-P se sont à juste titre détournés de son label et que les nouveaux n’auront jamais la curiosité d’aller au-delà des sorties usuelles, tout le monde a oublié le bonhomme. L’intérêt qu’avait suscité Bash It auprès de la petite communauté indie rap est bien loin, et c’est dans l’anonymat qu’est sorti il y a quelques mois ce Derived from Empty Bottles.

Il faut dire que le format choisi n’aide qu’à moitié. Le disque se présente dans un packaging minimal, et comme l’indique le titre, il s’agit plus d’une mixtape faite à la va-vite dans un état éthylique avancé que d’un véritable album, même si le rappeur s’est arrogé les services exclusifs d’un véritable producteur, Dub-L, plus quelques autres comme Blockhead et Omega One. Derived from Empty Bottles est un gigantesque fourre-tout où ce biélorusse d’origine rappe dans sa langue natale ("Gomel"), fait chanter Sinatra sur de la drum’n’bass ("Sinatra’s Revenge"), insère quelques passages live et s’exprime par-dessus le "Jump" de Kris Kross ("A.I.D.S.") ou sur des samples cramés ("Caravan" sur "Steven Siegal", le même que pour le "One Love" de Nas sur "Pizza Delivery Boy"). Tout cela est réjouissant, mais tient davantage par le charisme du MC que par les sons qui l’accompagnent. Comme ses albums précédents, en fait, mais de façon encore plus marquée. Quelques titres, toutefois, s’élèvent au-dessus de ce foutoir, comme "Coup d’Etat" ou comme ce "Demon Strait" où LoDeck nous livre son "Imagine" à lui. Ils donnent envie de tenir jusqu’à la sortie de Ticket 2 Paradise, ce prochain véritable album que le rappeur promet pour le début de l’année prochaine.

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