Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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DAEDELUS - Denies the Day's Demise

, 16:26 - Lien permanent

Daedelus, on l’aime bien parce qu’il fréquente les bonnes personnes. Mais en solo, il faut l’avouer, tout cool et inventif qu’il soit, ça fait un peu musique pour fils de bonne famille. Denies the Day’s Demise, son album samba, apporte tout de même son lot de confiseries.

Mush / Ninja Tune :: 2006 :: acheter ce disque

Daedelus, on l’aime bien, ça c’est sûr, mais pas forcément pour les bonnes raisons. On l’aime bien parce qu’il fréquente les bonnes personnes, parce que c’est le monsieur derrière les sons de The Weather, le projet commun de Busdriver et de Radioinactive qui avait donné lieu à quelques titres réjouissants. Cependant, sur la longueur et sur ses sorties solo, essentiellement instrumentales si ce n’est les quelques Mike Ladd, Cyne et autres en featuring sur Exquisite Corpse, ce n’est jamais l’extase. Oh, bien sûr, ce n’est jamais honteux non plus. Ca s’écoute bien, ça s’apprécie. C’est le genre de disques dont on ne peut absolument pas dire du mal, parce que tout de même, il faut bien dire, ils sont plutôt bien fichus. Le genre de disques à se retrouver distribué par Ninja Tune, pour être mauvaise langue. Le genre d'albums bourrés d’idées et sans réelle faute de goût, mais pas à même pour autant de susciter l’enthousiasme. Ça manque de sel, de poivre, d’épices, si l’on déclare hors-jeu les saveurs exotiques de synthèse habituelles. Pour mettre cartes sur table, ça fait vraiment musique pour fils de bonne famille.

Denies the Day’s Demise est donc un de ces disques sympas, un album qui, dans un souci de renouvellement, donne dans la samba. Certes, les albums précédents n’étaient pas tout à fait exempts de latineries (cf. "Escape Artist" et "Femme Fatale" sur A Gent Agent). Mais cette fois, le Brésil est au centre du jeu. Daedelus nous envoie sans détour au carnaval de Rio, avec pour bagages toutes les petites astuces électroniques et les musiques de film rétro dont il a le secret. Le beatmaker est un artisan, il sait marier des rythmes latins à un synthé quasiment trance ("Nouveau Nova" et "Like Clockwork Springs") ou inviter un chanteur pour un titre toute en langueur à murmurer le soir au coucher du soleil à Copacabana ("Viva Vida"). Indubitablement, des titres comme "Samba Legrand", comme "Bahia" et comme "Petite Samba" tiennent les promesses de danse et de fête contenues dans leurs titres évocateurs. C’est frais, c’est intelligent, c’est bien fait. C’est du Daedelus, c’est un nouvel album impeccable. Et à quelques petits moments d’émotion près, comme sur le joli "Sunrise", c’est également un disque inconséquent de plus. A vous de trancher, à vous de le qualifier, selon les critères que vous aurez choisi de retenir.

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Commentaires

1. Le jeudi 10 août 2006, 17:13 par Newton

Je te soupçonne de descendre l'album dés qu'il est estampillé Ninja Tune.... :o
J'aurais aimé que tu précises que, pour ta part, tu ne savais pas apprécier la musicalité qu'il y a chez Daedelus. Et puis affirmer qu'il y a "quelques titres réjouissants" sur The Weather, c'est limite obscène.

Je crois comprendre pourquoi tu n'aimes pas le jazz.

2. Le jeudi 10 août 2006, 23:21 par Fake For Real

Non. J'aime bien Cinematic Orchestra par exemple. Mais je n'aime pas le parti-pris "esthétique" de Ninja Tune. Ca revient à sortir des disques gadget.

La musicalité de Daedelus ? Mouais. Je me suis enfilé l'ensemble de sa discographie avant de chroniquer ce disque, tu es bien placé pour le savoir. Je ne l'avais pas fait avant, parce que je n'avais pas été impressionné par son travail sur The Weather. Et ça m'a donné l'impression d'être quand même une jolie collection d'easy-listening et de musique d'ascenseur. Dans les aéroports, oui, ça peut le faire. Mais sur ma chaîne, non, ça manque de sang et de sueur.

Que The Weather se limite à trois bons titres, à savoir les trois premiers, c'est ce que j'ai dit dans ma chro de l'époque et je n'en changerai pas un mot. C'est l'évidence même, sauf pour les fans habituels de rap qui n'ont jamais été habitués, les pauvres, à écouter des albums avec plus de 3 bons titres.

Quant au jazz, ouais, tu marques peut-être un point là-dessus. Sauf que je suis convaincu que mon peu d'accroche au genre vient essentiellement du fait d'avoir été mal conseillé. Et sauf encore que je pourrais te citer un grand fan de jazz que Daedelus débecte autant que moi.

3. Le vendredi 11 août 2006, 02:42 par Christian

Là y'a polémique !
J'ai juste écouté quelques titres téléchargeables sur le site de Mush Records, et doit avouer que :
- Like Clockwork Springs est pour moi inécoutable
- et que le reste me fait effectivement penser à du easy listening et à de la musique d'ascenseur
Mais pour ma part c'est mon faible intérêt pour l'electro (et donc mon manque de culture sur ce sujet) qui sont surement en cause...
Quant au jazz, je ne sais pas trés bien ou vous en êtes de vos discussions sur le sujet, mais il doit étre aussi fait, pour moi, de sang et de sueur...

4. Le vendredi 11 août 2006, 09:47 par Fake For Real

Et le pire, c'est que toute la discographie de Daedelus me fait cette impression. Le côté easy listening atteint peut-être le top sur ce dernier disque, mais quand même, les autres sont pas mal non plus dans le genre "je rentre dans une oreille et je ressors par l'autre". Et je déteste la plupart des morceaux d'Exquisite Corpse.

Sinon, pour le jazz, j'aime beaucoup Kind of Blue depuis tout petit, j'aime Coltrane mais pas forcément les disques les plus connus (A Love Supreme me laisse froid), et je n'ai jamais accroché à Ornette Coleman et à Dolphy, et c'est pourtant pas faute d'avoir essayé. A part ça, ma culture dans le domaine ne va pas beaucoup plus loin, comme ça vous saurez. Et moi aussi j'attends du sang et de la sueur du genre.

Et sinon, merci Christian d'avoir reporté cette discussion qui n'a rien à voir avec Daedelus sur le forum : http://forum.fakeforreal.net

5. Le vendredi 11 août 2006, 16:33 par Lomi

J'ai vraiment l'impression que vous passez à côté d'un truc chez Daedelus, j'ai du mal à dire quoi, mais moi ça m'a jamais fait l'effet "easy listening"...

6. Le lundi 14 août 2006, 19:19 par etienne

Je ne vois pas où est le rapport entre le jazz et Daedelus. Daedelus c'est sympa ok, c'est du son qui caresse dans le sens du poil, ca ne fait pas de mal à une mouche, mais c'est franchement saoûlant à la longue.
Si ça devait se rapprocher d'un truc en jazz, ça serait du groupe de Jaco Pastorius : The Weather Report. Un peu le même délire dans le genre musique d'ascenseur ou de soap opera.

7. Le mercredi 16 août 2006, 21:21 par Christian

L'analogie avec Weather Report est assez bien vue, sauf que la on peut parler de musique d'ascenseur de luxe ! Il me semble qu'il y a infiniment plus de talent chez Joe Zawinul que chez Daedelus. Et je vois pas le coté Soap Opera ?
Une petite précision : Weather Report n'est pas le groupe de Jaco Pastorius, mais celui qui l'a rendu célèbre ! WR est une émanation du quintet de Miles Davis des années 60 au moment de l'invention du Jazz-Rock. Les 2 leaders en sont Wayne Shorter et Joe Zawinul, et Jaco Pastorius arrive 6 ans après...

8. Le jeudi 17 août 2006, 09:54 par etienne

ahaha, au temps pour moi, le truc c'est que j'accroche tellement pas sur Weather Report que je préfère associer plus ça à Jaco Pastorius qu'à Wayne Shorter. Je connais surtout heavy weather d'eux, et ça me fait penser soap opera parce que j'ai l'impression d'écouter la b.o. d'une série télé. C'est peut être pas le bon disque car j'ai du mal à entendre la filiation avec le quintet de Davis (et ma parole, j'aime E.S.P). Sinon, ouais, il se peut que Daedelus soit fan.

9. Le lundi 20 novembre 2006, 12:07 par Newton

Concernant Weather Report, je lui poserai la question dans une interview. Sous peu, nous serons fixés.
Sinon, comme Lomi je pense que vous ratez le petit quelque chose qui fait toute la différence, chez Daedelus, entre la musique d'une boite vocale et ce qu'il nous a proposé au fil de ses sorties. La petite subtilité qui rend le tout parfois émouvant, qui fait qu'on se pose des questions sur ce qui va venir dans la minute d'après.

Et ne pas voir le rapport entre le jazz et Daedelus, c'est.....étrange.

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