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ZUCCHINI DRIVE - Interview

, 21:58 - Lien permanent

On ne peut plus les arrêter. Après avoir lancé Cavemen Speak, Stacs of Stamina et Gunporn, ensemble ou séparément, le Belge Siaz et le Suédois Marcus Grapp se sont ligués encore sous le nouveau nom de Zucchini Drive et ont sorti l’album Being Kurtwood, l’une des plus sympathiques choses hip hop de ce début d’année. Leur concert avec Bleubird l’hiver dernier à La Guinguette Pirate nous a permis de rencontrer en personne ces représentants européens du hip hop tel qu'il est chéri par ici.

Pour autant que je sache, vous ne venez pas du même pays. Comment vous êtes vous rencontrés ?

M : nous nous sommes rencontrés en Belgique.

S : quand Marcus vivait à Paris.

M : nous avons alors fait un titre commun entre Stacs of Stamina et Cavemen Speak pour un album de Cavemen Speak.

S : un très vieil album de Cavemen Speak. Il est venu en Belgique pour des concerts et nous avons enregistré un titre ensemble pour l’album. C’est comme ça qu’a commencé notre collaboration. Mais depuis nous avons progressé. L’album de Zucchini Drive a été fait proprement. Nous avons bossé pendant un an sur les morceaux, en s’envoyant des emails, en collectant des beats.

Vous n’avez donc pas travaillé dans le même studio ?

S : la plupart des titres ont été enregistrés au même endroit. Nous avons mis à profit les moments où nous étions séparés pour écrire, pour faire les arrangements et pour se mettre d’accord sur des beats. Et après, nous avons enregistré ensemble. Ca n’aurait aucun sens d’utiliser plusieurs studios.

M : enregistrer un album, ça veut dire être au même endroit.

S : nous avons essayé de progresser sur la variété des morceaux. Nous avons voulu un album avec de la diversité. Chaque plage devait se distinguer de la précédente. Nous avons voulu bousculer les choses. Et pour cela, nous devions être ensemble.

Il y a des tas d’invités prestigieux sur votre album. Comment les avez-vous tous connus ?

S : chaque histoire est différente. Nous en avons rencontré beaucoup pendant des concerts.

M : oui. Nous avons rencontré Bleubird il y a 3 ans à Paris, à l’occasion d’un concert. Et ça nous a permis de faire l’album de Gunporn.

S : et nous avons fait la connaissance de Grand Buffet au même concert.

M : si bien que l’an dernier, nous sommes partis en tournée avec eux.

S : j’ai rencontré Alias à un show, également. Tous ces types se rencontrent pendant les concerts. Et puis il y a aussi les albums que nous écoutons. Nous orientons notre musique en fonction de ce qu’on écoute et de ce qu’on vit à tel ou tel moment. Nous cherchons les beats qui vont le mieux avec le temps présent.

M : nous ne voulions pas que Zucchini Drive sonne comme Gunporn. Nous essayons toujours de nouveaux trucs.

S : Marcus et moi, nous voulons faire des choses qui soient différentes de nos groupes respectifs, Cavemen Speak ou Stacs of Stamina. Nous suivons de nouvelles directions. Sinon, ça n’a aucun sens de lancer de nouveaux projets en dehors de nos propres groupes.

Cavemen Speak et Shadow Animals, c’est le même groupe ?

S : Shadow Animals, c’est le site que j’ai lancé pour faire de la promotion, histoire de ne pas utiliser le même nom. Ca devait me permettre de faire autre chose, à côté de Cavemen Speak. Shadow Animals, c’était un moyen de bosser avec des gens différents sous un label unique.

M : comme le Wu-Tang.

S : oui, un peu comme le Wu-Tang Clan.

Stacs of Stamina a sorti un album l’an dernier. Je n’ai pas eu l’occasion de l’écouter, mais j’ai lu des critiques positives.

M : bien !

Rires.

M : concevoir cet album nous a pris 3 ans. On enregistrait des chansons pour l’album, mais on ne les trouvait jamais assez bonnes, et on reprenait toujours tout à zéro. Ca n’est sorti qu’en novembre dernier. Ca a bien marché. Nous n’avons pas donné beaucoup de concerts. Ca a dû se limiter à deux shows, un à Paris, l’autre à Berlin. Le disque est sorti sur un tout petit label londonien. Et…

S : c’est un bon album, achetez-le !

M : on aimerait quand même faire une tournée pour lui faire un peu plus de pub.

S : un jour, Marcus, un jour.

Rires.

Qu’en est-il du feedback sur l’album de Gunporn ?

S : il a été très bon. C’est curieux, nous n’en avons pas vendu beaucoup, mais j’ai l’impression que tout le monde le connaît. Il y a deux mois, le propriétaire de notre label, un type qui joue dans un groupe de hardcore, s’est retrouvé avec un autre type, un Japonais. Ce Japonais a vu notre disque et il a été impressionné. Il a dit un truc du genre « ouah, vous êtes en relation avec Gunporn » ? C’était dingue que ce type ait entendu parler de Gunporn.

Il l’a eu par un logiciel de peer-to-peer.

S : oui. C’est dingue, mais c’est cool si ça marche comme ça.

J’ai le sentiment que vous devenez de plus en plus célèbres.

S : "célèbres", c’est un grand mot.

M : on n’essaie pas d’être célèbres à tout prix. On fait juste ce qui nous va à l’instant « t ».

S : quand je cherche à promouvoir un album, j’essaie les mêmes choses qu’il y a trois ans. Mais avec le temps, tu grossis ton carnet d’adresses, tu as de plus en plus de contacts et tu commences à bâtir un réseau. Ca devient facile, à force. Mais avant, ça a été 5 ans de dur labeur.

Qu’en est-il de votre tournée du moment ?

S : on essaie simplement de faire la pub du Zucchini Drive.

M : et de s’amuser un peu.

S : oui, de s’amuser un peu. En ce moment, c’est mes vacances annuelles. J’ai bossé toute l’année, je les mérite.

M : pas moi.

Rires.

On m’a parlé de votre concert rennais. Comment était-ce ?

S : pour être honnête, c’était l’un de nos premiers shows comme Zucchini Drive. C’était un peu bordélique. On a dû s’adapter à la situation et jouer avec une boîte à rythmes.

M : on n’avait pas de formule live pour Zucchini Drive. C’était plutôt nouveau pour nous. C’est tellement mieux de jouer avec un groupe live.

Qu’en est-il de vos projets futurs ?

S : j’essaie de faire autant de pub que possible à Zucchini Drive. Je ne me préoccupe pas vraiment de ce qui va se passer à moyen terme. J’ai des tas de beats pour un prochain Zucchini Drive. Mais ça, c’est pour plus tard. J’ai aussi cet album en préparation avec un Italien du groupe post-rock Giardini di Miro. On prépare une sorte d’album post hop. Ce sera encore différent. A part ça, j’aimerais quand même bosser sur des nouveaux trucs Zucchini Drive.

M : j’ai une mixtape qui sortira d’ici un mois. Et pas plus tard que la nuit dernière, nous avons enregistré une chanson avec les parisiens de One-Two, une chanson sacrement bonne.

S : nous continuons à bosser. Nous continuons nos concerts. Notre album vient de sortir. On va souffler pendant deux mois. Nous avons travaillé trop vite les années passées. Mais cette fois, on veut préparer nos disques proprement. La tournée, c’est parfait pour avoir de nouvelles idées ensemble, pour préparer des nouveaux trucs.

M : et il est question d’un nouvel album de Gunporn, à terme.

S : peut-être, peut-être pas. Ca fait un moment qu’on en parle, mais nous avons besoin de temps ensemble.

Shadow Animals, c’est aussi un label, n’est-ce pas ?

S : oui. Ca s’appelle Shadow Archive. En fait ce sont des amis qui sortent des disques chez nous. Mais maintenant, nous cherchons aussi à travailler avec des labels différents. Nous sommes en relation avec un label japonais qui a réédité nos vieux trucs. Ils font du très très très bon travail. Ils vendent le triple de ce qu’on vend.

C’est ça le Japon.

S : ouais. J’adore le Japon. Ils sont très professionnels.

M : oui. Ils sont dingues et ils sont cool.

S : ça fait toujours plaisir de voir arriver chez toi un colis avec tous ces CDs de toi qui sont sortis au Japon, avec des magazines, des critiques, des cartes postales et les photos des magasins qui les vendent. C’est dingue.

Vous êtes allés là-bas ?

M : non.

S : mais on aimerait y aller pour l’automne. Nous en avons parlé avec le label. Ils regardent maintenant ce qu’ils peuvent faire. Mais ils n’ont pas l’habitude d’organiser des concerts et de ce genre de trucs.

M : mais quoi qu’il en soit, j’y irai.

S : oui, nous y irons de toutes façons.

Bon. Et qu’en est-il de votre message à la France et à Paris ?

M : nous sommes venus pour vous !

S : vous avez intérêt à faire gaffe.

Rires.

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