Fake For Real

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KK - Eternal Tones

, 16:59 - Lien permanent

Il faut briser beaucoup de glace pour goûter au hip hop électronique et onirique du Japonais KK the Khaosist. Il y a beaucoup de froideur exotique dans sa musique. Mais c'est précisément tout ce qui fait l'intérêt de ce second album, un Eternal Tones chiadé.

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KK the Khaosist a mis sept ans à sortir ce deuxième album, si on exclut l'amuse-bouche qu'était l'EP Pure Fragments de 2003. Eternal Tones rassemble les meilleurs pièces des travaux du Japonais entre 2000 et 2005. Et cela s'entend. Le disque sent le soin, l'attention, le travail bien fait, le produit finement ouvragé, malgré l'opacité de certaines plages, ce côté impénétrable propre à certaines musiques électroniques, cette froideur étrange et exotique venue de l'Est.

Le disque est sombre, il maintient une distance avec l'auditeur. Pourtant, il y a assez de diversité pour ne jamais s'ennuyer. Il y a du hip hop presque normal ("Spiral") ou malmené à la Co-Flow époque Little Johnny ("Crack"). Il y a des nappes majestueuses ("Wave"), des bruits d'ordinateur louches ("Defrag") et des voix étranges et lointaines ("Time"). Il y a du rock (le second "Vamp") et du sitar ("Refrain"). Il y a des sons arides ("Mri", le quatrième "Vamp") et d'autres plus cool ("Midnight", le troisième "Vamp"), voire dansants ("Erector", le premier "Vamp"). Il y a de l'évanescence ("Stream"), de la sensualité ("Eternal") et de la tristesse ("Tones"). Et puis il y a les deux meilleures plages de Pure Fragments, l'impressionnant "Xizm" et le toujours aussi extraordinaire "Echoes". Il y a énormément de choses mais aussi beaucoup de glace à briser pour apprécier ce hip hop électronique et onirique. Tokyo sera toujours aussi loin, la musique de KK aussi difficile à apprivoiser. Mais c'est précisément ce qui fait tout l'intérêt de Eternal Tones, un disque à apprécier indubitablement dans la longueur.

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Commentaires

1. Le mercredi 10 mai 2006, 00:05 par Newton

On retrouve quand même tout un pan de musique electro/hip-hop (en gros) au Japon qui est assez particulier.
Je m'écoutais du 8th wonder ce week-end et je me disais que ça faisait sûrement parti des morceaux les plus noirs que j'ai entendu en matière de hip-hop. Pareil pour KK. Je crois que, régulièrement, c'est la première image qui me vient à l'esprit en écoutant ce qui se fait chez nos amis nippons.
Ca mériterait bien plus de visibilité; dommage.

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