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ODDJOBS - Expose Negative

, 23:31 - Lien permanent

Voici au moins un groupe qui a su se renouveler. Ultime album avant sabordage, Expose Negative anticipait de quelques mois les futures mutations d'Oddjobs, et tout particulièrement les convaincantes virées rock du duo Power Struggle.

CMI Productions / Raptivism :: 2004 :: acheter ce disque

Voici au moins un groupe qui a su se renouveler. Après s'être imposé comme un représentant important du hip hop MidWest avec ses albums Drums et Absorbing Playtime et son rap carré mâtinés de "vrais" instruments , après avoir frôlé la reconnaissance en côtoyant Cannibal Ox, Oddjobs a su totalement se réinventer depuis son sabordage de l'an dernier, que ce soit avec la très convaincante fusion rock / rap du duo Power Struggle (Nomi et de DJ Deeltax) ou avec l'étonnant hip hop jazz et industriel de Kill the Vultures (alias Anatomy, Advizer, Crescent Moon et à nouveau Nomi).

Dernier album avant auto-dissolution, Expose Negative annonçait déjà fortement les aventures futures, et tout particulièrement celles de Power Struggle. Cet ultime disque est fait des mêmes harangues rap et des mêmes riffs durs et froids, du même post-punk, que ceux révélés quelques mois plus tard sur Arson at the Petting Factory. C'était encore une ébauche, une première tentative, et ce n'était sans doute pas la direction que tous souhaitaient prendre au sein d'Oddjobs. C'était aussi un peu trop monolithique, malgré les sons originaux de "Another Lynlake", la mélopée barbare de "Static in the Attic", le long monologue de "Columbia River Bank" et l'instru inquiétante et récurrente des "Minus". C'était un peu moins accompli, un peu moins bien. Mais de pas beaucoup.

De format court, traitant exclusivement et sur un mode acerbe de politique et d'amours déçus, l'album contient un quota conséquent de décharges rock plus convaincantes les unes que les autres. De la guitare abrasive et de la basse ronde de "Smoke" au magnifique "Stone Cold" renforcé par les raps d'I Self Divine, en passant par le plus mélodique "Rather See You... Never" et ses scratches, par le synthé et le saxo de "Dear Parasite" et par le speed "Bloody Knuckles", Expose Negative recèlent des titres qui n'auraient pas dépareillé sur Arson at the Petting Factory. A la limite, tout cela sonne même plus naturel que les albums précédents, tout recommandables qu'ils aient été. Comme si, et excusez par avance le très mauvais jeu de mot, les voix très similaires des trois emcees ici présents avaient trouvé leur voie. Comme si leurs textures rauques et leurs timbres graves avaient, à la base, plus à voir avec du rock et des guitares qu'avec de jolies boucles hip hop conventionnelles.

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