Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

BC400 - The Antidote

, 22:23 - Lien permanent

Les nombreux membres de BC400 auraient pu nous livrer l'un de ces sympathiques albums funky et éclectiques tout à fait communs en matière de rap anglais. Malheureusement, et c’est tout le drame, un de leurs rappeurs vient de France.

Buttercuts Records :: 2005 :: acheter ce disque

The Antidote est un autre album sorti sur le label anglais Buttercuts avec celui tout à fait recommandable de FBCfabric et de Reindeer. Mais c’est bien là l’unique point commun entre les deux disques. Le truc des BC400 (Code:Breaker, Wildeye et Cultcam au emceeing, Christabel et David Boomah au chant, Uncle P et DJ Buttafingaz à la production), c’est autre chose, c’est une sorte de hip hop assez commune en Angleterre, un rap funky, dansant, plus mélodique et moins aride que son homologue américain, avec en plus une pincée de sons jamaïcains et une légère saveur old school. Une musique libre, affranchie, mais fidèle à un certain hip hop de base dans son engagement politique, son style battle et ses attaques contre les fake MCs. D’ailleurs, l’antidote en question, vous l’aurez deviner, c’est celui destiné à remédier à la dégénérescence supposée du genre.

Il n’est pas certain que ce rap soit si original que les gens de BC400 le souhaiteraient. Il n’est pas certain non plus qu’il soit un remède à quoi que ce soit. Mais il contient quelques passages à retenir, comme le petit tube sautillant "Goldrush", le grime ou pas loin de "Got the Flow", le r’n b en crescendo de "Just Because" et ses impressionnantes percussions, le joli instrumental de "Bell Rings, Dog Salviates", celui tout en guitare de "Run to the Hills", un "Early Hours" jungle funky en diable et un "Toastmasters" mi-rap mi-ska entraînant comme tout. Rien de sensationnel, mais rien de désagréable non plus, s’il n’y avait le détail suivant : Cultcam, l’un des rappeurs du groupe, est un français. Et c’est bien là tout le drame.

Un rappeur français, ça ne s’invite nulle part. Un rappeur français, ça n’est pas présentable. Un rappeur français, ça vous gâche tout, ça vous démolit tout. Ca vous ramène des tas de lieux communs sur la politique, sur la corruption des businessmen et sur les vilaines maisons de disque. Comme d’autres rappeurs me direz-vous, mais avec cet ignoble premier degré et ce côté pontifiant bien de chez nous. Un rappeur français, ça vous raconte des histoires de néo-libéralisme incompatible avec l’humanisme. Ca vous fait rimer "Ben Laden" et "règne la haine". Ca vous étale cet insupportable antiaméricanisme gaulois bolchévo-lepéniste. Ca vous sort le pire des morceaux anti-Bush (et Dieu sait qu’il en existe) avec la totale sur l’Irak, les élections truquées et le rejet du protocole de Kyoto. Pire que tout, une rappeur français, ça peut inviter un confrère et proclamer avec lui ce puissant leitmotiv : "on en a marre !".

Ouais, moi aussi j’en ai marre du rap français, surtout quand il débarque là où je ne l'attendais pas, là où je croyais être à l'abri. Alors je profite du présent article pour faire passer le message suivant : My English friends please listen to me, keep yourselves apart from French rap. This thing is a nightmare. It sucks. It really does, definitely.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet