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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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MIKE LADD - Father Divine

, 20:13 - Lien permanent

Chez les artistes majeurs, même les disques moins accomplis valent le détour. Et Mike Ladd, clairement, est l’un de ces artistes majeurs. Cette phrase qui concluait ma critique de Nostalgialator, je la recycle sans vergogne pour commenter Father Divine.

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Mike Ladd chez ROIR ? Bah oui, en fait, quoi de plus normal. Cela va bien avec le mépris dont notre homme a toujours fait preuve pour les frontières entre les genres. Cela va bien aussi avec le son brut et les échos dub de ce nouvel album. Un album qui commence fort, au passage. Avec "Apt. C2", notre rockeur rappeur post-futuriste expérimental intello préféré balance d’emblée l’une des harangues retentissantes dont il a le secret. Il y a du hip hop là-dedans, bien sûr. Du rock aussi vers la fin, quand Jaleel Bunton de TV on the Radio débarque avec sa guitare. Et du funk. Et du dub, donc. Et une sorte d’instrument pour enfants. Tout ça, et rien à redire. Voilà bien le Mike Ladd qu’on adore. Et le mieux dans l’histoire, c’est qu’aussitôt après, ça embraye à grands coups de tablas et de trompettes synthétiques avec un "Awful Raw" sur le même rythme où le rappeur s’en prend fort justement aux médias de masse.

Cependant, il n’y a pas que le Mike Ladd furibard et déclamateur sur ce Father Divine. Il y a aussi l’amoureux nostalgique de "Barney’s Girl" qui chantonne des "oh, she tastes just like springtime", ou celui plus aigre de ce "Murder Girl" qui ressemble à un vieux titre fatigué de Michael Jackson. Il y a enfin toute une série d’instrumentaux, histoire de respecter le petit cahier des charges dub. Certains se révèlent fort convaincants comme ce "Crooner Island" qui commence dans la douceur et s’excite à la fin. Et d'autres se montrent tout simplement curieux, comme le très rétro "Just in Case" et le vaporeux "The Last Sea", avec l'ami High Priest aux claviers.

Bon, tout cela est riche et varié, mais pour autant pas exempt de reproche. Il y a quelques passages moins mémorables, comme "Little Red" et le "Ike Turner Dub". Et puis vous ne changerez pas un bêcheur comme moi, vous ne le sortirez pas de ses obsessions et de ses amours de jeunesse : je ne peux pas faire autrement que d’estimer ce Father Divine un peu trop franc et massif, je n’y retrouve pas la richesse et la subtilité de Welcome to the Afterfuture. Mais comme dit la dernière fois que j’ai commenté un album de Mike Ladd : chez les artistes majeurs, même les disques moins accomplis valent le détour. Amateur du bonhomme, jetez-vous donc allégrement sur Father Divine, parachevez votre collection avec cette expérience chez ROIR.

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