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MOSHE - Tending to the Sheep

, 22:51 - Lien permanent

Le producteur Moshe nous livre sur un plateau un concentré de la scène hip hop de Portland, Maine. Cependant, Tending to the Sheep laisse un peu sur sa faim. Il contient autant de ratage et d’à-peu-près que de réussites et de curiosités intrigantes.

Milled Pavement :: 2004 :: acheter ce disque

Garder les moutons. Le titre ironique de cet album laisse penser que Moshe et ses amis vont s’attaquer aux réflexes moutonniers des fans de hip hop. C’est d’ailleurs confirmé par certains propos ("Elbow"). C’est vrai aussi pour le caractère étrange de quelques titres (la trompette de "The Sheep"). Mais dans le même temps, ce disque, c’est un peu la somme de tout ce que le rap dit "indépendant" a produit jusqu’ici. De l’abstract hip hop plus dark que moi tu meurs ("Miles Away") ou légèrement expérimental ("The Hole"). Du turntablism ("Good Golly Miss Molly"). Du rap urgent qui rigole pas (ce "Winter Winds" avec en arrière-plan la musique de la pub où Zidane enfile ses chaussettes). De la drum’n bass ("Miles Away III"). Des cordes larmoyantes ("Hand of Fate"). D’autres cordes plus soutenues sur le "Be Found" de la rappeuse Sontiago, l’un des titres saillants de l’album. Et même, sur le titre "Paralyzed Identity" (et par-dessus un sample de la reprise par Mazzy Star du "Five String Serenade" d'Arthur Lee), une sorte de r’n b, ou tout du moins un chant féminin très maniéré.

Mais au fait, c’est qui au juste ce Moshe ? Moshe, c’est Marc Shepard, patron du label Milled Pavement, DJ et producteur de la scène de Portland. Pas le Portland de la Côte Ouest, mais la ville plus petite à l’autre bout des US, dans le Maine. Celle dont les ressortissants actuels les plus "connus" de "ceux qui connaissent" sont Nomar Slevik et JD Walker. Cette même ville où Sole et ses potes vivaient avant d’aller fonder Anticon sous le soleil californien. La parenté avec le label à la fourmi pointe d’ailleurs, souvent, et pas seulement à cause de la présence de DJ Mayonnaise sur "Winter Winds". Ce rap bizarre et éploré n’est pas bien loin de celui popularisé par nos iconoclastes favoris d’il y a 5 ans. Cependant, Tending to the Sheep laisse un peu sur sa faim. Il contient autant de ratage, d’à-peu-près, que de curiosités intrigantes. Tout prête à attention, mais rien n’y est franc ni évident. Rien ne rebute, mais rien n’accroche non plus. Impossible avec ce disque de savoir si ce Moshe-là saura mener la scène de Portland vers la Terre Promise. Tout juste montre-t-il que sa palette et celle de ses nombreux invités sont larges.

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