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THA BLUE HERB - That's the Way Hope Goes

, 18:09 - Lien permanent

Tha Blue Herb, c’est bien. Leur musique, leurs raps, leurs lives, leur vision du hip hop, tout est bien. C’est donc en toute logique si ce documentaire tourné sur eux par Takahiro Morita l'est tout autant.

Tha Blue Herb Recordings :: 2005 :: acheter ce DVD

Ca commence avec les notes rageuses d’une guitare électrique et les cris impatients de la foule. Mais ce n’est pas un concert de rock qui commence. Ce soir de mai 2002, à Osaka, c’est un DJ à casquette et un MC au bob vissé sur la tête qui se produisent. Ill-Bosstino et O.N.O. viennent de faire leur apparition, et déjà il est clair que Tha Blue Herb n’est pas votre groupe de rap banal. Tel est d’ailleurs l’essentiel du propos de DJ Krush, parrain et découvreur du duo, qui témoigne peu après. Et comme pour illustrer encore mieux l’originalité du groupe de Sapporo, les propos du maître de l’abstract hip hop sont suivis aussitôt par un nouvel extrait live où l’on entend l’étrange et excellent "Heat", habile mélange de synthétiseurs et de cordes japonaises traditionnelles concocté par O.N.O. accompagné du rap halluciné de Boss.

Le film That’s the Way Hope Goes de Takahiro Morita a l’intention de présenter Tha Blue Herb. Des premières images de concert en appartement autour de 97 à celles des grandes scènes dans les années 2000, il montre l’évolution du groupe d’un boom bap assez réglementaire, quoique excellent et en japonais, à des sons plus singuliers. Mais si les deux principaux protagonistes et leur compagnon DJ Dye reviennent longuement sur leurs origines, ce n’est pas seulement leur histoire qui est relatée, c’est aussi leur vision du hip hop. C’est ainsi que le groupe témoigne sur les vertus de sa vie en province. Il explique comment l’éloignement de Tokyo a précipité la naissance d’une scène particulière à Sapporo. "Tokyo doesn’t matter, hip hop or house, it doesn’t matter, it’s just me, you personality in me, my personality in you and you yourelf" déclame d’ailleurs Boss dans un passage du film, au cours d’une sorte de happenning crossover, sur les sons pas très hip hop d’un djembé et d’un harmonica. Le rappeur explique également comment la sortie sur CD de sa musique lui a amené un public dépourvu de culture hip hop et qu’il n’aurait jamais imaginé toucher. Les deux évoquent encore leur attitude envers l’underground et ses mythes.

Ces propos sont tenus dans des interviews, mais aussi dans de longues tirades live qui ont malheureusement tendance à tourner souvent au long monologue épuisant. Mais bon, c’est du rap aussi. Et c’est bien l’unique défaut à reprocher ici au groupe comme au documentaire. Ailleurs, il y de très nombreux passages musicaux qui eux, sont absolument excellents. A un moment, par exemple, et pour mieux montrer les différentes facettes d’une même chanson, le film bascule adroitement de son enregistrement en studio à ses interprétations sur scène. Et à mi-chemin du film, la partie parlée s’efface même complètement au profit d’une série d’extraits live de grande qualité, prolongée par deux bonus tracks, une chanson interprétée en studio, puis une autre avec son clip, toutes deux très bonnes.

Au cours de ces concerts, c’est sur le rappeur que la caméra s’attarde. Le public n’est présent que par de brèves images et par ses cris d’enthousiasme. Les musiciens sont invisibles, excepté Dye pendant "The Times They Are Changin’". Gros plan sur Boss, donc, dont le jeu de scène s'avère plus proche du rockeur qui souffre et qui vit ses chansons que du rappeur qui la ramène et qui enflamme les foules. Le MC entame chaque chanson enroulé sui lui-même, il est relativement statique, son regard est fixe. Le film invite à se concentrer sur lui et sur ses paroles, lesquelles sont fort opportunément sous-titrées en anglais. Mais derrière, il y a aussi la musique d’O.N.O. et celle-ci est irréprochable. Ce qui fait qu'en mode vidéo ou en simple fond sonore, That’s the Way Hope Goes se consomme avec le même plaisir.

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Commentaires

1. Le dimanche 5 février 2006, 10:07 par ods

J'aimerais bien mettre la main sur ce dvd, j'ai quelques extraits de concert de tha blue herb, justement ces 'longues tirades' de Ill-Bosstino devant le public attentif. c'est vrai que ça use un peu à la longue.
Il y a quelques années, j'avais écouté ''stilling still dreaming'', et ça m'avait vraiment marqué, je crois que c'est le premier groupe qui m'a donné envie de m'intéresser à ce qui ce fait à la scène japonaise. Malgré le fait que mon japonais se limite à ''tu me passes le poivre là? merci fiston'', je prends vraiment plaisir à écouter leurs albums, ensuite ''Only for the mindstrong'' et ''Sell our soul'', Only for the mindstrong avec plus d'instrumentaux et plus concentré.
Et enfin la bande originale de leur film ''Heat'' que je trouve vraiment excellente, malheuresement pas vu le film, mais ça m'intéresse.
En tous cas, ça fait plaisir de voir le dvd de ce duo chroniqué, car les deux nippons méritent largement le détour. Et beaucoup d'autres artistes japonais Shuren the Fire, Scha Dara Parr, KK the Khaosist, Ecd...

ps: c'est d'ailleurs toi qui les avais interviewés en mars 2004 ?

2. Le dimanche 5 février 2006, 10:22 par Fake For Real

La bande originale de "Heat" est vraiment très très bien en effet. Elle devrait être chroniquée très prochainement ici.

Pour l'interview, oui c'est moi qui l'avais faite, mais pas dans des conditions optimales : 1 - c'était par email. 2 - comme Boss ne maîtrise pas très bien l'anglais, il y avait quelqu'un qui faisait la traduction intermédiaire en japonais. D'où le fait que l'interview paraisse très désincarnée.

Pour les paroles en japonais, ce n'est pas un très gros problème vu que la traduction anglaise accompagne systématiquement tous leurs disques.

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